
Un grand merci à la famille Drouin qui a tant oeuvré pour l’appellation Domfront que j’ai connu grâce au calvados Lelouvier.
Les origines de Domfront
La région qui s’appellera plus tard Domfrontais, ou plus largement Passais (de Passus, le pas, le passage, la région que l’on traverse) a connu un peuplement clairsemé aux temps protohistoriques. En témoignent quelques menhirs (Le Perron), dolmens (La Table au diable à Passais, le Lit de la Gione en forêt d’Andaine, …) et allées couvertes (La Bertinière à La Sauvagère).
À l’époque celtique, elle était située aux confins septentrionaux du territoire de la peuplade gauloise des Aulerques Diablintes. L’implantation romaine y fut limitée, même si la voie romaine nord-sud qui reliait Vieux, capitale des Viducasses, à Jublains, capitale des Diablintes, la traversait. L’évangélisation fut tardive.
VIème siècle

Ce n’est pas avant le VIe siècle que des missionnaires (saint Bômer, saint Fraimbault, saint Ernée, saint Auvieu, saint Ortaire, …), convertirent les habitants des villages primitifs ou, vivant en ermites dans les forêts.
Cela attirèrent les populations dans les premières clairières de défrichement. Ainsi se forma le maillage des paroisses. D’ailleurs le moine Saint Font évangélise la région et lui laisse son nom, celui de Saint-Front.
La première fortification du site de Domfront fut érigée au XIe siècle sous le règne de la seigneurerie de Bellême. Château Domfront sise aux confins du Maine et de la Normandie, la forteresse est attestée au tout début du XIe siècle.
Elle appartenait alors avec Alençon à la redoutable famille de Bellême (Orne), richement pourvue dans le Perche, l’Hiémois et le Houlme (sud du département de l’Orne aujourd’hui).

La forteresse
Domfront est donc un bourg castral, né du château. Les Bellême créèrent pour lui et le château une paroisse particulière, enclavée dans le territoire de l’ancienne paroisse de Saint-Front. Jusqu’à la Révolution, Domfront (limité au tracé des remparts et à Notre-Dame-sur-l’Eau) et Saint-Front furent désormais deux paroisses distinctes.
La cité de Domfront sera fondée par les seigneurs de Bellême lignage apparu durant le Xe siècle, qui y bâtissent un château vers l’an 1010 , autour duquel s’organise la ville. Les Bellême avaient, entre la Normandie au Nord, le Maine et l’Anjou au sud, réussi à créer une seigneurie tampon qui s’étendait de Bellême à l’est à Domfront à l’ouest en passant par Alençon.
En 1010, Guillaume Ier de Bellême, fait construire à la cime du rocher un premier château, ce celui-ci primitif devait être une simple enceinte en bois, avec une tour-porte peut-être maçonnée en bois, le château, formé de « quatre grosses tours avec des fossés profonds taillés dans le roc », dont la « principale issue était au midi ; deux portes en fer et une claie en fermaient l’entrée »tant pour marquer sa présence et son autorité que pour mettre en valeur cette partie de ses domaines, installa des moines bénédictins à Lonlay (8 km au nord-ouest de Domfront) et fonda un château sur l’éperon qui domine la cluse de la Varenne.
XIème siècle
Cette grande maison féodale était vassale des ducs de Normandie pour Alençon et Domfront, du comte de Chartres pour Bellême et du comte du Maine pour le reste de ses terres. Ce fut l’origine de la fortune de Domfront au XIIe siècle et au delà, car peu de temps après,
Dressée sur son éperon rocheux, la cité de Domfront joue les vigies sur un horizon bocager. Dès la pré histoire, la région connaît un peuplement clairsemé. A l’époque celte, c’est une zone frontalière, bientôt traversée par une voie gallo-romaine.
Elle parvint sous Guillaume Ier de Bellême et Guillaume II Talvas
à se constituer une principauté quasi indépendante au nez et à la barbe de ses puissants suzerains. Robert de Bellême profita de la confusion régnante après la mort de Guillaume le Conquérant (1087) pour soustraire de nouveau la place à l’autorité ducale.
