Émile & Marguerite caviste Bordeaux : la galerie des passions

Avis aux lecteurs: le live est la ligne éditoriale, pas de retouche syntaxique, ni grammatical.
 
«Tout peut-être dit du moment que c’est avec bienveillance…le résultat de l’excellence c’est le chemin de la passion»
En donnant un coup de main à Mathieu Sabbagh, je découvre l’existence d’Emile et Marguerite: « Ah mais il faut appeler cette cave, le nom de l’enseigne se compose de deux prénoms, je sais plus, c’est deux potes de Bordeaux qui m’en ont parlé ».
Du coup, moi-même n’ayant pas fait de recherches, c’est en appelant la maison de l’hédonisme que je découvre leur nom. Je prends donc mon baluchon un Air bnb pas cher dans la poche et hop. Dans mon esprit vaillant, mon objectif était aussi de passer voir Paul Giraud… La fatigue a eu raison de moi…
Bref, je me déplace donc pour voir D et fini par interviewer Paul Giraud au téléphone. Nous avons donc RDV en début d’après-midi. Moi et mes stéréotypes Je pensais voir arriver une nana un peu bonhomme quoi…telle que certaines vigneronnes…mais oui! En fait, non! De taille moyenne menue et il faut le dire canon.
 
Parlez-moi un peu de vous, car je trouve votre concept formidable, à la manière d’un galeriste vous mettez en avant des artistes français. Car oui, nos producteurs de spiritueux sont des artistes. 
 
Je suis donc dans une séance chez le psy ? (Rires)
Oui, en quelque sorte prenez-le ainsi (barre de rires).
Nous sommes une vitrine des ambassadeurs, producteurs français du savoir faire à la française.
 
On va donc appeler Arnaud de Montebourg, en plus aujourd’hui vous portez une marinière !Oui, il avait une vision du MIF maintenant il est apiculteur ! 
 
Vous ne vous appelez pas Marguerite, mais D, racontez-nous ! 
Deux amis: T et moi. J’ai intégré l’idée des bières locales, je voulais un produit d’appel plus populaire, 3 euros la bière ça permettait d’intégrer une clientèle qui pensait que les spi étaient réservés à une classe sociale dominante avec un pouvoir d’achat plus élevé. Il faut dire la vérité aussi: lorsque l’on vend des spiritueux, on ne gagne pas sa vie. Lorsque vous regardez les CA de tous les cavistes : le fait est que le CA est fait à 85% par les vins, quant aux spi c’est généralement du whisky écossais, des spi pas vraiment français. Nous sommes donc partis de ce constat: voilà l’idée, les prémices.
Le retour de la clientèle a été incroyable, top, ils ont été enchantés, surpris de découvrir qu’en France nous faisons autant de bonnes choses. En amont, nous sommes partis à la recherche des produits, nous avons beaucoup visité avant l’ouverture.
Depuis 2 ans, nous continuons à visiter aussi notamment aux Antilles Français (Rhum) je voulais connaître les personnes faisant partie de la production, qui se derrière les produits. C’est comme ça que j’ai découvert des producteurs. Nous avons visité 90% des producteurs représentés à la boutique, et ce n’est pas fini.
Ce que je suis venue chercher ici c’est vous, Qui êtes-vous, d’où venez-vous ? Racontez-vous ! Est-ce un héritage familial gustatif ? 
Je pense avoir été éduquée dans cette notion d’authenticité, je suis native du Sud. Dans ma famille nous sommes panachés.
 
