Conter le:triptyque : drame/abstinence/craving, delirium tremens

 

Si l’alcoolisme est une maladie qu’il faut prendre au sérieux, les personnages d’alcooliques sont pourtant légion dans les comédies. 

En 1945, Billy Wilder signe Le Poison, traitant de la déchéance d’un homme incarné par Ray Milland à cause de l’alcool. Une descente aux enfers qui va en inaugurer de nombreuses après la sienne. Orson Welles enchaînera avec La Soif du Mal, bientôt suivi par John Cassavetes qui n’hésite pas à mettre ses personnages en proie à leurs démons. C’est le cas notamment dans Faces et surtout dans Husbands, film crépusculaire sur l’amitié par-delà le deuil. Louis Malle s’attaque de son côté à la tragédie, avec Le Feu follet, histoire d’amour impossible pour cause de désintoxication ôtant le goût de vivre.

Des films qui permettent à leurs interprètes de livrer des performances mémorables, habitées, avec souvent des nominations ou des récompenses à la clé. Ce fut le cas pour Coluche, bouleversant dans Tchao Pantin de Claude Berri, en garagiste accro au rhum et décrochant le César du meilleur acteur. 

Nicolas Cage a pu brandir l’Oscar du meilleur acteur à son tour grâce à Leaving Las Vegas de Mike Figgis, histoire d’amour désenchantée entre un scénariste alcoolique et une prostituée. 

 

Nicolas Cage 

Un trophée qui a failli également revenir à Denzel Washington pour sa prestation époustouflante dans Flight de Robert Zemeckis, en pilote de ligne aviné, héros malgré lui et bientôt mis au pilori. Le Dernier pour la route de Philippe Godeau a également mis en avant François Cluzet en alcoolique désirant entrer en rédemption. 

 

Denzel Washington

 

Quel sort attend Mads Mikkelsen dans Drunk de Thomas Vinterberg ? Un film qui analyse comment la consommation d’alcool libère les gens jusqu’au point de non-retour. À voir sans modération…

 Mads Mikkelsen

 

De l’autre côté de la Manche ou de l’Atlantique, l’ivresse prête également à rire, que l’on préfère rester à siroter une bière avant la mort comme dans Le Dernier pub avant la fin du monde d’Edgar Wright, ou que l’on suive les mésaventures absurdes et mafieuses du Duc dans The Big Lebowski des Frères Coen. 

Sans oublier l’outrance de la trilogie Very Bad Trip, dans laquelle des amis passent une nuit particulièrement arrosée à Las Vegas, au point d’en oublier comment ils en sont rendus à des situations bien inextricables.

Les hommes ne sont pas les seuls à se perdre dans les méandres de l’alcool et les femmes les rejoignent sur un pied d’égalité, tantôt dans des comédies désopilantes, tantôt dans des drames absolus. On peut ainsi rire de Kim Basinger incapable de contrôler la moindre goutte d’alcool et faisant vivre un enfer à Bruce Willis dans Boire et déboires. 

Ou de Marina Foïs qui ne peut se maîtriser dès qu’une bouteille est ouverte, dans la comédie musicale Filles perdues, cheveux gras. 

 

Quant à Nathalie Baye et Josiane Balasko, s’en donnent à cœur joie dans Absolument fabuleux et carburent au Champagne du matin au soir.

 



Mais quand les femmes perdent pied, cela donne souvent des films où l’émotion affleure, comme dans Opening Night de John Cassavetes, avec une Gena Rowlands totalement saoule avant de monter sur scène

Opening Night de John Cassavetes
Gena Rowlands



Dans Pour l’amour d’une femme, Meg Ryan à la vie familiale rêvée, se réfugie dans ses vieux démons et entame une cure de désintoxication. 

 

Pour l’amour d’une femme
Meg Ryan 

Ou encore Tilda Swinton ne parvenant pas à cacher son alcoolisme à son entourage et en vient à kidnapper un enfant dans Julia d’Érick Zonca. 



