Gin Mirabeau, un design pensé en hommage à l’histoire de France : la crinoline.

Lorsque, j’ai découvert cette sublime bouteille, je me suis adressée au producteur pour obtenir un échantillon ainsi que des photographies… Le fond comme la forme m’ont tapé dans l’oeil et au palais.

À l’heure actuelle on peut trouver la crinoline dans des robes de mariée, de soirée, et dans les défilés de haute couture. Si la mode est un éternel recommencement, il est quand même peu probable que la crinoline ou ses ancêtres reviennent en faveur.

Le terme crinoline provient d’un tissu spécial, la crinoline (du mot crin) fabriquée avec les cheveux chevaux. Auguste Person, un français, serait le créateur de la crinoline métallique dont il déposa puis vendit un brevet en 1856. Les amples cages permettent d’étaler avec ostentation d’immenses châles en cashmere ou en dentelle de chantilly raffinée.

Pour d’autres il s’agirait d’un autre français, R.C. Milliet, qui déposa un brevet la même année.

Enfin l’américain W.S. Thomson déposa lui aussi en 1856 un brevet pour une cage de métal aux USA, en France, et en Angleterre (son modèle était surnommé en France la jupe-cage américaine). un français qui créa le jupon de crin de cheval mêlé à du coton ou du lin, plus rigide, dont la crinoline tire son nom.

Dans ce qui suit le terme crinoline est passé pour indiquer un tissu à clairsemée armure de toile, main très rigide, obtenu avec le calibrage ou l’utilisation de fibres synthétiques comme nylon. Il est utilisé en tant que renfort ou de remplissage dans la réalisation des jupes rigides, tels que ceux utilisés pour Robes de mariée.

La crinoline est bordée de crins, des roues d’acier et fanons que les femmes portaient sous ses vêtements réels. Cet accessoire féminin a également été porté sur de longues culottes en dentelle à la cheville, avec plus d’une jupe de flanelle, jupes vichy trois et quatre mousselines amidonné.

Le tissu avec lequel elle a été effectuée la crinoline, le crinolino est un tissu rigide, amidonné, travaillé en armure toile, plus rarement sergé ou satin. Le crinolino a donné à la fois la rigidité que la flexibilité à la structure, et résiste à l’eau mais perméable à l’air. Il a également été fait avec le lin ou la chaîne de coton et la trame de crins adoucie. Par la suite, les cheveux sera remplacé par le premier tissu rembourré, puis du bois et enfin en acier.

Il existait des crinolines de toutes sortes: des crinolines cages ne laissant paraître que la structure métallique, savamment agencée pour garantir une meilleure articulation, à celles dont la structure est emprisonnée dans un jupon d’étoffe. Leurs formes évoluent au gré du temps, de la mode et des innovations techniques, mais toutes confèrent à la silhouette une forme extravagante.

La mode de la crinoline est apparue autour du premier tiers du XIXe siècle et surtout à l’époque Second Empire en France, et a duré une quarantaine d’années tout au plus. Mais elle n’est pas une création de cette époque, plutôt une nouvelle réinvention d’une mode beaucoup plus ancienne : le vertugadin.

Initialement, la crinoline était une structure très lourde et encombrante composée par des cercles à crinoline, un matériau de lin ou de chaîne de coton et de la trame de crins ramolli; par la suite, aussi il sera utilisé osier, mais ils devront alors trouver d’autres solutions pour réduire le poids insupportable du vêtement.

Et comme la circonférence au niveau de l’ourlet pouvait mesurer jusqu’à six mètres, les jambes d’une femme pouvaient être recouvertes d’environ sept kilos de jupons en mousseline, calicot, flanelle et crin ! Les stylistes inventa plusieurs procédés destinés à soulager ce poids, y compris des chambres à air en caoutchouc qu’une servante, ou un époux, devait gonfler grâce à des soufflets. Mais ces chambres à air sentaient fort le caoutchouc et étaient facilement crevables, donc elles furent très peu utilisées.