Guillaume de Normandie ne pouvait tolérer la présence d’un aussi redoutable adversaire à sa frontière méridionale, dans des places fortes dont il était de surcroît le maître théorique. Le duc lança ses troupes vers le sud durant l’automne 1051, enleva Alençon promptement, puis occupa Domfront après quelques mois de siège (Hiver 1051-1052).
En 1049, Guillaume le Conquérant occupa Domfront et le Domfrontais fut incorporé à la Normandie. Puis les seigneurs de Bellême revinrent pour être finalement chassés par les habitants de la ville.
1052 Geoffroy II Martel, comte d’Anjou, tenta de contrôler la région.

Sa tentative provoqua la réplique de Guillaume le Bâtard, duc de Normandie (futur Conquérant), qui vint assiéger et prendre le château, confisqué de facto aux Bellême. La contrée, le Passais, fut annexée à la Normandie ; c’est la partie du duché qui est devenue le plus tardivement normande.
Sur le plan religieux, elle continua à dépendre jusqu’à la révolution de l’évêché du Mans. Vers 1050, le comte d’Anjou Geoffroi II Martel (mort en 1060) s’empara du Maine, d’Alençon et de Domfront et y plaça de solides garnisons.
En 1087, à la mort du Conquérant, Robert II de Bellême chassa la garnison ducale et reprit le château.
Robert II de Bellême
Ordéric Vital, chroniqueur partial, le décrit comme un tyran. Il semble que la population de Domfront se révolta contre lui en 1092, et se donna à Henri, 3e fils de Guillaume le Conquérant, qui n’avait pas reçu de domaines lors de la succession de son père.
XIIème siècle
L’histoire de Domfront est ensuite directement liée aux Ducs de Normandie, puis aux rois d’Angleterre et de France.
Henri Beauclerc
Le plus jeune fils du Conquérant, Henri (futur Henri Ier Beauclerc, roi d’Angleterre de 1100 à 1135 et duc de Normandie de 1106 à 1135), parvint à la lui reprendre en 1092. En 1092, Henri Beauclerc, troisième fils de Guillaume le Conquérant, érige sur l’éperon rocheux un château fort en pierre avec son puissant donjon de forme quadrangulaire et la chapelle Saint-Symphorien, prieuré de l’abbaye de Lonlay.
Aucune trace archéologique n’en a été retrouvée, mais il est attesté par les textes. Attirées par la protection qu’offrait le château, des populations vinrent s’installer dans le prolongement de l’éperon, donnant naissance à la ville.
Henri Beauclerc deviendra par la suite roi d’Angleterre en 1100, puis duc de Normandie en 1106 et Domfront devient alors une place forte royale. Au XIIe siècle, Domfront, sous le règne des rois anglo-normands, devint la possession personnelle d’Henri 1er Beauclerc.
En 1100, à la mort de son frère Guillaume le Roux, Henri Beauclerc devint roi d’Angleterre, puis duc de Normandie en 1106 après sa victoire contre son autre frère Robert Courteheuse à la bataille de Tinchebray, non loin de Domfront. Il avait ainsi reconstitué le domaine de son père.
Dès lors, le seigneur de Domfront n’était autre que le duc-roi. Puissant et riche, il remodela complètement le château, agrandit son enceinte et fit construire, peut-être vers 1120, l’énorme donjon dont il reste encore des vestiges. Henri 1er Beauclerc entreprit en 1123 une campagne de fortifications sur la frontière méridionale de la Normandie.
Ce fut également une période de prospérité pour l’abbaye de Lonlay, qui reconstruisit son église abbatiale
Abbaye de Lonlay
(il subsiste de cette époque le transept et ses intéressantes séries de chapiteaux), et ses prieurés : Saint-Michel de Goult, et surtout à Domfront Saint-Symphorien, situé dans l’enceinte du château, et Notre-Dame-sur-l’Eau, en contrebas de l’éperon.