Ou bien Nathalie Baye en officier de police portée sur la bouteille dans Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois 

et Marie Trintignant en perdition dans Betty de Claude Chabrol.

 

Cela donne toutefois lieu à de grands classiques du cinéma, tels Qui a peur de Virginia Woolf ? de Mike Nichols avec Elizabeth Taylor 

 

ou « Une femme en enfer » de Daniel Mann, dans lequel Susan Hayward est obligée de boire pour supporter son existence. 

Sans oublier Gervaise de René Clément, l’adaptation du livre éponyme de Zola, ou l’histoire d’une blanchisseuse succombant au verre de trop au point de faire péricliter son commerce.

 

 

La Poison de Sacha Guitry 1951

 

La Poison de Sacha Guitry, dans lequel Michel Simon tente par tous les moyens de supprimer sa femme bien trop portée sur la bouteille.

Rio Bravo de Howard Hawks ( 1959) 

 

 

 

Tout se joue dans la petite ville de Rio Bravo au Texas. Le frère du riche et influent éleveur Nathan Burdette est arrêté, pour meurtre, par le shérif John T. Chance, et enfermé dans une cellule en attendant les fédéraux. Le shérif est assisté dans sa tâche de surveillance par deux adjoints : un vieil homme éclopé et surtout Dude, un grand buveur d’alcool qui, avant d’être embauché par le shérif, trainait ses guêtres dans les saloons du coin, prêt à récupérer les pièces qu’on lui jette dans les crachoirs pour pouvoir se payer à boire… Les trois comparses auront fort à faire avec Nathan Burdette et sa bande, une dizaine d’hommes qui veulent faire libérer le prisonnier… 

Le shérif devra faire avec les qualités, mais aussi les travers et manies de ses deux adjoints, et surtout avec ceux de Dude surnommé par les Mexicains “Borrachon“ qui veut dire “poivrot“. L’homme essaie d’éviter l’alcool à tout prix, mais sa dépendance et les symptômes du manque, tremblements et crampes d’estomac, ne lui facilitent pas la tâche… Ici, l’alcoolisme est considéré par ses collègues comme un mal avec lequel il faut vivre, et qu’il faut essayer de contrôler. L’entourage proche, s’il respecte le sevrage et l’encourage, n’interdit pas un verre de temps en temps, au moins pour soulager les douleurs inhérentes au manque, douleurs qui se manifestent avec plus ou moins d’intensité. 

Il résistera jusqu’au bout, il ne boira plus une goutte d’alcool (à une exception près) du début à la fin de ce grand classique du western à huis clos… Il n’y a pas de pitié exprimée pour Dude, juste de la compassion et une mise en confiance nécessaire pour l’accompagner et l’encourager à ne pas tout laisser tomber et se laisser aller à une consommation sans retenue. Le travail et la mission de surveillance qui est assignée à ce shérif adjoint attachant sont ce qui le fera tenir…

Encore une fois, et contre toute attente, il ne retouchera pas à l’alcool. Et ce ne sont pourtant pas les occasions qui manquent dans une communauté masculine portée sur les usages réguliers d’une boisson particulièrement disponible. Les mains tremblantes on conduit le verre à la bouche, mais l’on s’arrête en cours de route et l’on reverse le contenu dans la bouteille. Il avait pourtant pris la décision de s’y remettre pour pouvoir tenir correctement son revolver et viser juste. 

Ici, l’alcoolisme est considéré par ses collègues comme un mal avec lequel il faut vivre, et qu’il faut essayer de contrôler. Il n’y a pas de pitié exprimée pour Dude, juste de la compassion et une mise en confiance nécessaire pour l’accompagner et l’encourager à ne pas tout laisser tomber et se laisser aller à une consommation sans retenue. Le travail et la mission de surveillance qui est assignée à ce shérif adjoint attachant sont ce qui le fera tenir…

 

Un singe en hiver de Henri Verneuil – 1962

 

 