Il faut remonter jusqu’au XV ème siècle à la cour d’Espagne pour voir naitre les premières robes larges. Lancé par la reine de Castille Jeanne du Portugal, le vertugadin est une espèce de cloche formée de roseau et d’osier, porté sous les jupes pour leur donner de l’ampleur. Le mot vertugadin vient d’ailleurs de l’espagnol «verdugo» qui signifie «bois vert». Le vertugadin arriva à la cour d’Angleterre en 1501 grâce au mariage de Catherine d’Aragon avec Arthur, prince de Galles (le frère aîné d’Henri VIII), et y fut très à la mode pendant toute l’époque Tudor.

En France, la mode arriva d’abord sous le règne d’Henri II et fut rapidement transformée : les dames rajoutèrent un bourrelet au niveau des hanches, afin d’augmenter la largeur de la jupe. L’ampleur des robes était telle qu’il fallut créer des chaises sans accoudoir, appelées chaises à vertugadin, car ces dames n’entraient pas dans les chaises de l’époque. Ce bourrelet fut à son tour remplacé par un plateau ou un tambour. Vers la fin du XVI siècle, la mode s’assagit et le vertugadin disparut au profit d’un simple rembourrage dans le dos.

Henri II

La période de restauration diffuse un mode de vêtements lourds, rigides et luxueux, poussant la dame à couvrir entièrement. Il portait le corset, malgré la désapprobation et l’indignation générale des médecins, il était à l’étroit, étouffant et délétère pour la santé de la femme qui le portait. Pour donner l’impression d’avoir la taille plus mince, les jupes s’incarnent en forme de cloche, fixés sa ceinture et évasée dans le bas. L’engouement pour l’amplitude de la jupe devient excessive au point d’atteindre la taille non viable et le poids (a également porté 7 ou 8 couches de jupes et le rembourrage), et d’avoir à recourir à un support physique utile pour soutenir le volume de la robe: la crinoline.

Il faut attendre jusqu’au XVIII siècle (époque Régence française) pour voir réapparaitre les robes larges dans les cours européennes, avec la mode des robes à paniers. La forme de base ronde évolua rapidement vers une forme plate devant et derrière, mais très large sur les côtés. C’est de cette particularité que vient le nom de «robe à paniers», car cela faisait penser aux paniers en osier portés par les bêtes de somme.

Le panier, constitué de fines lames en acier ou de fanons de baleine, faisait paraître la taille plus fine, et la robe à panier était donc très prisée des femmes souhaitant cacher une grossesse, en particulier les maitresses royales.

Les robes à paniers, aussi appelées robes à la française, devinrent un moyen pour ces dames de rivaliser entre elles et de se faire remarquer, et la largeur des jupes pouvait atteindre jusqu’à deux mètres cinquante. Forcément cela posait problème pour passer les portes, se croiser dans les couloirs ou même s’asseoir sur un siège.

Il fut d’ailleurs publié un décret exigeant qu’un siège reste libre au théâtre de chaque côté de la reine Marie Leckzinska, épouse de Louis XV, afin que les jupes des autres dames ne risquent pas de cacher celle de la reine.

Cette mode finit par être mise de côté par Marie-Antoinette vers 1780, au profit de robes plus simples comme la robe à l’anglaise (avec des plis cousus du dos à la taille) ou même la robe en gaulle (simple robe de mousseline tenue à la taille par un ruban), même si la robe à la française resta la robe de cour par excellence. Elle fut définitivement abandonnée à la Révolution.

Un nouveau bond en avant vers le XIXème siècle et les années 1820 où les jupes prennent à nouveau de l’ampleur au moyen de nombreux jupons superposés. La silhouette prend une forme de cloche. Cette mode, originaire d’Angleterre selon toute vraisemblance, aurait été importée en France par l’impératrice Joséphine après un voyage.

Le style victorien, juste avant la mode de la crinoline, préfère la lumière, les couleurs neutres, en particulier blanc, mais ces dernières années sont en noir, vert, rose et violet prédominer. Les tissus sont magnifiques et couverts avec beaucoup d’applications, de la dentelle à lambrequin.

