
Depuis plus de 700 ans, cet élixir gascon à la singularité méconnue détonne dans le paysage des spiritueux car il conserve le vivant du vin dont il est issu. L’armagnac est un spiritueux (rappelons qu’un spiritueux est une boisson contenant une forte proportion d’alcool) issus de la distillation de vin faisant tous deux l’objet d’une Appellation d’Origine Contrôlée. 3 critères principaux permettent de les différencier : le terroir, les cépages, la distillation.
Fruit de 3 civilisations, cette précieuse « eau de Feu » marquera à jamais sa région originelle et donnera au peuple gascon toutes ses lettres de noblesse. Au fil des siècles, L’Armagnac s’est établi comme un patrimoine culturel, trouvant en la région aquitaine un terroir idéal à l’épanouissement de la vigne dès l’époque romaine.
Élaborée et usitée à des fins thérapeutiques dans les monastères qui lui prêtait de nombreuses vertus médicinales, ce n’est qu’au XV siècle que la fameuse potion alambiquée s’écoulera sur les marchés locaux, puis s’exportera à travers l’Europe.
Au fil du temps, la distillation de l’Armagnac devient un savoir-faire unique symbolisant encore aujourd’hui la région gasconne, tant par les nombreux domaines et distilleries que par les vignes et les forêts de chênes centenaires qui décorent son paysage.Le pays d’’Armagnac se situe au coeur du Sud-Ouest de la France, au coeur d’un triangle formé par Bordeaux, Pau et Toulouse. Il s’appuie sur 3 départements le Gers, Landes et Lot-et-Garonne et sur deux régions administratives (Occitanie et Nouvelle-Aquitaine).
L’ARMAGNAC… 700 ANS D’HISTOIRE !
Le premiers habitants sont des Celtibères qui ont longtemps résistés aux centurions romains. Ils sont sous la bannière d’une grande Aquitaine allant de la Loire aux Pyrénées, de plus à la fin du III, ce peuple aquitain sont reconnus autonomes au sein de la même province la Novempopulanie, ou Aremonique en Celte, dont la capitale est Elusa ( actuelle EAUZE prononcer « éoze »).
Ces derniers occupent alors la partie la plus sudiste du territoire gaulois une vaste étendue entre Bordeaux et Toulouse composée de neuf cités majeures avec la ville d’Eauze pour capitale, dont chacune représente toujours la richesse et la puissance de la Gascogne. Bénéficiant d’une paix relative, ces peuples fabriquent, commercent et entretiennent des relations amec le mon didébtique et l’orient grâce aux voies très anciennes qui traversent et lngent les Pyrénées (telle que la route du sel).
C’est en 267 que l’avenir de l’Armagnac se dessine grâce à l’empereur Probus : près d’un siècle après l’arrachage de tous les ceps, il autorise de nouveau l’encépagement du terroir, bien qu’à cette époque la vigne ne soit pas promise à produire de l’eau-de-vie. C’est ainsi que les grands domaines gascons se sont vus attribuer le nom d’Arminiac ou « domaine d’Arminius », qui évolua avec le temps vers le terme actuel Suite à un traité conclu en 416 avec l’administration romaine , les Wisigoths s’installent en Novempopulanie.
La région d’Armagnac : du domaine d’Arminius à la Gascogne
Pour comprendre l’Armagnac, il faut remonter le temps jusqu’à l’époque romaine. En effet, l’histoire de l’Armagnac prend naissance à la victoire des Romains sur la Gaule. Le peuple aquitain occupe alors la partie la plus sudiste du territoire gaulois : la Novempopulanie, ou Aremonique en Celte, une vaste étendue entre Bordeaux et Toulouse composée de neuf cités majeures avec la ville d’Eauze pour capitale, dont chacune représente toujours la richesse et la puissance de la Gascogne.
C’est en 267 que l’avenir de l’Armagnac se dessine grâce à l’empereur Probus : près d’un siècle après l’arrachage de tous les ceps, il autorise de nouveau l’encépagement du terroir, bien qu’à cette époque la vigne ne soit pas promise à produire de l’eau-de-vie.