Dix ans plus tard, le roi Philippe VI remit Domfront aux comtes d’Alençon.
Philippe VI
Après sa mort, en 1135, ses possessions furent disputées entre Etienne de Blois, petit-fils de Guillaume le Conquérant par sa mère, et sa fille Mathilde, veuve de l’empereur Henri V, d’où son surnom d’Emperesse, remariée à Geoffroy V Plantagenêt, comte d’Anjou et du Maine.
Geoffroy V Plantagenêt
Celui-ci conquit assez rapidement le Domfrontais, puis plus difficilement l’ensemble de la Normandie. C’est sans doute lui qui fit édifier dans le premier quart du XIIe siècle le grand donjon rectangulaire toujours visible de nos jours. Les Plantagenêts complétèrent le dispositif militaire après 1150.
Un compromis fut trouvé avec Etienne, qui conserva le trône d’Angleterre sa vie durant, à condition de reconnaître le Plantagenêt comme héritier. Geoffroy mourut en 1152, et c’est son fils Henri qui recueillit la couronne d’Angleterre à la mort d’Etienne, en 1154.
En 1152, Henri II épousa la duchesse Aliénor d’Aquitaine qui reçut Domfront en douaire, divorcée du roi de France Louis VII : le couple possédait donc un vaste ensemble territorial qui s’étendait des frontières de l’Ecosse aux Pyrénées.
Louis VII Henri II
En août 1161 y nait Aliénor d’Angleterre, future grand-mère de saint Louis XI. Henri II Plantagenêt et Aliénor d’Aquitaine, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre y séjournent de 1195 et 1198.Après la conquête de la Normandie par Philippe Auguste en 1204, la place forte devient capétienne.
Celle-ci donna naissance 1661 à une fille prénommée également Aliénor qui fut baptisée à Domfront dans l’enceinte du château y fut baptisée (mariée plus tard au roi de Castille Alphonse VIII, elle eut elle-même pour fille Blanche de Castille : la grand-mère de saint Louis est donc née à Domfront).

Sacre d’Aliénor d’Aquitaine
De plus, il contrôlait indirectement la Bretagne dont l’héritière, Constance, épousa leur troisième fils, Geoffroy, et dont elle eut un fils, Arthur. Situé au milieu de cet ensemble que l’on appelle « l’empire plantagenêt », le château de Domfront était une étape pour ces grands personnages perpétuellement en mouvement. Plusieurs séjours des souverains anglo-normands sont attestés.
En août 1169, Henri II y reçut des légats du Pape chargés de le réconcilier avec Thomas Becket, mais l’entrevue fut un échec. Richard Coeur-de-Lion succéda à son père en 1189. Sa présence à Domfront est attestée à plusieurs reprises.
Après sa mort en 1199, son frère Jean-sans-Terre monta sur le trône et élimina son neveu Arthur de Bretagne. Sommé de comparaître à la cour du roi de France Philippe Auguste, dont il était le vassal pour ses fiefs continentaux, il refusa.
Le conflit s’annonçait ; il renforça les défenses de ses châteaux, dont celui de Domfront, ce qui n’empêcha pas le roi de France de lui prendre tous ses domaines situés au nord de la Loire, y compris donc la Normandie et Domfront, en 1204.
XIIIème siècle
La présence à Domfront de Jean-Sans-Terre en 1200 et 1203, (rappel pour suivre le fils: tous deux fils de Henri II), est attestée. XIIIe siècle Le roi Philippe-Auguste vint reprendre en personne la place de Domfront qui redevint française…
Philippe-Auguste
La forteresse passa avec le reste de la Normandie entre les mains de Philippe Auguste en 1204. L’histoire de Domfront allait désormais s’écrire selon la volonté du trône.
Le roi donna Domfront à son ami et vassal le comte de Boulogne Renaud de Dammartin, mais celui-ci le trahit au profit de Jean-sans-Terre dès 1211. Philippe Auguste vint alors en personne assiéger et reprendre Domfront, puis qu’il donna à son fils Philippe Hurepel vers 1220.