Elle présente l’avantage de désentraver les jambes mais aussi le risque de les montrer de façon inadéquate. Désormais, pour sauvegarder l’honneur, les dames portent des tuyaux de modestie ou pantalons de lingerie, jusque-là réservés à certaines pratiques, comme la danse et l’équitation.

Histoires du vêtement féminin sous le Second Empire:

La seconde moitié du XIXe siècle est marquée en Europe, par le triomphe de la bourgeoisie. Les robes portées au-dessus de ces structures, sont appelées par métonymie crinolines ou robes à crinoline. Elles sont mises en contexte par des portraits-carte de visite, issus d’ateliers bruxellois. Ces photographies de petit format (6 x 9 cm), nées en 1854 de l’imagination de Jean-André, Eugène Disdéri, donnent aux bourgeois l’occasion de mettre en scène leur réussite sociale.

Jean-André, Eugène Disdéri

Sous Napoléon II, une foule de nouveaux riches – banquiers et industriels- étalent avec ostentation leur fortune et leur réussite sociale. Le commerce fleurit avec l’ apparition, dans l‘architecture et la décoration intérieur, un style surchargé et hétéroclite caractéristique de la période : salons nordiques, boudoir rococo, fumoir oriental, profusion de poufs tentures et rideaux.

Crinoline, 1860-1870. MoMu – Musée de la Mode Province d’Anvers

Cette prospérité se manifeste également dans la toilette féminine. Les femmes pour se créer une silhouette sablier, se compriment fortement la taille par des corsets épousant les formes sinueuse à la mode, ainsi que plusieurs couches de vêtements. Depuis le début des années 1820, les élégantes cherchent ainsi à gonfler le volume de leur jupe, créant une illusion d’optique destiné à affiner la taille. Pour achever ce processus, plusieurs couches de jupons (dont les premiers étaient cordés) au nombre de six ou sept  sont nécessaires. Peu commodes, ils seront remplacés dans un premier temps par la crinoline ( à l’origine : tissu de crin et de lin très rigide) puis par la jupe à cerceaux en 1855 .

A l’image de ces coupoles qui ornent les étages supérieurs de ces magasins de nouveautés tel le Bon Marché, les femmes vont porter sous leur jupe cette structure faite de cerceaux d’aciers horizontaux, tenus par des rubans : les bolducs. Nous remarquerons une réminiscence lointaine des paniers à cerceaux d’osier du XVIIIème siècle.

Après 1856 nouveaux types de crinoline ont été inventés, y compris la tournure irréprochable, une structure extensible et rétrécissable selon l’une des occasions grâce à des ressorts ou des lacets articulés solides qui pourraient comprimer la cage en passant par des oeillets métalliques; et sous-jupes Tavernier qui a comporté dix tours de ressorts en acier, car les morceaux de tissu de jupes à la mode, plus riche et disposées en plis lourds autour de la cage, Ils avaient passé de 7 à 10-14.

Au plus fort de la période crinoline, les jupes pouvaient atteindre jusqu’à un mètre quatre-vingt de diamètre. Elles nécessitaient donc de grandes quantités de tissu et, par souci d’économie comme pour faciliter la rapidité lors des changements de tenues pour les différentes activités de la journée, la robe à transformation vit le jour : les dames riches gardaient la jupe et la crinoline, et assortissaient différents hauts (corsage fermé pour la journée, décolleté pour les bals). À cause de leur volume, il est dit que la reine Victoria pria les invitées de ne pas porter leurs crinolines lors du mariage de sa fille Victoria à l’empereur Frederick III de Prusse, par manque de place dans la chapelle royale.

Après 1850

En 1856, la Corriere delle Dame annonce « la nouvelle invention » d’un briquet « cage », et plus robuste, mais capable d’amener la robe de la partie inférieure à une amplitude hyperbolique. Le nouveau fil de la cage fer Il remplace l’ancien cotillons et plusieurs cercles en osier: apparaît d’abord comme un repli économique pour philistins, mais bientôt l’avantage de la légèreté est reconnue.