Ici, dans un moment de lucidité ou de folie, on fait la promesse d’arrêter de boire si son hôtel survit à la tempête de bombes qui s’abattent sur le village de Tigreville le soir du débarquement de juin 1944… Albert, le propriétaire du Stella, avait l’habitude de boire, de boire beaucoup. L’alcool réveillait les élans de sa jeunesse militaire passée en Chine, même s’il en perdait l’équilibre et prenait des risques inconsidérés, ce qui inquiétait beaucoup sa femme Suzanne… 

Il faut croire que les affaires ont repris à la fin de la guerre car une dizaine d’années plus tard, l’hôtel est toujours debout. Une différence de taille concernant Albert : il a bel et bien arrêté de boire, mais a perdu par contre sa verve et son élan des jours passés. Il ne semble pas le plus heureux des hommes… Alors, pour réveiller ses vieux démons et ses envies “d’imprévu“, l’arrivée de Gabriel vient à point nommé. Le client est un jeune homme de trente-cinq ans qui pense séjourner là quelques jours pour rendre visite à sa fille pensionnaire. L’homme est aussi porté sur la bouteille que l’était Albert quelques années plus tôt, et se réfugie dans l’alcool pour oublier son divorce avec une ex-femme… 

Le trentenaire est un chien fou qui a du mal à rester en place et bouscule les habitudes du vieux couple de tenanciers. Suzanne, la femme d’Albert, voit en lui la joie de vivre que son mari a perdu et s’inquiète de sa mauvaise influence… L’ivresse manquant à Albert, l’alcool qui avait disparu refait alors surface, et les tentations sont au rendez-vous… 

C’est bien l’une des problématiques du sevrage qui propose une abstinence totale en mettant en avant le risque qu’un premier verre en entraîne fatalement un autre, puis un autre, et ainsi de suite. Ce choix du sevrage total reste bien entendu fragile même après des années de sobriété, mais il impose à l’abstinent de retrouver une raison de vivre quand l’existence était alors entièrement tournée vers la quête d’alcool et ses effets… 

Ce film est devenu aussi culte que le roman d’Antoine Blondin dont il est adapté, mais fut victime, lui, d’un projet de censure du ministère de la santé de l’époque, considérant qu’il faisait l’apologie de l’ivresse alcoolique. Comment peut-on imaginer que cette fiction puisse faire, volontairement ou non, l’apologie d’un usage immodéré, quand elle s’attache essentiellement à lier deux hommes, un peu seuls au monde ? La boisson n’est ici finalement, sans que l’on puisse lui en faire le reproche, le catalyseur d’une rencontre réussie… 

 

Le jour du vin et des roses de Blake Edwards (1963)

 

Ici, dans l’intimité d’une chambre d’hôtel, on ne boit que de l’alcool, et directement au goulot de la bouteille. Ironiquement, on explique à l’homme “trop sage“ en face de nous que malheureusement, on n’aura rien d’autre à lui offrir que du gin. On sait le tenter avec cette bouteille et même le culpabiliser de ne pas la partager avec soi. Pour ne pas perdre la femme de sa vie qui réclame un homme qui n’a pas peur de boire, l’homme s’y remettra…

Rien n’aurait laissé penser, en regardant les trois premiers quarts d’heure de ce film, que l’on puisse en arriver là. Ces deux amoureux sont liés par un usage sans limite d’alcool. Et pourtant tout avait commencé sous les meilleures auspices, dirons-nous… Joe Clay mène une vie assez confortable. Il travaille dans les “relations publiques“ et fait la connaissance de Kirsten, la secrétaire d’un de ses clients. Ils tombèrent amoureux, se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, enfin, une petite fille pour commencer, Debby. 

Comment l’alcool a-t-il pu prendre autant de place dans leur vie ? C’est la question que ne cesse de se poser Joe qui ne comprend pas pourquoi l’alcoolisme est tombé sur eux, et pas sur d’autres, alors qu’ils ne buvaient pas plus, du moins au début. Joe considère que l’usage d’alcool fait partie de son travail. Les contextes festifs dans lesquels il évolue et la difficulté de refuser de partager un verre avec un client, le conduisent régulièrement vers l’ivresse. Kirsten, elle, ne voyait pas l’intérêt de boire, n’aimait pas le goût de l’alcool, mais découvrira avec Joe qu’en fin de compte « ça fait simplement du bien », comme le revendique son mari. 