En 418, la région devient Aquitaine sous l’influence germanique apportée par les envahisseurs wisigoths. Mais de nouveaux occupants pointent leur nez et avec eux, le valeureux franc: Armin puissant guerrier donne son nom au pays qu’il reçoit en récompense de sa bravoure lors de la bataille Vouillé ( Poitié 507) contre les W. Clovis honore le pays de sa visite, il remet alors à Armin cette terre. Ce dernier est latinisé puis gasconisé, devient Arminius puis pour désigner le pays Armin donne Arminacus, Arminhac, Armaignac avant de se fixer sur le nom d’Armagnac. C’est ainsi que les grands domaines gascons se sont vus attribuer le nom d’Arminiac ou « domaine d’Arminius », qui évolua avec le temps vers le terme actuel Armagnac.

Presque deux siècles plus tard, l’Aquitaine subit de nouveau les assauts d’un peuple envahisseur, cette fois originaires des montagnes au Sud. Ces barbares pyrénéens venus s’approvisionner notamment en denrées, vont finalement s’installer en plaine et peupler la terre aquitaine au fil du temps : ce sont les Vascons, peu à peu appelés Gascons auxquels nous devons le nom actuel de la Gascogne. En l’an 670, l’Armagnac deviendra le premier duché de Gascogne, puis le comté d’Armagnac est créé au début du Xe siècle, avec la naissance des premiers comtes d’Armagnac. Le début du siècle suivant voit naître un premier monastère fortifié sur les rives de l’Adour, berceau de l’eau-de-vie ambrée.
Presque deux siècles plus tard au VII’s, l’Aquitaine subit de nouveau les assauts d’un peuple envahisseur, cette fois originaires des montagnes au Sud. Ces barbares pyrénéens venus s’approvisionner notamment en denrées, vont finalement s’installer en plaine et peupler la terre aquitaine au fil du temps : ce sont les Vascons, qui donnent leur nom à la Novempopulanie qui désormais se nomme Vasconie ou Gascogne peu à peu appelés Gascons auxquels nous devons le nom actuel de la Gascogne.
En l’an 670, l’Armagnac deviendra le premier duché de Gascogne, l’Armagnac entra dans le duché de Gascogne avec pour chef lieu Auch. Puis le comté d’Armagnac est créé au début du Xe siècle, avec la naissance des premiers comtes d’Armagnac.Le début du siècle suivant voit naître un premier monastère fortifié sur les rives de l’Adour, berceau de l’eau-de-vie ambrée.
Des prémices de l’exportation vers l’Europe à la coupe royale de Louis XV
La production d’Armagnac est attestée depuis 1310. A cette date, Vital Dufour, prieur de la ville d’Eauze, décrit dans son « Livre très utile pour garder la santé et rester en bonne forme » les atouts d’une eau-de-vie connue sous le nom d’aygue ardente.


L’Armagnac fait son apparition grâce à la rencontre de deux civilisations : celle du monde arabe et son alambic, et celle du monde chrétien et ses moines planteurs de vignes. Il ne porte pas encore le nom d’aujourd’hui. Il est alors un remède d’apothicaires. En 1461 nous le retrouvons sur le marché de Saint Sever. Il est devenu une boisson que l’on apprécie pour ses qualités gustatives, une boisson baptisée « le merveilleux ». Historiquement, l’Armagnac est une eau-de-vie précieuse, élaborée en marge de la production vinicole de la région.
Le XVIIe siècle marque un tournant majeur dans l’histoire de l’Armagnac grâce aux Hollandais et leur passion pour le vin, qu’ils achètent en gros sur toute la côte atlantique sauf à Bordeaux, toujours aux mains des Anglais. La réglementation de ces derniers interdit tout transport de vin par crainte de la concurrence, mais pas d’alcool. Dès lors, de grandes quantités d’alcool du Sud-Ouest seront produites puis acheminées par voies fluviales. Si l’alcool sert avant tout à aviner le vin blanc pour le stabiliser pendant son transport, le profil plus corsé et aromatique de ces vins connaît un franc succès auprès des peuples nordistes.
Le milieu du XVIIe siècle voit naître l’exportation à proprement parler d’eaux-de-vie d’Armagnac et pour faire face à la demande croissante, de nombreuses distilleries voient le jour, ainsi que le métier de « bouilleur de cru ». Pour faire face à leur fort besoin en énergie, ces « brûleries » trouvent place près des forêts abondantes de la région, à l’instar du Château de Busca-Maniban.