Vers 1856 fut inventé un appareil connu sous les différents noms de jupon squelette, cage, carcasse, ou jupe à cerceaux, mais qui fut le plus souvent nommé crinoline (le nom désigna rapidement l’ensemble jupe+crinoline). Ce fut d’abord un jupon dans lequel étaient glissés jusqu’à onze cerceaux d’osier ou de fanons de baleine, puis apparut la crinoline métallique.

Entre 1856 et 1867, le crinoline est un sujet très discuté, critiqué et même comparé à une « volière ». L’écrivain français Alphonse Karr écrit sur le sujet: « Les femmes sont trop grandes pour l’architecture moderne. Deux femmes ne sont plus ensemble dans les premières places d’une loge au théâtre, à l’intérieur d’une voiture. Cinq femmes assis à proximité ne peuvent pas parler en confiance parce qu’ils se séparent de leur taille, il faut pleurer. Un homme assis entre deux femmes disparaissent ».

Alphonse Karr

De cette façon les mérites sont ensuite attribués, les inconvénients et les similitudes les plus inattendues: alors que la science déclare nocif pour la santé parce qu’elle maintiendrait l’air sous sa température de refroidissement de la jupe, est définie adaptée au climat du temps de guerre comparer à une sorte d’armure.

En parlant de l’attaque Orsini contre l’empereur Napoléon III de la France a été écrié: « Qui pouvait se réjouir du malheur était la crinoline. Une dame a été préservée par des éclats d’obus de la bombe sur le montant de ses jupes, les balles arrêtées parmi les équipements amidonné et étouffés « .

L’empereur Napoléon III

Malgré tout, les vêtements de la période romantique et courtoise obtenues ont l’air si impressionnants grâce à la crinoline.

Apportez la crinoline nécessaire un certain art de marcher a dû glisser la tenue gracieusement votre torse penché en avant pour l’empêcher de se balancer mais sans gaucherie. Pour asseoir nécessaire de se pencher sur le bord du siège, entre un cercle et l’autre, se replie sur elle-même ou bien vous deviez disposer soigneusement des oreillers derrière le dos sans provoquer le basculement des cercles serait portatoa découvrir les jambes.

Après 1860

La ligne de crinoline commence à changer « se réfugier sous les hanches. » Peu à peu, sa forme est de plus en plus élargit vers le bas, ce qui donne les grands vêtements majesté.

En 1862, il est inventé le jupon de crinoline ou Thompson, le nom américain, mais produit à Paris, est devenu célèbre pour son faible coût, en raison de son poids léger (1/2 lb) et sa flexibilité, bien que viennent d’avoir un minimum de 20 tours pris en sandwich par des ressorts en spirale. Il a été uniquement en métal au sommet, tandis que le fond avait une double chaussette vichy qui il a fallu seulement une jupe avec deux fioritures haute et éviter que trébuchent dans les sources qui avaient été couverts de toute façon d’éviter les désagréments.

Il est probable que ces inventeurs aient eu des idées similaires à peu près en même temps. De nombreuses usines fabriquaient les crinolines, certaines ne faisant même que ça. En France, la famille Peugeot, qui fournissait déjà (entre autres) des armatures en acier pour les corsets depuis le milieu des années 1820, se mit alors à produire d’importantes quantités de fins cerceaux d’acier, qui constituaient les armatures des crinolines.

La crinoline prend d’abord la forme d’un jupon armé de crin (d’où elle tire d’ailleurs son nom), renforcé de baleines et très empesé. Elle va ensuite se déployer grâce à des cerceaux concentriques d’osier et puis de métal. La crinoline métallique, véritable nouveauté, est produite industriellement dès 1854 en Angleterre et en France.

