L’enchanteur Benjamin Kuentz : chantre de l’esthétique gustative, olfactive et visuelle.

Regarde ta photo, tu pratiques le flair ou as-tu confondu ton stick déo avec un verre? Allez! Passes aux Aveux gourmands! Je suppose que t’as encore fait la Nouba façon épicée sur une Mélodie Inouie au bal Musette, je te comprends.  

Le contexte est difficile actuel, tu es nostalgique d’un Verre Printanier.Tu t’es donc envoyé dans le pif au flaire légendaire quelques Particules vines en Fin de partie, histoire d’oublier à quel point ta Bretagne te manque. Mais avant de repartir pour éviter le mal de mer, n’oublie pas de prendre un peu de Guip! 

Benjamin Kuentz: une toile, une oeuvre, un orfèvre du gustatif.

S’il était un bleu Asse, ce serait la somme de tous les ciels, toutes les mers et par tous les temps ou selon toutes les lumières. C’est dire, un assemblage de bleu diversement teintés d’une infinités de nuances de gris avec quelques touches de rouge, telles des aspérités surgissant d’aplats silencieux. 

Beaucoup de passionnés de whisky reconnaîtront chez Benjamin Kuentz une quête, quelque chose d’obsessionnelle comme il se doit d’un sublime que l’on ne peut approcher qu’approximativement le long de sa vie. Et peu importe la taille de l’oeuvre de la miniature au grand format, la quête est inlassablement la même. 

Jusque dans ses carnets, l’artiste Benjamin Kuentz répète les mêmes gestes, ritualisation en changeant de médian pour mieux évangéliser, sensibiliser au goût au travers des séries whisky de la Maison Benjamin Kuentz dont le sujet n’est autre que l’esthétique du goût en lui-même, aux étendues virevoltantes irrévérencieuses, apaisantes.

Si ces moutures, cadres sont résolument divers, variées, il apparaît que les whisky Maison Benjamin Kuentz s’émancipent des règles de la perspective écossaise pour littéralement, fuir les uses et coutumes irlandaises, écossaises, japonaises. De la charpente aux touches salines , il y a chez Benjamin Kuentz comme un cheminement par le détail pour constituer son ADN signature.

Les whisky de la Maison Benjamin Kuentz : plus qu’un éditeur au sens propre comme au figuré.

La Maison Benjamin Kuentz éditeur de whisky français : il existe incontestablement dans notre pays un art d’écrire que ce soit en roman, théâtre, politique, essais et philosophie. Comment sont nés les chefs d’œuvre hexagonaux, ces rares ouvrages qui ont été sans cesse réédités depuis leur parution pour accéder au rang de classiques ?  

De Gargantua à La Peste, le lecteur partira au travers des whisky Maison Benjamin Kuentz à la rencontre de l’histoire méconnue des Essais de Montaigne, des Fables de La Fontaine, du Mémorial de Sainte-Hélène, de Le Rouge et noir des Misérables, des Mémoires d’outre-tombe, du Voyage au bout de la nuit des Mémoires d’Hadrien et de bien d’autres encore…Les grands bâtisseurs sont des écrivains. 

Il s’agit du patrimoine, bien vivant qu’ils nous a été légué, nous sommes donc des héritiers qui souhaitons nous approprier ce patrimoine matériel immatériel dans son ensemble. Car en matière littéraire, gustative la France fait exception. 

C’est avec la gastronomie le seul domaine dans lequel elle reste maitre depuis la Renaissance, ainsi que « son identité politique , les seuls qui puissent être définis, résident donc dans la littérature » s’exprime ainsi Gérard Slama qui reprend à son compte le mot de Mona Ozouf « patrie littéraire » .

Notre culture est littéraire, notre histoire est littéraire notre politique est littéraire, nos voyages sont littéraires. Notre passé nos valeurs nos idées nos peurs, et nos moeurs se déchiffrent  d’abord à travers leur expression littéraire.

Depuis le Moyen-Âge la France s’identifie à cette image, elle a évolué avec elle: chaque générations s’est appuyée sur elle pour éduquer, la suivante fait en sorte que le pays lui doit ce qu’il est. La vie politique française est dans un même mouvement, la cause et l’effet des oeuvres de ses écrivains.  

« Quel roman que ma vie! » disait Napoléon. L’art du politique français fut longtemps littéraire, la symphonie est prose de l’oeuvre , justifiant éclairant son action tout en permettant de prendre date pour la postérité. Jusqu’à Pompidou , en tout dont le noeuf gardien, chacun s’accord à le dire, comme le dernier grand manifeste d’un candidat lettrée.

La conscience nationale a été fascinée par ses chefs-d’oeuvres. Chacun d’entre eux peint un des traits hexagonaux, comme le montre encore Gérard Slama : Rabelais la truculence, Molière le sens critique, Montaigne et Hugo l’universalisme, La Fontaine l’épicurisme, Pascal la soif absolue, Rousseau la passion démocratique, Chateaubriand, le narcissisme, Flaubert la colère, Proust le psychologisme, Céline le cynisme.