Au XVIIIe siècle, l’eau-de-vie est conservée en fût et la notion de crus fait son apparition. Le Bas-Armagnac fait son entrée comme digestif à la table royale de Louis XV, entraînant une envolée des prix et les premières fraudes.
En 1767, le premier alambic à distillation continue voit le jour, un procédé révolutionnaire qui influencera de façon décisive sur l’avenir de l’Armagnac. Un siècle plus tard, la manufacture d’alambics haut de gamme Sier est construite dans le petit village d’Estang et en 1857, une carte définit la première délimitation régionale des eaux-de-vie d’Armagnac qui compte alors plus de 100 000 hectares de vignes.
L’Histoire et les fléaux naturels : la pérennité de l’Armagnac remise en cause
À la fin du XIXe siècle, alors que le commerce d’eau-de-vie d’Armagnac bat son plein, une série de catastrophes vont se succéder : la vigne subit les assauts des maladies et des insectes qui en l’espace de 5 ans, vont anéantir la quasi-totalité du vignoble, à l’exception du Bas-Armagnac, protégé par la composition sableuse de ses sols (boulbènes). Le puceron phylloxera dévaste les vignobles français, n’épargnant pas l’Armagnac, première région viticole de France.


Il décime la Folle Blanche, le cépage historique de l’eau-de-vie régionale, mettant fin à l’âge d’or des campagnes gersoises. Les vignes du Bas-Armagnac survivent car l’hydrogéologie de ce terroir les préserve du phylloxéra. Celles du Haut-Armagnac, qui poussent sur un terroir plus sec, n’y résistent pas et disparaissent intégralement de la carte.
Face à l’urgence, le décret Fallières est adopté le 25 mai 1909, autorisant l’élargissement de l’aire de production sous conditions de nominations des cépages, des méthodes de culture et de vinification encadrées par l’INAO: l’Institut national de l’origine et de la qualité (auparavant sigle de son ancien nom Institut national des appellations d’origine).



Ce décret signe la fin des fraudes, tout comme la loi des « chais jaunes d’or » du 4 août 1929. À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, l’Appellation d’Origine Contrôlée de l’Armagnac ainsi que le BNA (Bureau National de l’Armagnac) sont créés sous Vichy. Les taxes sur le commerce de l’eau-de-vie s’alourdissent, freinant considérablement le marché pourtant en plein essor.
Il faudra attendre 1972 pour que le commerce d’Armagnac connaisse un nouvel essor, avec le procédé de la double distillation. L’eau-de-vie, vendue jusqu’alors en fûts, va désormais se commercialiser en bouteilles. Cependant les taxes imposées par Raymond Barre en 1980 et les périodes de gels mettent de nouveau à mal le commerce, et la pérennité de l’Armagnac est aujourd’hui toujours remise en cause en raison des difficultés rencontrées par les producteurs.
Le terroir
L’Armagnac est produit en Gascogne dans 3 départements (Gers, Landes et Lot-et-Garonne) . Les deux aire géographiques bénéficient d’un climat similaire : océanique tempéré la partie ouest de la Gascogne et continental tempéré (partie est) pour la partie est de la Gascogne.
L’Armagnac étant élaborée à partir de vin blanc, il convient de se pencher sur l’impact des sols sur les vins qui seront ensuite distillés.


Les crus de l’armagnac
L’Armagnac est divisé en 3 dénominations géographiques complémentaires (d’ouest en est) :
L’appellation « Armagnac » est partagée en 3 régions : le « Bas-Armagnac » (3.480 ha en 2016), le Ténarèze » (1.588 ha en 2016) et le « Haut-Armagnac » (68 ha en 2016), à cheval sur 3 départements, les Landes, le Gers et le Lot-et-Garonne. Le vignoble destiné à la production d’armagnac fait entre 5.000 et 5.500 hectares selon les années, alors que le vignoble entier de la région fait 15.000 hectares destiné principalement à la production de vins des Côtes de Gascogne et de Floc.
Quelle est la différence entre le Haut-Armagnac, le Ténarèze et le Bas-Armagnac ?
Le Bas-Armagnac est la région la plus septentrionale de l’Armagnac. Elle doit son nom au fait qu’elle est tout simplement plus basse géographiquement que les autres régions : 60 à 120 mètres d’altitude, contre 150 à 200 mètres pour le Haut-armagnac.
Bas-Armagnac : Le bas-armagnac ou armagnac noir se trouve en partie dans les Landes. Le Bas-armagnac, à cheval sur les départements du Gers et des Landes, est considéré comme la région qui donne les eaux-de-vie les plus fines et les plus aromatiques. Son sol est composé de sable argileux mélangés à des sédiments marins appelés « sables fauves ». Sa capitale est Eauze dans le Gers. Sa partie la plus renommée était appelée autrefois le « grand bas-armagnac » ou « Grand-Bas » : il s’agit de la partie landaise. Il est caractérisé par des terrains argilo-siliceux pauvres en calcaire, parfois acides. Les sables fauves sont composés de sols limono-sableux et de parties argileuses (boulbènes) donnent des raisins peu sucrés et acides parfait pour la distillation. Le Bas-Armagnac produit des eaux-de-vie de grande qualité, riches et très fruitées.