Elle finit par suivre le mouvement et les deux amoureux s’entraînent mutuellement vers une consommation qui n’est plus récréative. Lui, a besoin de tenir le coup après un licenciement, et elle semble boire pour tuer l’ennui… Quand Joe décide de franchir le pas du sevrage total, Kirsten reste dans le déni. Il réussira à se sevrer grâce aux Alcooliques Anonymes, incontournables Outre-Atlantique, mais elle non. Cette réussite de Joe isolera alors sa femme qui finira par le quitter, incapable de supporter d’être la seule à boire… N’attendons pas ici de happy end, mais profitons de cette fiction pour comprendre un peu mieux comment un processus alcoolique peut se mettre en place, et comment la réussite d’un sevrage est, lui aussi, un processus complexe…

 

Le feu follet de Louis Malle – 1963

Ici, on s’enivre à nouveau à l’occasion de retrouvailles avec ses amis d’un passé imbibé, celui d’un “alcoolisme mondain“ qu’on a glissé sous le tapis. Mais l’on est bien seul à boire autant désormais. Le temps a passé et “l’ivrogne“ repenti est devenu un animal étrange que l’on observe du coin de l’oeil. On est content qu’il soit de retour mais la tension est palpable. Il n’est plus le même, alors on guette ses moindres faits et gestes, avec un peu de compassion et peut-être même de la pitié dans ce regard en biais… 

Cette adaptation du fameux roman de Pierre Drieu La Rochelle, roman qui date, lui, de 1931, nous envoie ici au début des années soixante, dans la haute bourgeoisie parisienne. Nous accompagnons dans ces derniers jours Alain, un trentenaire qui a décidé de quitter ce monde, et surtout les hommes et femmes qui le peuplent, et pour lesquels il ne ressent plus rien. Il n’aime plus, et ne se sent plus aimé, alors à quoi bon… 

Alain est de retour à Paris depuis six mois, après un exil à New York en compagnie de sa femme, loin d’un environnement où il avait pris l’habitude de boire, de boire beaucoup. Son épouse est restée sur place Outre-Atlantique… 

Il séjourne désormais dans la “Maison de santé du Docteur La Barbinais. Cures de repos et surveillance médicale“, une clinique de sevrage à Versailles, grande résidence bourgeoise confortable où le jeune homme se sent à l’abri, entouré par quelques résidents, des rituels réconfortants, et un médecin très bienveillant. Alain est censé être “guéri“ depuis la fin de son traitement. 

Il n’a pas bu une goutte d’alcool depuis quatre mois, et son médecin considère qu’il est donc prêt à quitter la clinique et libérer sa chambre. Mais il demande à rester car il sait que s’il s’en va, il se remettra à boire… Le jeune homme a perdu le goût de vivre, et l’exprime ouvertement aux amis successifs avec qui il reprend contact. 

Ces amis ont suivi leur route, sobrement, mais sans lui. Alain n’a qu’une envie c’est quitter tout ce joli petit monde, mais il se laissera tenter avant par une dernière journée et soirée d’ivresse… Il s’agit ici de faire face à cette difficulté de retrouver dans une vie sans alcool l’ivresse ou du moins le plaisir de vivre…

 

Le jour du vin et des roses de Blake Edwards – 1963

Ici, dans l’intimité d’une chambre d’hôtel, les protagonistes ne boivent que de l’alcool, et directement au goulot de la bouteille. Ironiquement,  l’homme “trop sage“ en face de nous, n’aura rien d’autre à lui offrir que du gin. Nous le  savons tenter avec cette bouteille et même culpabilisé de ne pas la partager. Pour ne pas perdre la femme de sa vie qui réclame un homme qui n’a pas peur de boire, l’homme s’y remettra… 

Rien n’aurait laissé penser, en regardant les trois premiers quarts d’heure de ce film, que l’on puisse en arriver là. Ces deux amoureux sont liés par un usage sans limite d’alcool. Et pourtant tout avait commencé sous les meilleures auspices, dirons-nous… Joe Clay mène une vie assez confortable. Il travaille dans les “relations publiques“ et fait la connaissance de Kirsten, la secrétaire d’un de ses clients. Ils tombèrent amoureux, se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, enfin, une petite fille pour commencer, Debby. 