Vous avez ce côté séfarade, ce physique, ce tempérament. 
Oui, on me l’a déjà fait remarqué en effet, même T me le dit. J’ai cette culture de l’authenticité, de la vraie valeur des gens, de la vérité des choses et une quête de justice. C’est comme ça que je parviens à me définir, je ne suis pas une marathonienne de nature certes, mais passionnée.
Vous évoquez la justice, mais de quelle justice s’agit-il ? La justice sociale ? Non, la justice en général La déesse de la guerre façon Athéna ? 
Dans la boutique, il s’agit de rendre justice aux producteurs français de manière authentique. Il y a des choses par exemple que je ne pourrai jamais rentrer en boutique c’est aussi une question d’intégrité, de fidélité à ses valeurs. Des choses pour lesquelles je me bats.
Nous avons tous les deux des visions différentes, néanmoins complémentaires. Lui a la vision business, commerciale et moi plus dans l’humain, la prise de risque. Je pense notamment à des gens qui débutent en qui je crois. Nous en parlons, nous débattons, nous échangeons nos points de vue c’est cela la richesse aussi.
Nous avons un super retour de la part de ces jeunes distillateurs, un savoir faire à la française que je soutiens à mort. J’ai de part mon naturel cette capacité et volonté de fédérer.
 
Votre scolarité ? 
J’ai eu une scolarité originale comme vous le mentionnez, en effet, mon signe astrologique me reflète. C’est tout ou rien, excellente dans les choses que j’entreprends soit, passionnée,  comme les rencontres soit, ça passe le feeling est-là et je m’y mets à fond, ou sinon je suis taciturne, ça ne fonctionne pas.
 
Qu’est ce qui vous pousse à vous lancer dans l’aventure des papilles ? Parce que resto puis cave ? 
De part, mon parcours atypique et mon éducation, mon chemin de vie, j’ai toujours été très artiste (D est entourée de tableaux voir visuels) autodidacte être là où on ne m’attend pas, réaliser des choses qui n’étaient pas envisageables…
 
Native du Sud, cheminement 
Touche à tout, j’ai aussi fait du relooking de meubles, ici d’ailleurs il n’y a que des meubles récup et retapés. Je sais peindre, bricoler. J’ai exercé aussi dans le luminaire sa scénographie, car on peut penser vu le CV que mon parcours est foutraque, mais lorsque je mesure mon parcours toutes ces expériences cumulées me servent aujourd’hui, c’est devenu limpide, cohérent. Je continue toujours à m’éclater,  cela fait 2 ans que nous sommes présents et 3 ans que nous bossons sur ce projet.
À un moment, il faudra que je trouve une autre source d’alimentation pour ne pas tourner en rond intellectuellement sinon, car dès que je maitrise le sujet, j’ai tendance à m’ennuyer, je deviens moins performante.
 
Ce lieu regroupe tous vos talents non ? Entre la scénographie lumières, des tableaux, ce sont vos œuvres ?
C’est bien la première fois que je vois une cave habillée avec tant de jeux de lumières, dégradée. Mes tableaux sont à la maison et chez des amis, je n’ai pas de prétention. Il s’agit de toiles peintes par des personnes du quartier que j’apprécie esthétiquement dont les auteurs me touchent humainement.
Vous avez ce goût du beau, et du bon au palais, une vraie esthète. 
Cette cave c’est donc votre second « vous ». À partir du moment où tu as un bon produit de qualité, tu es capable de le vendre, parce que tu l’aimes et que tu sais en parler.
La culture des spi?
 
Via des amis qui sont aussi producteurs de spi…lors des dîners forcément nous dégustons et que je parfais mon éducation gustative !
Le premier alcool ? Qui vous a ému?
Je pense à l’armagnac, vous savez c’est toujours la guéguerre entre les 2, T et moi avions eu une culture très cognac, et nous vendons autant d’armagnac que de cognac dans la boutique. Il existe aussi l’armagnac est beaucoup moins cher et gustativement c’est aussi bien. Après, il y des questions de packaging et de rayonnement international ce n’est pas le même aura.
Le packaging 
Moi, je suis franche, directe : « Ton produit est génial mais ton packaging est moche, il faut le revoir, le client est là pour se plaire gustativement, pour autant il doit aussi se faire plaisir esthétique de la vue ».
 
L’éveil des papilles, le retour de l’artisanat.
 