Ténarèze est la région centrale de l’appellation, entre le Haut-armagnac et le Bas-armagnac. Ses sols sont argilo calcaires devenant argilo-sableux vers l’ouest. Les armagnacs produits en Ténarèze sont puissants et aromatiques, réputés moins fins qu’en Bas-armagnacs. Sa capitale est Condomzone de transition où les sables fauves à l’ouest cèdent la place à une alternance de sols argilo-calcaires à l’est. Les armagnacs issus de ce cru sont plus rustiques et puissants et nécessiteront du temps pour s’assagir.
Haut-Armagnac : armagnac blanc est principalement dans le Gers et le Lot et Garonne. Son sol est composé de calcaire marneux avec en surface des boulbènes argileuses. Il est réputé pour donner des armagnacs puissants. Il est aussi appelé l’Armagnac Blanc en raison de la blancheur de ses sols. Sa capitale est Auch mais aussi Lectoure au Nord, plus en altitude avec des sécheresses estivales marquées, ce terroir comprend des sols calcaires durs (peyrusquets) et argileux profonds (terreforts) permettant de retenir davantage d’eau. Les eaux-de-vie produites sur ce terroir sont généralement plus vives.


Les différents terroirs

Les cépages
Contrairement à ce que nous pourrions penser, il faut produire un vin acide et peu alcoolisé pour obtenir un spiritueux de qualité. 8 cépages peuvent participer à l’élaboration de l’armagnac (baco, blanc dame, colombard, folle blanche, plant de graisse, mauzac, mauzac rose, ugni blanc).
Dans les faits, l’ugni blanc, dérivé du cépage italien « trebbiano toscano » est devenu majoritaire sur les deux vignobles grâce à sa résistance et son excellent rendement après la crise du phylloxera.
Détaillons les 5 cépages principaux:
L’ugni blanc : représentant la majorité de l’encépagement du vignoble du armagnacais, l’ugni blanc est un cépage équilibré et relativement neutre. Il donne des eaux-de-vie fines et aptes à un vieillissement prolongé.



La folle blanche : cépage très fragile, la folle blanche donne des eaux-de-vie aromatiques, élégantes et très florales.
Le colombard : il donne des eaux-de-vie aromatiques, fruitées et épicées.




Le baco : cépage roi de l’armagnac, ce cépage donne des eaux-de-vie charpentées, charnues, aux arômes de fruits mûrs (pruneau).
Le folignan : nouveau-né du croisement de la folle blanche et de l’ugni blanc, le folignan est un cépage exclusif au cognac et donne des eaux-de-vie florales (notes de rose et de lilas). Ce cépage ne doit pas excéder 10% de l’encépagement.
La distillation
Selon le dictionnaire historique de la langue française sous la direction d’Alain Rey , le mot alambic est attesté en 1265, il désigne l’appareil à distiller, témoin de la diffusion de l’alchimie en Europe sous l’influence des arabes.


Très tôt l’homme tourmente la matière pour en trouver les composants voire créer des corps nouveaux. L’art d’en extraire les principes vitaux par la chaleur , est né d’expérience menées dans les laboratoire de l’ Mésopotamie . Il diffuse d’abord en Extreme Orient ( Indiens, Tibétains, Chinois distillation du riz fermenté, shochu entre autre) puis vers l’Egypte. L’ancien nom de l’Egypte Khemi » terre noire’ serait à l’origine du mot « chimie ». D’autres se réfère à l’arabe Kama « tenir ». Au temps d’Archimède, 280 avant notre ère Alexandrie devient la capitale des sciences, ces alchimistes excellent dans l’art de préparer les eaux devines, huiles essentielles tirées des plantes et arbustes résineux, parfums, de la même manière que les mésopotamiens exploitent les qualités du cèdre de myrthe, du cyprès et du genévrier.