Celui-ci fonda le village de l’Epinay, au sud-ouest de Domfront. Il mourut en 1234, et sa fille Jeanne, épouse de Gaucher de Châtillon, hérita ses domaines. Le couple disparut en 1250-1251 sans laisser d’héritier. Domfront retourna alors au domaine royal.
En 1256, au retour d’un pèlerinage au Mont-Saint-Michel, Saint-Louis passa à Domfront. Quelques années plus tard, en 1269, il donna Domfront à son neveu Robert II, comte d’Artois, afin de constituer un douaire pour son épouse. Robert II vint plusieurs fois à Domfront ; en son absence un bailli administrait le domaine.
Mont-Saint-Michel
A sa mort, en 1302, sa fille Mahaut et son petit-fils Robert (III), les protagonistes des Rois Maudits, se disputèrent son héritage. Robert n’obtint pas l’Artois, mais il reçut les autres domaines de Robert II et il fut donc seigneur de Domfront de 1309 à 1331.
Ayant fait faire de faux documents pour étayer sa revendication sur l’Artois, il dut fuir le royaume et ses domaines furent confisqués par le roi Philippe VI. La châtellenie de Domfront devint alors une petite vicomté, regroupant 40 paroisses, qui dépendait alors du bailliage de Cotentin.
XIV ème siècle
L’ensemble passa ensuite par mariage dans le lignage de Gaucher de Châtillon, avant de retourner à la couronne. Saint-Louis octroya la place du Passais à la maison d’Artois : elle resta sa propriété jusqu’au bannissement du comte Robert III, en 1332.

Saint-Louis
En 1342, Robert II, fit don de Domfront à son neveu et filleul Philippe d’Alençon. Peu de temps après, la vicomté fut officiellement incorporée au comté (puis duché en 1404) d’Alençon.
Pendant la guerre de Cent Ans, le château est occupé par les Anglais de 1356 à 1366 à deux reprises par les Anglais (1356-1366 et 1418-1450).
Si la ville et son château ont été épargnés lors de la chevauchée d’Edouard III en 1346, ils furent pris en novembre 1356 par une troupe composée d’Anglais (les routiers de Robert Knolles) et de partisans normands de Charles de Navarre, dit le Mauvais, cousin du roi de France, comte d’Evreux et de Mortain. Malgré le traité de Brétigny (1360).
Il fallut attendre 1366 et payer les Anglais pour qu’ils consentent à évacuer le château. Après avoir écrasé l’armée française à Azincourt en octobre 1415, le roi d’Angleterre Henri V put facilement entreprendre la
Henri V
conquête systématique de la Normandie à partir de 1417. Les Anglais commencèrent le siège du château en novembre, et la garnison du duc d’Alençon céda la place le 22 juillet: ce fut un des plus longs sièges de la campagne avec celui de Rouen.
Les occupants nommèrent de nouveaux officiers pour administrer la contrée et une forte garnison occupa le château, lequel servit de base arrière aux troupes anglaises qui se battaient dans la Maine, plus au sud, sur ce qu’on appelle « la barrière de la guerre ».
XV ème siècle
Pendant la guerre de Cent Ans, le château est occupé par les Anglais de 1356 à 1366 et de 1418 à 1450.
Ils rendirent la place le 2 août 1450, 15 jours avant Cherbourg, l’avant-dernière place reprise par l’armée du roi de France Charles VII.
Charles VII
Pendant l’été 1450, l’armée royale de Charles VII reprend la place au bout de vingt jours de siège. Domfront fut libérée en même temps que le reste de la Normandie, après la bataille de Formigny. Les Alençon recouvrèrent leur bien et en restèrent les maîtres jusqu’à l’extinction de leur lignage, en 1525.
Avec la fin de la guerre de Cent Ans, Domfront cessa d’être un acteur majeur, la ville souffrit de troubles à vers la fin du Moyen-Âge, puis durant l’époque moderne. En 1466-1467, Jean II, duc d’Alençon fit partie de la ligue des princes révoltés contre nommée :Guerre du Bien public.