De nombreuses toilettes sont adaptées aux différentes activités de la journée fleurirent : la robe du matin en déshabillé ;  la robe du jour fermée jusqu’au cou par modestie (surmontée d’une capote pour protéger la tête)  ; la robe de diner ou théâtre légèrement décolleté, sachant que le grand décolleté et l’ampleur de crinoline le plus conséquente étaient réservés uniquement aux bals. Les épouses, pour éviter à leurs maris de trop grandes dépenses, possédaient également  des « robes à transformations »  

Il est très  fréquent à cette époque, qu’une robe de bal ne dure pas plus le temps d’une soirée. Ces tissus de soie délicats ne résistaient pas aux bottines des danseurs de quadrille et autres salissures Mais qu’importe, la femme affichait  ainsi son statut social, car pouvant se permettre de  renouveler sa garde-robe très régulièrement.

On s’habillait le matin d’un corsage montant pour la journée assorti à sa jupe et l’on ne changeait pour le diner voir le bal que le corsage supérieur. Les corsages sont garnis, de guimpes et de berthes, sorte de grand col qui est support de toutes les fantaisies décoratives.

Les corsages accentuent  les épaules rondes et généreuses en même temps de faire la taille fine (accentuée optiquement  par cette pointe frontale) . Les robes de jour en tartan, coton et lainages, laissent place aux majestueuses robes de bal, faites de tulle de soie, de mousselines délicates encadrées de fleurs et de diamants.

Très populaire au milieu du siècle, a été remplacé vers le 1860 de Charles Frederick Worth, Anglais sur mesure qui a déménagé à Paris, avec des ressorts métalliques et des roues-cages en acier, ce qui augmente encore le volume des jupes.

Charles Frederick Worth,

Elle était composée d’une structure rigide à la « cage » qui a soutenu et fait des jupes bouffantes. Le terme se réfère à la fois la structure et le tissu qui constitue l’origine. Une structure de forme similaire, mais avec une fonction différente, appel farthingale Il était déjà utilisé dans XVIe siècle. en XVIIIe siècle ces structures ont été appelées Paniers (littéralement paniers).

L’impératrice Eugénie devint la reine de toutes ces élégances et encouragea le port de la crinoline. A tel point qu’elle avait fait installer dans une de ses résidences impériales, un ascenseur  permettant de descendre de sa gare robe à l’étage supérieur, sans froisser son précieux chargement.

L’impératrice Eugénie et ses dames du Palais, 1855 F.X Winterhalter

Mais certains directeurs d’usine, de magasin, de blanchisserie, interdirent le port de la crinoline à leurs employées pour des raisons de sécurité. En effet, les amples cages permettent d’étaler avec ostentation d’immenses châles en cashmere ou en dentelle de chantilly raffinée. Les crinolines étaient connues pour faire trébucher les passants, renverser les pièces de mobilier, coincer celles qui les portaient dans des encadrements de porte, et pouvaient s’emmêler dans les barreaux des roues de voitures ou dans les machines des usines.

Même si toutes les femmes ne cédaient pas à son charme, au plus fort de leur succès les usines londoniennes de W.S. Thomson produisirent jusqu’à 4000 crinolines de tailles différentes par jour. Et entre 1858 et 1864, les usines Peugeot produisirent 4 800 000 crinolines par an !

Les femmes sont libres de remuer leur jambe sous cette cage et de ne plus subir les contraintes d’une succession de jupon créant un poids considérable et une chaleur étouffante l’été. Cette nouvelle cage offerte aux caprices du vent obligea bientôt les femmes à porter des « Tuyaux de modestie » ( petits pantalon de baptistes ou de coton descendants sous le genou) réservés alors aux petites filles en hu)es courte .