La France est littéraire, un jardin d’Eden, il suffit se de baisser pour récoler une plante rare, une essence extra-ordinaire. Comment autant d’œuvres aussi puissantes ont-elles pu prendre vie sur nos terres labourées par les conflits et qui pourtant devenues une patrie? 

Y-régnerait-il un micro climat, clément, propice à l’éclosion du génie littéraire? Notre vieux pays une terre d’abondance? L’écriture est une sorte de combat, une épreuve physique, une souffrance morale de l’endurance.

Afin de trouver le bon équilibre gustatif dans sa démarche scripturale, Benjamin Kuentz, est nourri par les mêmes processus créatifs que l’écrivain : le point de départ est l’écriture d’une recette afin de rendre compte de sensations ou de souvenirs olfactifs, de rencontres. Il transcrit d’abord sa recherche: le nez, la bouche, la note finale. Ensuite Benjamin Kuentz tel un scribe, charge les distillateurs français de les mettre en partition, car il tient à ce que ses whiskys français reflètent  la richesse des terroirs. 

Avec ses séries limitées, ses flashs récursifs gustatifs créent des paysages, voyages olfactifs plausibles, audibles et délicieux. Ce que nous pouvons observer au travers de ses small batchs tant le minéral et le végétal paraissent fusionnés au profit de nos papilles! 

Les whisky de la Maison Benjamin Kuentz issus de différents terroirs sont à envisager tels autant de collages de fragments mémoriels que l’on qualifie de souvenirs et/ou de voyages. Pourtant, ces whisky qui sont des échantillons de mondes possibles convoquent nos propres histoires. Car il s’agit bien d’une obsession que nous partageons nous consommateurs de whisky  : celle des souvenirs gustatifs et des voyages.

Considérant le rêve telle une pratique aussi inconsciente qu’approximative du whisky , se sont des songes que Benjamin Kuentz obtient de ses flashs récursifs gustatifs. De ces collections, l’artiste Benjamin Kuentz fait série en créant. Elles appartiennent à une espèce de denrées rares, en leur association des diagrammes gustatifs de rareté semblables aux cartes postales, ou timbres de collection.  Elles singularisent davantage autant qu’elle en renforce symboliquement la nature qualitative et collectionnite.

Quant à l’alcool le lieu, médian de toutes les libertés, mais aussi celui de toutes les transgressions. Là ou nos petites obsessions nous définissent tellement mieux que nos profils policés. Celles-ci, nous agitent souvent se terrent dans l’invisible, quand l’art, parfois les magnifie. 

Car l’obsession, chez le commun des mortels et selon les psychanalystes, est source de souffrance que l’on n’explique pas toujours. Alors que chez les artistes qui savent ô combien l’exprimer, elle est centrale à bien des esthétiques, l’approche sérielle de Benjamin Kuentz n’éprouve pas de limite dans sa créativité gustative. 

Et que dire des monochromes picturaux tels que le bleu de Klein renvoyant à une quête obsessionnelle, celle du sublime? 

Avec notre mécanique intellectuelle créatif dont nous apprécions particulièrement la capacité à répéter inlassablement les tâches, l’obsession serait davantage la norme routinière. Enfin cette dernière s’applique aux réseaux sociaux nous renvoient à nos simples désirs au risque de nous transformer en sujets de recherches obsédés limités. 

Le travail de Benjamin Kuentz à juste titre, croise les regards parfois intergénérationnel à 4 mains: celle de Maison Benjamin Kuentz éditeur – scribe/ distillateur avec des séries d’oeuvres aux divers jus, fûts, terroirs, températures mais convoquant la frénésie gustative créative.

À la recherche des meilleurs artisans, Benjamin Kuentz explore les quatre coins de France et va à la rencontre d’hommes et de femmes, agriculteurs céréaliers et distillateurs.

Une passion comme trait d’union permettant la mise en commun de disciplines et d’arts, pour donner vie à des whiskies français, nés de belles rencontres et de partage avec le goût des bons produits, en pratiquant une agriculture raisonnée et/ ou respectueuse de l’environnement.

C’est sa démarche nourrie de référentiels et d’esthétique gustative que j’ai choisi de mettre en exergue au travers de ces lignes. Un mets ou un whisky parle à la fois à nos yeux, à notre nez par deux chemins différents, à nos sens gustatifs et tactiles en bouche, aux sensations trigéminales (température, piquant/irritant) et, même à nos oreilles référence au whisky Maison Benjamin Kuentz Inouïe Mélodie. 

Les whisky de MBK une ode aux sens

Déguster paraît simple, mais pour le cerveau le processus est très complexe : l’attention, la hiérarchisation des informations sensorielles, synthèse, mémorisation, émotions. Et verbalisation. Car la dégustation appelle in fine est un langage et communication. Derrière le plaisir se cache un processus sensoriel et cognitif subtil.

Les composés aromatiques d’un mets ou d’un whisky ont la possibilité d’emprunter deux chemins distincts pour stimuler notre système olfactif. Il est question ici  d’odeurs ou de parfums quand ces composés passent directement par le nez – la voie dite orthonasale – pour rejoindre notre muqueuse olfactive, située au sommet de la cavité nasale. 