La ville et la région furent ravagées par les troupes du duc de Bretagne, son allié pourtant, qui occupaient le château. Plus tard, Domfront subit les guerres de religion. Les protestants pillèrent l’église Notre-Dame-sur-l’Eau et occupèrent un temps le château.
XVI ème siècle l’époque moderne
En mai 1574, le chef protestant Gabriel de Montgomery y fut capturé après un siège de quelques jours par l’armée catholique et royale du maréchal de Matignon ; il fut exécuté quelques jours plus tard à Paris Catherine de Médicis le fait aussitôt juger par le Parlement de Paris suivi de son exécution par décapitation en place de grève le 26 juin 1574.
Quelques années après, les ligueurs opposés à Henri IV occupaient la place. Vulnérable, sauf à y entretenir une coûteuse garnison, susceptible de servir de refuge à diverses bandes d’opposants ou de brigands, la forteresse était devenue inutile.

Gabriel de Montgomery
XVIIème siècle
Domfront La place fut démantelée en 1610, sur un ordre de Sully donné en 1608. En 1608, le château est démantelé sur ordre d’Henri IV. Elle fut démantelée en 1610 suite à un ordre de Sully, ministre de Henri IV, daté du 21 juin 1608.
Le 21 juin 1608, sur l’ordre du roi Henri IV, le château de Domfront fut démantelé. D’énormes débris sont visibles, éparpillés autour du château, résultat du minage. Les bourgeois récupérèrent les pierres sur les pans de murs ruinés par les explosions et installèrent des jardins potagers à l’intérieur de l’enceinte.
En ville, le fait le plus notable fut la création d’un collège, en 1689, sur la « Grande Brière », le sommet de la crête situé à l’est des remparts de la cité médiévale
Sully
XVIII ème siècle
Les Eudistes en prirent la direction en 1727. La chapelle fut construite de 1730 à 1732. Les incidents dus aux collégiens défrayèrent souvent la chronique locale. En 1788, Louis XVI en personne en fut informé, et le collège fut menacé de fermeture ! le chef des huguenot normands, Gabriel Ier de Montgomery, y fait sa reddition lors du siège de la ville après l’arrivée de l’artillerie royale.
ÉPISODES RÉVOLUTIONNAIRES et POST-RÉVOLUTIONNAIRES
Pendant la révolution, Domfront fut plutôt « bleue », révolutionnaire, mais sans excès. Les religieux ayant refusé de prêter le serment constitutionnel, ils furent expulsés et le collège fut fermé (1792). La région fut toutefois une terre de chouannerie active, et les bandes dirigées par Louis de Frotté mirent longtemps en échec les forces gouvernementales.
Louis de Frotté
Frotté fut finalement arrêté malgré un sauf-conduit alors qu’il se rendait à des pourparlers, et exécuté sur ordre de Bonaparte, en 1800.
Quand furent créés les départements, la délimitation entre l’Orne et la Mayenne fut très compliquée, du fait que l’ancien Passais était originellement dans le Maine. Aux limites sud de la vicomté, de nombreuses paroisses, dites « mixtes », étaient à cheval sur la Normandie et le Maine. Il fallut attendre parfois jusqu’aux années 1840 avant que tous les cas soient réglés.
Certaines communes (anciennes paroisses) de l’ex-vicomté furent entièrement placées dans la Mayenne (Lesbois, Le Housseau, …), d’autres dans l’Orne (Céaucé, Saint-Fraimbault), d’autres encore furent partagées (Vaucé).
C’est également à cette époque que la paroisse de Saint-Front fut réunie à celle de Domfront pour former l’unique commune de Domfront.
En 1836, malgré les protestations de Prosper Mérimée, premier inspecteur des Monuments Historiques, les 4 travées occidentales de la nef de Notre-Dame-sur-l’Eau (qui en comptait 6) et les bas-côtés furent abattus pour élargir la route.