Des récipients en terre cuite datés de 3500 ans avant JC pots à double rebord fermés par un couvercle en dôme ont été trouvés près de foyers lors d’une campagne de fouille dans l’ancienne Mésopotamie (actuel Irak). Les grecs oeuvrent avec un matériel aussi rudimentaire c’est à dire sur un vase en argile rempli d’eau chargée de principes volatiles, ils posent des traverses de bois recouvertes de plusieurs épaisseurs de laine dans laquelle viennent se condenser les vapeurs. Le distillat est recueilli en pressant la laine.
Cordoue, capitale du savoir au X siècle.
La pénisule ibérique vit durant huit siècles durant sous influence musulmane. Les trois cultures islamique, juive et chrétienne cohbaiten et s’enrichissent mutuellement. Les souverains omeynades cultivekent les sciences et attirent à leur cours les lettrés kes pplus éminents et les savants les plus reonnmés. Ces derniers s’inspirent de Geber, érudit persans du VIIIe siècle, sont considérés comme le maître des maîtres par les plus fameux alchimistes, Rhases, Kalid, Avicenne.
Divers perfectionnements vont désormais permettre de distiller subtilement le vin: les appareils sont munis d’un système de refroidissements susceptibles de liquéfier promptement et efficacement les capteurs. Albucasis décrit la variété de ces alambics.


Ils sont composé d’une chaudière cucurbite en cuivre, surmontée d’un chapiteau où s’opère l’ébullition, les vapeurs qui communique avec le réfrigérant par un tuyau incliné en col de cygne. Avicenne les compare au corps humain : l’estomac est la cucurbite, la tête est le chapiteau le nez le réfrigérant par lequel s’écoule goutte à goutte le liquide.
Les arabes, en annexant les vallées du Tigre et de l’Euphrate puis la perse au VII’s, recueillent ce savoir. Ils le transmettent en occident à parti de Cordoue au temps d’Al Andalus. D’autant plus habiles à confectionner les instruments en cuivre, ils vont reproduire et perfectionner les alambics. Al andalus, désigne au sens strict l’Espagne musulmane du Moyen-Âge.
À travers elles, les fondements de la culture grecque, simultanément que les apports philosophiques et scientifiques des l’Inde , de la perse et de la Chine sont transmis en Europe. Dans le même temps , la morphologie des alambics changent. Ingénieurs et chimistes rivalisent d’ingéniosité : Menier construit le premier alambic à jet continue en 1767, Edouard Adam et Cellier-Bulenthal lui emboitent le pas. Ces alambics originaux séduisent et JacquesTuillière, pôlier à Auch dépose un brevet d’un modèle d’alambic à colonne propre à la région qui prends le nom d’alambic armagnacais en 1818.
Jusqu’au début du XIXème siècle, les deux eaux-de-vie étaient élaborées grâce à une double distillation. Nous situons l’invention de la colonne de distillation entre 1801 et 1818, tantôt par Jean-Edouard Adam, tantôt par M. Tuilière. Quoiqu’il en soit, c’est à partir de cette période que la distillation continue va se développer dans la région et contribuer à démarquer l’armagnac de son cousin charentais.


La période de distillation est fixée par décret. Elle se pratique une fois les vendanges finies, et se termine le 31 mars de l’année qui suit la récolte.La distillation agit un peu comme une loupe qui va concentrer les arômes présents dans le vin (qui titre alors entre 7,5 et 12%).
Cet alambic en cuivre, à colonnes et à distillation continue permet par sa distillation à bas degré, lente et régulière, de conserver plus de composants du vin qu’un alambic à double chauffe.
La distillation continue
La double distillation charentaise donne des eaux-de-vie délicates tandis que la distillation continue armagnacaise donne des eaux-de-vie pleines de caractère. La distillation continue utilisée dans l’armagnac est complexe. Comme son nom l’indique, cette distillation « en boucle » est conduite d’un seul tenant dans une colonne à plateaux (15 plateaux maximum).



Lors de la distillation, les vapeurs montantes passent au travers du vin descendant avant d’être condensées, et ce, jusqu’à ce qu’il ne reste plus de vin à distiller. Il est bien souvent distillé entre 52 et 60%. L’alambic armagnacais fonctionne en continue sans élimination spécifique de produits de tête ou de queue, ceux-ci devant être obligatoirement recyclés.
Il existe une centaine de ces alambics dans la région. La plupart sont ambulants, se déplaçant de domaine en domaine pendant la saison de « la flamme » qui s’étend des vendanges au 31 mars de l’année qui suit.