Nous parlons d’arômes quand ces composés sont perçus en bouche, par la voie dite rétronasale : lorsque les aliments vont être mastiqués, chauffés, mélangés à la salive, des composés aromatiques supplémentaires vont apparaître dans la cavité buccale et remonter par l’arrière de la bouche pour rejoindre la muqueuse olfactive. 

Certains arômes sont donc mieux perçus en bouche qu’au nez. L’odeur et l’arôme diffèrent aussi par leur contexte sensoriel associé : une odeur qui nous arrive par le nez sera souvent perçue en même temps que nous parviennent des informations visuelles, alors qu’un arôme naît en bouche entouré de saveurs et de textures. Ces deux chemins conduisent à des associations mentales distinctes.

Lorsque notre nez perçoit une odeur, notre cerveau effectue un travail de reconnaissance grâce à notre mémoire olfactive. Ce travail de comparaison permet de reconnaître et d’identifier une odeur par rapport à celles stockées et associées à un mot. Reconnaître, c’est littéralement «connaître de nouveau». 

Notre perception olfactive est sujette à de fortes variabilités génétiques et culturelles. D’où l’importance de ne pas se focaliser uniquement sur l’aromatique lorsqu’on décrit un mets ou un vin, mais de s’orienter vers une dégustation plus globale et holistique qui fait résonner sens et émotions. 

La vue occupe chez l’homme le sommet de notre hiérarchie sensorielle. C’est la première information qui nous parvient. Notre cerveau cherche alors à anticiper et à confirmer le goût d’un aliment à partir de sa couleur, de sa forme. D’où l’intérêt de la dégustation dans le noir.

Mais expérience, vécu et culture diffèrent d’une personne à l’autre. Une même odeur peut réveiller une mémoire et des mots différents. Framboise et fruits rouges sont inexistants en Asie, par exemple. Il faut donc s’assurer de partager langage et références communes avec la personne à qui on s’adresse.

Pour le cerveau, tout est message. Il analyse ce qui se passe en bouche, par le nez mais aussi dans le pharynx, l’estomac. C’est la notion de digestibilité. Dans l’excès accordé à l’aromatique, nous avons peut-être tendance à négliger cette donnée, d’où le succès des vins natures. Mais attention, dans ce cas, à ne pas boire une idée – la naturalité – aux dépens de l’équilibre.

Derrière le mot «goût» se cache un travail de reconstruction par notre cerveau de toutes les informations qui naissent en bouche – olfactives, gustatives, tactiles et trigéminales. «Perdre le goût», veut plutôt dire qu’on a perdu «la dimension aromatique du goût». 

Car il reste encore à disposition toutes les saveurs (sucré, salé, acide, amer, umami) et le toucher qui analyse consistance, texture de surface, viscosité, onctuosité. La bouche réunit une très forte densité de capteurs du toucher. Il faut apprendre à lire et à décrire ce qui se déroule entre la langue et le palais.

Chez Benjamin Kuentz il n’est pas question de marketing, en effet au regard du cerveau, tout est message. Au travers des whisky Benjamin Kuentz,  notre cerveau analyse ce qui se passe en bouche, par le nez mais aussi dans le pharynx, l’estomac, il s’agit de  digestibilité. Dans l’excès accordé à l’aromatique, nous   avons  tendance à négliger cette donnée. D’où le succès par exemple des vins natures . Mais attention, dans ce cas, à ne pas consommer une idée – la naturalité – aux dépens de l’équilibre.  

Benjamin Kuentz a su créer une ligne de whisky, tout en tenant en compte du cahier des charges neuro-scientifique, plus subtilement en contentant les cinq sens. 

Le toucher passe par la qualité des matières (étiquettes gravées, la qualité des matières sèches : carton, papier), l’ouïe par son processus créatif qui nous transporte de mélodies en concerts intérieur, la vue par une recherche d’esthétique recherchée (packaging), l’odorat qui au miasme oppose la jonquille pour paraphraser Corbin (les ambiances olfactives, les compositions florales parfumant les allées de ses whisky) ainsi que le goût. 

Benjamin Kuentz étant particulièrement cultivé, il est héritier comme chacun d’un patrimoine gastronomique. Il imagine tel un nez, un peintre, un photographe, un sculpteur des sensations expériences enchanteresses, dans lesquelles interviennent l’olfactif, le goût, l’ouïe, la vue, le tactile, provoquant des nouaisons corporelles.

  Whisky Benjamin Kuentz et croix de Christian Lacroix

RAP

Sources :

https://madame.lefigaro.fr/bien-etre/vacances-les-trois-types-de-repos-dont-corps-et-cerveau-ont-besoin-230721-197521

https://www.lefigaro.fr/sciences/2019/03/22/01008-20190322ARTFIG00011-ma-memoire-dites-plutot-mes-memoires.php

https://avis-vin.lefigaro.fr/connaitre-deguster/o150870-gabriel-lepousez-comprendre-le-cerveau-grace-au-vin

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