Prosper Mérimée
En compensation, si on peut dire, l’édifice fut classé Monument Historique dès 1846 (première liste des M.H.). Il a bénéficié depuis de nombreux travaux de restauration et d’entretien, et ce jusqu’à ces dernières années. retour en haut de la page .
XIXème siècle
Elle fut toutefois une des toutes premières villes de France dont l’éclairage public était électrique (1885), et on venait de fort loin admirer ce progrès. Au moment de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la chapelle du collège fut désaffectée, puis transformée en théâtre municipal.
XX siècle l’époque contemporaine
Guerre 1914-1918
Lors de la Première Guerre mondiale, le 3e bataillon du 130e régiment d’infanterie qui était hébergé dans la caserne Laharpe partit le 5 août 1914.
L’état-major du 130e régiment d’infanterie était hébergé à Mayenne. Ce régiment, incorporé dans la 7e division d’infanterie, subit des pertes effroyables le 22 août 1914 sur le front de Belgique autour de Virton et Ethe en Belgique. Cette division mutée dans différents corps d’armée participa à toutes les grandes batailles de cette guerre.
L’entre-deux-guerres
Le 10 septembre 1926, à la suite du décret Poincaré, Domfront perd sa sous-préfecture et les cantons sont répartis entre les arrondissements d’Alençon et d’Argentan. La même année, une nouvelle église Saint-Julien à l’architecture révolutionnaire pour l’époque et construite en béton, due à l’architecte Guilbert, remplaça la précédente dans la vieille ville.
Domfront a été sous-préfecture jusqu’en 1926. Elle est restée chef-lieu de canton. La ville fût l’une des premières de France dont l’éclairage public était électrique. Elle était également animée par de grandes foires agricoles. Un marché comptait même près de 10 000 bêtes.
La seconde guerre mondiale 1939-1945
En septembre 1939, les Domfrontais pleurent en regardant le 3e bataillon du 130e régiment infanterie descendre vers la gare. Ce régiment fut incorporé dans la 8e division d’infanterie, dans la 3e armée, dans le groupe d’armée n° 2 sous les ordres du général Prételat.
Le général Prételat
Cette armée, disposée derrière la ligne Maginot ne combattit qu’après la chute de Dunkerque. Le 130e du régiment d’infanterie fût en totalité fait prisonnier.
Comme la France entière, la petite ville a souffert de l’occupation : en effet trois entités allemandes furent permanentes à Domfront : dans les locaux de la gendarmerie, une représentation de l’administration allemande de l’occupation effectuait les réquisitions ; dans la gare le commandement d’une compagnie du génie contrôlait les voies ferrées ; dans la caserne Laharpe une unité de territoriaux gardait les tirailleurs sénégalais prisonniers de guerre devenus détenus. Les fonctions de police allemande étaient assurées par la section du SD d’Alençon et, pour les affaires graves, par celle de Rouen.
Domfront jugulait entre restrictions, arrestations d’otages et de résistants.

Le 14 juin 1944, Domfront fut sévèrement bombardée par l’aviation américaine : le quartier de la gare, près de l’hôpital et de Notre-Dame sur l’Eau et le « grand carrefour » et la rue des Barbacannes, au pied des remparts furent particulièrement touchés. La Cité médiévale fut épargnée pendant ces heures tragiques. Le haut de ville fut heureusement épargné, sauf exception (nord de la place Saint-Julien, place du Panorama).
Domfront, située entre le dépôt de munitions de la forêt d’Andaine et Mortain où eut lieu la grande contre-attaque allemande. L’occupation se durcit en février 1944 et les Allemands obligent des Domfrontais à construire des ouvrages destinés à renforcer la défense de Domfront en cas de débarquement, et à travailler à l’aménagement d’un parc de munitions et de carburant dans la forêt d’Andaine. Le quartier de la gare (Notre-Dame de nos jours), eurent à subir de nombreuses attaques aériennes alliées.