Certains sont pourvus d’un alambic, d’autres n’en disposent pas. Ainsi la distillation se déroule sur la propriété avec un alambic en cuivre à colonnes traditionnel, dit « armagnacais », un alambic ambulant, à distillation continue, s’installe chez les producteurs .
La distillation est conduite par un bouilleur ambulant qui veille jour et nuit, auprès de son alambic, à la lente transformation du vin en eau-de-vie. Son savoir-faire est indispensable pour que cette dernière se charge des meilleurs arômes.
Le bouilleur de cru ne doit pas être confondu avec le bouilleur ambulant. En effet, le bouilleur ambulant est le distillateur qui procède à la fabrication de l’alcool, en déplaçant son alambic de commune en commune.
Un bouilleur de cru est, en France, une personne habilitée à produire ses propres eaux-de-vie. Il est un récoltant de fruits qui peut faire distiller ses fruits. Certains peuvent encore se prévaloir du privilège institué dans les années 1950. Ils peuvent ainsi distiller en étant exonérés de droits de distillation dans la limite de 10 litres d’alcool pur (soit 20 litres à 50°). Ce statut est en voie de disparition du fait d’un contingentement déterminé dans les années 1950.
En France, depuis 1959, ce privilège n’est plus transmissible par héritage, et s’éteindra donc au décès des derniers détenteurs. Depuis 2008, les bouilleurs de cru ne bénéficiant pas du privilège sont taxés à 50 % sur les dix premiers litres d’alcool pur et ensuite à 100 %.
Le distillateur veille jour et nuit, auprès de son alambic, à la lente transformation du vin en eau-de-vie. Son savoir-faire est indispensable pour que cette dernière se charge des meilleurs arômes Le vin frais monte dans la première colonne de l’alambic, puis redescend dans la seconde où il s’écoule en passant par des plateaux. Au fond, il barbote au-dessus de la chaudière, libère des vapeurs qui s’élèvent et rencontrent le vin frais qui descend dans la colonne à plateaux. Celles-ci s’enrichissent des arômes de ce vin et se chargent de l’histoire de son année pour en extraire sa quintessence.
Lorsque les vapeurs arrivent à saturation, qu’elles ont recueilli tout ce qu’il y avait à recueillir, elles s’écoulent par un conduit qui serpente au coeur de la première colonne, celle du vin frais, se refroidissent et se condensent, donnant naissance à l’Armagnac blanc (56° d’alcool). Logée dans des fûts en chêne, cette eau-de-vie blanche va continuer sa maturation, se teinter de la couleur du bois et s’enrichir de ses arômes pour devenir l’Armagnac !
Ce procédé. unique permet de distiller de choisir le degré alcoolique de distillation de 52% vol.à 72,4% vol) en fonction de l’âge auquel, le producteur souhaite commercialiser l’armagnac en perspective des marchés, goût des consommateurs : bas degré pour les armagnacs de longs élevage et degré, plus haut pour des eaux-de-vie jeunes. Comparé à l’alambic à repasse, il assure une très bonne maîtrise énergétique grâce au refroidissement des vapeurs par le vin lui-même. De surcroît, il permet de réaliser un gain de temps, de main d’oeuvre et d’énergie.
L’impact du CUIVRE et bois pour la chaudière
La structure et le fonctionnement de l’alambic sont absolument déterminants pour la qualité des eaux-de vie. Le matériau qui le constitue est tout aussi important. Les qualités du cuivre sont nombreuses : excellent conducteur de la chaleur, résistant tout étant malléable, inaltérable aux acides du vin, capteur de mauvaises odeurs.
Quant à la flamme est l’âme de la distillation.Trop ardente, elle donne de l’eau de vie appelée coup de feu. L’eau-de-vie reste dure, âpre et corrosive. Manquant d’ardeur, Elle l’a fait sans force ni consistance. La qualité de la flamme vient du bois. Il le faut sec, non résineux, sans fumée, se consumant tout entier. Le meilleur combustible est un mélange d’aulne et de chêne puissant et doux.
Sources BNIA/ Château Arton/Château de Lacquy/l’Armagnac pour les nuls de Chantal Armagnac.