

Bien avant les frasques médiatisées des jazzmen et des rockstars du XXe siècle, bon nombre de compositeurs sont tombés dans l’excès de substances, allant de l’alcool à l’opium, et en passant par d’innombrables hallucinogènes.
Lorsque l’on évoque des influences d’un compositeur ou d‘une compositrice sur sa musique et sa vie, les contemporains et prédécesseurs ainsi que le contexte socio-politique de l’époque sont également abordés. Cependant , les drogues et autres substances qui ont rythmé son quotidien, menant même parfois à sa mort sont souvent omis.
Haendel, Mozart, Beethoven, Schumann, Brahms et Liszt, pour ne citer qu’eux, furent tous de grands amateurs d’alcool, et de vin en particulier.






Les dernières paroles de Brahms, grand amateur de vin, auraient été « C’est beau » pour décrire le verre de rouge qu’on lui aurait servi sur son lit de mort. Quant à Liszt, il est mentionné par le biographe Alan Walker qu’il buvait en moyenne une bouteille de cognac par jour (et parfois deux bouteilles de vin). Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que dans l’ancien argot britannique, on se dit « Brahms and Liszt » pour exprimer que l’on est bourré.
Une image vaut mille mots, et le portrait (peu flatteur) de Modeste Moussorgski par l’artiste Ilya Repin résume en un tableau les nombreuses années de consommation excessive d’alcool du compositeur. Quant à Franz Schubert, sa passion pour l’alcool fut si grande qu’il composa de nombreuses chansons à boire. Pour Igor Stravinsky, grand amateur de whisky au point qu’il se serait lui-même surnommé « Stra-whisky », la boisson était le moyen de se remettre de la publication d’une mauvaise critique.

Citons également Tchaïkovski, dont l’affection pour l’alcool n’était pas un secret parmi ses contemporains. Ironie du sort, il meurt à cause d’un verre d’eau contaminé par le choléra. Mais l’alcool a bien eu raison d’Erik Satie, mort en 1925 d’une cirrhose du foie qu’il disait avoir « soigneusement cultivée », notamment avec l’absinthe.
Simple plaisir du quotidien pour certains, la consommation d’alcool sera pour d’autres une source de problèmes de santé, de mariage et de carrière. À la suite d’une opération pour se faire enlever une tumeur à la gorge, Jean Sibelius jure de renoncer à l’alcool. Cette période de sobriété sera l’une des plus fructueuses et prolifiques de sa carrière. Mais il renoue progressivement avec son addiction, au point d’admettre qu’il ne peut terminer ses compositions, dont ses dernières symphonies, sans l’aide d’un verre l’alcool. Il boit également avant de monter sur scène pour diriger.