En France, on enseigne les mauvaises choses aux enfants, il faut leur transmettre l’ouverture le goût, refaire du manuel. Les plus grands chefs sont des gens qui ont fait de long parcours scolaire je pense par exemple à un restaurant dont le chef est un ovni de la cuisine autodidacte, diplômé d’une grande école parce que justement qu’est ce qui fait le résultat de l’excellence c’est le chemin de la passion. Voilà, c’est le profil des nouveaux distillateurs que je rencontre des mecs qui ont déjà bien vécu, bien donné pour les aspirations des autres.
 
Pourquoi E&M ? Les prénoms 
J’ai beaucoup d’humour moi, je voulais un truc genre 6 roses, (un truc barré quoi) nous cherchions deux

prénoms autres que les nôtres alors T me lance E&M les grands-parents de T, c’est très fluide, comme duo de prénoms. Ce sont les personnes qui sont à l’entrée sur la photographie: on peut en parallèle faire le lien avec les 2 personnalités de la boutique c’est D et T.

 
Intermède 
 
Moi: En même temps pourriez-vous faire réchauffer du thé ?
D : Vous voulez un autre sachet ?
Moi: Non ça ira.
D:  Mais cela ne va pas être amer ?
Moi: Non, au contraire j’adore l’amertume.
D: Je fais quoi ?
Moi: Juste un rajout d’eau chaude. Merci.
Le logo 
Ils ont complètement réalisé, le logo de mes rêves, identifiable voilà c’est E, bleu, blanc, rouge j’ai choisi, même les cartes de visites que j’ai créé.
On retrouve la trinité horizontale et verticale EM. C’est drôle, mais je n’avais pas vu cela comme cela. Nous sommes à Bordeaux avec beaucoup de places dédiées aux Saints d’où ma remarque. 
 
L’historique du lieu: votre tour moyennageuse derrière votre bureau? 
Je suis arrivée à Bordeaux et je me suis fais promener par tous les agents immobiliers du quartier. On allait signer dans la ville et une semaine après on a fait une propale pour cet endroit , le temps de rétractation ça ne s’est pas fait….Et tant mieux ! Parce que X euros de loyer…je te raconte pas…
On est dans le centre historique, sur la place de l’église, il y avait un petit port et place du Parlement la place du Marché. Un jour, je tombe sur un guide, je lui pose des questions parce que c’est magnifique, j’apprends que le lieu de stockage se situait entre le passage du port et la place du marché. Le stockage servait de glaciaire, il stockait dans les murs épais, afin que rien ne s’évapore, la glace n’existait pas encore donc les aliments étaient conservés avec le sel. La traite négrière non pas ici, hormis ma stagiaire ! (sourire).
 
Mon style pro
Créer du lien, synergie, c’est mon but, j’ai cette qualité là : fédérer. Faire ressortir le meilleur de chacun et non pas le faire avec intérêt, pas pour servir ces intérêts pécuniaires financiers.
Les jeunes 
Tu vois, j’ai des étudiants, je leur dit « Oui, on vous apprend des trucs à l’école, mais il y a aussi l’école de la vie. Ne l’oubliez pas. Moi qui suis autodidacte». Aujourd’hui, on peut avoir eu plusieurs vies dans divers secteurs et tant mieux. Ils pourront exercer dans plusieurs domaines, qu’ils ne sont pas figés pro, comme l’étaient leurs grands-parents. C’est pas l’histoire de nos aïeux, ils ne seront pas obligés de faire carrière dans la même boîte toute leur vie, ils peuvent faire des choix, c’est une vraie liberté. La pression de l’école. Pourquoi ? Il y a autant de jeunes qui se portent mal dépressifs ? T’as vu la pression des parents qui sont soient inquiets pour leur avenir, soit leur faire porter leurs échecs scolaires…mais c’est terrible.
Le côté écolo d’E&M
 
On reçoit des colis dans des cartons et j’ai acquis une machine à broyer qui permet ensuite de recycler, cela me permet de produire de manière écolo des emballages d’expédition. Ça ressemble aux papiers à bulle.
AP
# EMILE ET MARGUERITE

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