Comment l’alcool a-t-il pu prendre autant de place dans leur vie ? C’est la question que ne cesse de se poser Joe qui ne comprend pas pourquoi l’alcoolisme est tombé sur eux, et pas sur d’autres, alors qu’ils ne buvaient pas plus, du moins au début. Joe considère que l’usage d’alcool fait partie de son travail. 

Les contextes festifs dans lesquels il évolue et la difficulté de refuser de partager un verre avec un client, le conduisent régulièrement vers l’ivresse. Kirsten, elle, ne voyait pas l’intérêt de boire, n’aimait pas le goût de l’alcool, mais découvrira avec Joe qu’en fin de compte « ça fait simplement du bien », comme le revendique son mari. Elle finit par suivre le mouvement et les deux amoureux s’entraînent mutuellement vers une consommation qui n’est plus récréative. Lui, a besoin de tenir le coup après un licenciement, et elle semble boire pour tuer l’ennui… 

Quand Joe décide de franchir le pas du sevrage total, Kirsten reste dans le déni. Il réussira à se sevrer grâce aux Alcooliques Anonymes, incontournables Outre-Atlantique, mais elle non. Cette réussite de Joe isolera alors sa femme qui finira par le quitter, incapable de supporter d’être la seule à boire… 

N’attendons pas ici de happy end, mais profitons de cette fiction pour comprendre un peu mieux comment un processus alcoolique peut se mettre en place, et comment la réussite d’un sevrage est, lui aussi, un processus complexe…

 

 

Leaving Las Vegas de Mike Figgis – 1996

Ici, le crédo: s’efforcer de boire jusqu’à en mourir. Nous demandons à celle qui a décidé de partager notre vie, malgré ce que ça implique, de ne surtout pas nous demander d’arrêter. Nous acceptons comme cadeau, avec émotion, cette belle flasque d’alcool, à remplir à volonté, preuve que l’on n’ira pas contre l’envie de l’intéressé de “se suicider à l’alcool“, comme il dit… 

Ce drame romantique nous plonge dans les affres de l’alcool-dépendance de Ben, scénariste qui, après s’être fait licencier à cause de sa consommation abusive d’alcool, décide de partir s’installer à Las Vegas avec pour seul objectif, comme on l’a dit, de “se suicider à l’alcool“. Il se donne quelques semaines ou quelques mois. 

Comment en est-il arrivé là ? Lui-même n’en est pas sûr. Il ne sait plus s’il a commencé à boire parce que sa femme l’a quitté, ou si elle l’a quitté parce qu’il s’est mis à boire… Grâce à son indemnité de licenciement, il s’installe dans une chambre d’hôtel louée à l’année, chambre loin d’être luxueuse, et dépense alors tout son argent dans la boisson. Les bouteilles prennent toute la place mais l’on est sûr ainsi de ne pas en manquer… 

Après avoir failli renverser une jeune femme prostituée sur un passage piéton, il fait sa connaissance à une autre occasion, et lui propose cinq cents dollars pour qu’elle passe la nuit avec elle. Cette jeune femme s’appelle Sera. 

Elle sympathise avec son client, et finit par en tomber amoureuse. Elle lui propose de s’installer dans son appartement plutôt que de rester dans cette chambre miteuse. Il accepte mais à condition, nous l’avons énoncé plus haut, qu’elle ne lui demande jamais d’arrêter l’alcool. Elle est prête à l’accepter pour ce qu’il est, et fait le choix de vivre avec lui même si elle doit s’attendre à supporter les états alcoolisés ou de manque de son compagnon. 