Jusqu’aux années 1866-1867, le crinoline ne cesse de gonfler pour atteindre des proportions immenses, obligeant les hommes à se tenir à l’écart de leur épouses, ou leur céder le trottoir entier pour progresser dans les rues. La crinoline eut ses détracteurs : de nombreux caricaturistes se prennent à cet engin incongru, mais aussi ses admirateurs comme Théophile Gautier : «  La crinoline pare la femme d’une incomparable majesté. Les femmes font bien de préférer ces jupes amples étoffées, puissantes aux étroits fourreaux où s’engainaient leurs mères et grands-mères. »

La duchesse de Manchester fut elle aussi victime de sa robe, lorsqu’en enjambant un échalier pendant un jeu en extérieur un cerceau s’accrocha et la fit tomber à la renverse, révélant des culottes rouge vif à tous les témoins. La crinoline dévoilait aussi les jambes des femmes, habituellement cachées, lors du moindre coup de vent ou mouvement inadapté : le simple fait de s’asseoir faisait remonter l’avant de la crinoline, et ne parlons pas de ce que pouvaient exposer les servantes à genou pour nettoyer cheminées ou escaliers !

Mais le pire était leur capacité à prendre feu, vu qu’elles étaient en général couvertes de mousseline et soie inflammables. On estime qu’environ 300 femmes ont été brûlées de cette façon chaque année, et certaines en sont même mortes, dont les deux demi-soeurs d’Oscar Wilde.

Le magazine Punch surnomma cette mode Crinolineomania, et passa les années suivantes à tourner en dérision celles qui en portaient, à travers des dessins ou des oeuvres satyriques. Nous y voyons des hommes incapables de tenir la main de leur femme, ou utilisant la crinoline comme antivol (aucun pickpocket ne pouvait s’approcher de leur portefeuille), et leurs enfants utilisant les cages comme jouet ou parc à lapin.

Il y aussi un bon nombre de photographies de femmes en crinoline, car le stéréoscope venait d’être créer : un appareil permettant de voir une scène en 3D à partir de deux photographies légèrement différentes, et qui fut très en vogue dans tous les foyers à cette époque.

Des individus entreprenants utilisaient également la crinoline pour passer des marchandises en contrebande. Brian May cite un rapport des douanes françaises précisant que, parmi les choses saisies aux péages français, ils avaient trouvé 12 perdrix, un lièvre et trois lapins, 14 kg de tabac, 13 kg de poudre à canon, et à une occasion 4 gourdes contenant environ 22 litres d’alcool !

Les lames d’acier étaient si souples et solides qu’elles pouvaient être pliées (en passant les portes ou en s’asseyant par  exemple) et malgré cela la jupe reprenait sa forme initiale. La crinoline fut adoptée avec enthousiasme : elle était légère et ne nécessitait qu’un ou deux jupons par-dessus pour que les lames de métal ne fassent pas de marques sur la jupe.

Ces dernières années, il apparaît une sorte de « crinolinomania », adopté par tous les milieux, par les femmes nobles au serveur, et en toutes circonstances, même sur la route ou à la campagne. La Crinoline a été adoptée pour des circonstances différentes et pas seulement la classe moyenne, mais aussi par les classes inférieures. Les vêtements de l’époque ne sont plus destinés pour le corps de la femme, mais la courbe de crinoline sur laquelle la mode actuelle décide comment placer les tissus et les décorations.

Il faut savoir que la mode de la crinoline touchait toutes les classes sociales pour la première fois dans l’histoire, en partie grâce à sa production industrielle, à sa distribution massive et peu couteuse, et aux publicités dans les journaux. «Les servantes ont maintenant besoin d’avoir leur crinoline et elle est même devenue essentielle aux filles qui travaillent en usine» rapporte un contemporain britannique. «La crinoline a envahi même le plus petit village et il n’y a pas une fille de ferme qui ne porte sa cage au moins une fois par semaine.» (Paris 1862).

Au milieu des années 1860, la forme de la crinoline évolua. Le devant s’aplatit, la jupe fut rejetée vers l’arrière. C’est la crinoline elliptique. Peu à peu les jupes perdirent de leur ampleur, pour adopter à la fin des années 1860 une forme de cône. Mais à la même période apparut le genre retroussé : les robes se parèrent de très nombreux plis sur l’arrière au niveau des fesses. Là encore, la cage de crinoline évolua en crinolette, composée de demi-cerceaux.