Le 17 janvier 1944, un soldat allemand ayant été blessé dans la nuit, le maire M. Gallot, est requis pour désigner des otages. Celui-ci, ayant refusé, fut destitué et des Domfrontais furent pris au hasard dans les rues par des policiers allemands venus d’Alençon. Certains furent déportés en Allemagne.
Les bombardements les plus meurtriers furent celui du vendredi 2 juin 1944 en soirée (vingt-quatre avions bimoteurs) sur la gare qui tua huit personnes et un enfant, et celui du 14 juin 1944 sur la ville basse par des bombardiers B17, qui tua 37 personnes et détruisit 494 immeubles17,18,19. Au total trente-six civils (qui n’étaient pas tous des Domfrontais, chiffre incertain) furent tués lors des vingt-quatre attaques aériennes, principalement sur la gare.
Le 7 août, une unité blindée de Waffen-SS venant de Flers traversa le quartier de la gare en direction de Saint-Mars-d’Égrenne pour attaquer vers Mortain. Après la défaite allemande devant Mortain, ce qui restait des unités blindées se replia sur Falaise, et seules des troupes de basse combativité gardèrent Domfront. Le 13 août, les forces américaines tirèrent au canon sur la ville au hasard. Des Domfrontais décidèrent d’aller à leur rencontre pour faire cessez ces tirs et les aider à entrer dans la ville.
Les troupes américaines arrivèrent le 14 août le même jour pompier réussit à les rallier sur la route de Saint-Mars et guida une colonne (sept véhicules) qui contourna la ville par l’ouest. Elle passa par Saint-Gilles-des-Marais et La Haute-Chapelle où elle captura une compagnie allemande sur le tertre Sainte-Anne (cote 210 sur les cartes d’état-major), puis passa à pied le pont de Caen qui était miné.
Elle captura une pièce d’artillerie à la ferme des Balères, puis passa par le Pissot et entra dans Domfront par le nord, par l’escalier qui est juste derrière l’hôtel de ville. D’autres troupes américaines étaient déjà entrées dans le ville par le sud et les forces allemandes encore dans la ville se voyant encerclées se rendirent sans combat.
Pendant la bataille de Normandie, les Allemands réquisitionnèrent l’hospice de vieillards et l’orphelinat de Perrou pour y installer un hôpital militaire. À leur arrivée, les Américains installèrent un hôpital entièrement mobile près du manoir de la Guyardière où était replié l’hôpital civil de Domfront.
Manoir de la Guyardière
La commune a été décorée, le 11 novembre 1948, de la Croix de guerre 1939-1945 et classée depuis 1993. Malgré l’implantation d’industries (machines à bois Lurem, fromages Président, Moulinex, …) la petite ville souffre de son isolement à la fin du XXe siècle. La crise industrielle lui fait perdre de nombreux emplois à partir des années 1990. Moulinex ferme ; plus récemment Lurem …
La ville est restée très commerçante. Le bâti de la cité médiévale présente un ensemble assez homogène où dominent le grès local et le granit. Il subsiste des maisons à pans de bois et à liteaux de châtaigniers. Hôtels particuliers et commerces alternent le long des rues et des ruelles et autour de cours intérieures. La maçonnerie prend parfois ses assises directement sur les affleurements de roc. 11 tours des anciens remparts sont encore visibles, soit intégrées dans un bâti plus récent, soit séparément. La bordure sud des anciens remparts à fait place à des jardins en terrasses, que surplombent hôtels aristocratiques et vestiges des fortifications.
Valoriser son site, promouvoir son histoire, développer son atout tourisme sont plus que jamais une des clés de son avenir. Les éléments importants de la cité médiévale et de ses abords ont été protégés au titre des Monuments historiques : église Notre Dame sur l’eau, ruines du donjon, tours et remparts…
Domfront et son appelation demeure un des axes majeur dans son rayonnement international.
AP
# DOMFRONT
Sources:






























[…] Zoom AOC Domfront Normandie histoire: Game Of The Thrones Plus sur l’AOC Domfront Gâteau poire chocolat aux amandes […]
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