Ben l’accepte elle aussi en retour pour ce qu’elle est. Il voit cette jeune femme comme un ange tombé du ciel, « un antidote qui se mélange à l’alcool et lui permet de se maintenir à flot ». Mais il sait que ça ne durera pas. Il est fou d’elle, mais ne l’épargnera pas en effet… 

Ici, tout ce qu’implique une alcoolodépendance nous est livré sans jugement : l’ivresse déstabilisante pour l’entourage, le craving, les symptômes du manque : tremblements, delirium tremens, etc… Sera vit sa codépendance avec beaucoup de patience. Ben a totalement conscience de ce qu’il fait vivre à sa compagne sans pouvoir ou vouloir infléchir sa consommation. Ici, chacun fait ce qu’il peut…

 

You kill me  de John Dhal – 2007

Ici, on a la confession facile quand l’usage d’alcool est à l’arrêt, ou en passe de l’être, contraint et forcé par son employeur parce qu’on ne fait plus son travail correctement… Ce film nous raconte le parcours de sevrage d’un tueur à gage professionnel qui exerce ses aptitudes dans le business familial. Frank est au service de la pègre de Buffalo (Etat de New York) mais ne peut exécuter son dernier contrat à cause d’une défaillance due à son alcoolodépendance. Il s’est tout simplement endormi au moment où le boss du gang adverse, qu’il devait éliminer, était à portée. Le patron de Franck, à savoir son oncle, le met en demeure de se soigner. Il ne pourra reprendre son travail que quand il aura arrêté complètement de boire… 

Il est envoyé alors à San Francisco (Californie) où, sous surveillance, il suit le programme des Alcooliques ou Narcotiques Anonymes. Il est, au tout début de l’aventure du moins, de bien mauvaise volonté, car n’a en aucun cas le souhait d’arrêter même s’il sait bien qu’il en a besoin. Heureusement, un travail aux pompes funèbres et une rencontre sentimentale le stabilisent dans son sevrage, même si une ou deux rechutes émaillent son parcours vers l’abstinence souhaitée… 

Pas de pathos ici. La motivation première de Frank, à savoir pouvoir reprendre au plus vite sa vie professionnelle et son efficacité de tueur à gage, motivation annoncée ouvertement, publiquement et sans tabou à une réunion de Narcotiques Anonyme, crée un décalage humoristique. Toutes les raisons sont bonnes pour arrêter de boire autant et se tuer à petit feu, même celle de pouvoir tuer à nouveau son prochain. Frank est au moins honnête envers son amie et les participants du groupe des NA. Il n’est d’ailleurs stigmatisé ni pour son penchant vers la boisson, ni pour sa profession… 

L’objectif du protagoniste dans ce film est, une nouvelle fois, l’abstinence totale, comme c’est le cas dans toutes les oeuvres cinématographiques qui abordent la problématique du sevrage, sans exception, ou presque. Même si cette proposition est celle des AA ou NA, qui considèrent que l’on reste dépendant à vie, et qu’il suffit d’un verre pour reperdre le contrôle de sa consommation, on sait désormais qu’une alternative réaliste peut être explorée pour certains, à savoir revenir à une consommation dite “sous contrôle“. Tant que ces groupes néphalistes seront les seuls présentés dans les fictions, les autres propositions de sevrage seront malheureusement tues… 

 

 

Le dernier pour la route de Philippe Godeau – 2009

Ici,  l’alcool demeure honteux, seul dans la cuisine, la lumière éteinte, personne ne veut pas être vu dans ce moment de vulnérabilité où l’on boit, non pas pour étancher sa soif ou se faire plaisir, mais pour soulager un manque qui nous fait nous lever du lit en pleine nuit pour aller vider la bouteille de vin blanc bien sagement installée, un temps, tout en bas de la porte du frigo. 