En 1866, la crinoline atteint son apogée, pour atteindre un volume paradoxal et à Paris, ils commencent à parler à son cadre dans le journal Fantasy.C’était le début de la mode de la tournure, lancée par Charles Frederick Worth et particulièrement présente dans les années 1870 et 1880.

De profil, la robe à tournure finit par former un angle droit au bas du dos. Les artifices destinés à donner ce volume varièrent : pouf, jupon portant à l’arrière une échelle de volants raidis, queue d’écrevisse. La vogue de ces robes à crinoline dura environ une quinzaine d’années. Le volume devenu extravagant  en 1866 grâce aux crinolines elliptiques porteuse de larges jupes à traine, céda sa place aux crinolinettes – sorte de petites crinolines très étroites , pour finalement disparaitre au profit des tournures et leurs splendides drapés, tous concentrés désormais à l’arrière. Le corset serré y était associé afin d’affiner les tailles. L’avant de la jupe était plaquée sur les jambes, limitant la longueur des pas. La robe à tournure disparut définitivement à la fin du XIXème siècle.

Pendant la Première Guerre Mondiale, la mode revint d’une large jupe arrivant à mi-mollet appelée crinoline de guerre, censée remonter le moral des soldats. Dans les années 1930 des créateurs de mode remirent la crinoline à la mode avec des modèles de jupes de jour ou de soirée à cerceaux. Les robes de Scarlett O’Hara dans le film « Autant en emporte le vent » (1939) inspirèrent la mode des crinolines pour les bals de l’année suivante.

Après la Seconde Guerre Mondiale, Christian Dior sortit une ligne New Look avec des jupes larges et cintrées à la taille, relançant la mode des crinolines à cerceaux ou à jupons froncés jusqu’au début des années 1960. Au milieu des années 1980, Vivienne Westwood sortit la mini-crini, une mini jupe entre tutu et crinoline.

Dans ce qui suit le terme crinoline est passé pour indiquer un tissu à clairsemée armure de toile, main très rigide, obtenu avec le calibrage ou l’utilisation de fibres synthétiques comme nylon. Il est utilisé en tant que renfort ou de remplissage dans la réalisation des jupes rigides, tels que ceux utilisés pour Robes de mariée.

La crinoline est bordée de crins, des roues d’acier et fanons que les femmes portaient sous ses vêtements réels. Cet accessoire féminin a également été porté sur de longues culottes en dentelle à la cheville, avec plus d’une jupe de flanelle, jupes vichy trois et quatre mousselines amidonné.

Le tissu avec lequel elle a été effectuée la crinoline, le crinolino est un tissu rigide, amidonné, travaillé en armure toile, plus rarement sergé ou satin. Le crinolino a donné à la fois la rigidité que la flexibilité à la structure, et résiste à l’eau mais perméable à l’air. Il a également été fait avec le lin ou la chaîne de coton et la trame de crins adoucie. Par la suite, les cheveux sera remplacé par le premier tissu rembourré, puis du bois et enfin en acier.

Il existait des crinolines de toutes sortes: des crinolines cages ne laissant paraître que la structure métallique, savamment agencée pour garantir une meilleure articulation, à celles dont la structure est emprisonnée dans un jupon d’étoffe. Leurs formes évoluent au gré du temps, de la mode et des innovations techniques, mais toutes confèrent à la silhouette une forme extravagante.

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Sources :

https://www.napoleon.org/magazine/plaisirs-napoleoniens/accessoire-de-mode-la-crinoline/

https://histoire-image.org/etudes/crinoline-tous-ses-etats

https://madparis.fr/corsets-crinolines-dans-la-mode

BIBLIOGRAPHIE

  • Ada Gigli Marchetti, De la jupe crinoline: la femme, la robe et la société du XVIIIe au XXe siècle, Bologne, CLUEB, 1995 ISBN 8880911082.
  • Antonio Donnanno, Les mots de la mode: costumes, vêtements, textiles, couture. dictionnaire technique, Milan, Ikon, 2001.
  • Fashion’s most magnificent disaster Brian May,

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