Nous pleurons d’en être arrivé là, et l’on ne veut pas que notre femme allume la lumière pour contempler les dégâts… Agnès est l’épouse d’Hervé. Elle assiste impuissante à l’addiction de son mari journaliste, patron d’une agence de presse. 

Ce film est adapté du récit de ce même journaliste, Hervé Chabalier, récit sous-titré « Chronique d’un divorce avec l’alcool »… Des scènes d’usage compulsif d’alcool, il y en aura deux ou trois dans le film. Elles se rappellent en flash-back aux mauvais souvenirs d’un homme qui a décidé, à la mort de son père, et suite au black-out consécutif à une cuite monumentale, d’en finir avec l’alcool… Hervé intègre alors une institution de cure de sevrage, une belle demeure bourgeoise à la campagne où cohabitent une dizaine de pensionnaires, hommes et femmes aux parcours et tempéraments bien différents. Après un temps de questionnement sur l’intérêt d’être là, le sentiment d’appartenance à ce qui pourrait s’apparenter à un havre de paix, permet la confession et la solidarité…

Ici, le sevrage dure plusieurs semaines, et est radical. On dépose toutes ses affaires à l’entrée, comme pour mettre de côté sa vie d’avant et repartir sur de nouvelles bases. Pas question de boire une seule goutte d’alcool pendant ce séjour jalonné de temps de paroles et d’activités diverses. 

Des médicaments sont délivrés tous les jours pour limiter les souffrances dues au manque… Si le mot d’ordre est ici l’abstinence totale, et ce pour tous les jours du reste de la vie des pensionnaires, c’est que c’est la proposition que font les Alcooliques Anonymes dans leur ensemble et donc ceux qui tiennent cette institution. L’ensemble du personnel soignant et accompagnant est ici composé d’anciens usagers. On se tutoie, on se soutient, on s’accompagne pour qu’au moins, le temps du séjour, on ne craque pas… Hervé apprend ici, entre autres, que les troubles de l’usage, on ne les voit pas toujours venir, et que le sevrage ne peut commencer qu’à condition d’avoir dépassé le stade du déni… 

 

 

La fille du train de Tate Taylor – Octobre 2016  

Ici, on sait comment s’anesthésier, endormir les douleurs en fond sonore qui empêchent de trouver le sommeil. Malheureusement, l’anesthésie est suffisamment importante pour que des black-out se manifestent et nous handicapent. Reconstruire ses souvenirs pour pouvoir se défendre dans une affaire de meurtre, c’est ce qui peut arriver de mieux à cette jeune femme, protagoniste d’un film adapté du roman à succès de Paula Hawkins… Le récit, aussi bien à l’écrit qu’à l’écran, fait la part belle à l’histoire de trois jeunes femmes liées par un même homme et les mêmes événements dramatiques… 

L’une de ces jeunes femmes, Rachel, la trentaine d’années, sans emploi et alcoolodépendante, nous intéresse plus particulièrement. Elle prend le train de banlieue tous les jours pour se rendre à la City. Ses allers-retours ne servent qu’un objectif, celui de passer et repasser, inlassablement devant les mêmes maisons : celle qu’elle a occupée avec son ex-mari Tom et que ce dernier occupe désormais avec sa nouvelle compagne Anna ; et celle où vit un couple, Scott et Megan, qu’elle ne connaît pas mais dont elle imagine une vie de couple idyllique… 

Un jour, elle apprend que Megan a disparu tragiquement. Le problème est que Rachel ne se souvient plus de ce qu’elle a fait ce jour-là, et si elle est impliquée dans cette disparition. Seules quelques images furtives surgissent à l’occasion. La jeune femme est souvent confrontée à des trous de mémoire, des black-out, importants. Son alcoolodépendance la culpabilise, la frustre et l’accuse même en l’occurrence. Rachel est alors pleine de bonne volonté, a même entamé un sevrage, et tente de distraire son manque d’alcool en s’activant… Sa mémoire revient petit à petit mais souvent la trompe et l’envoie sur de mauvaises pistes… 

Le problème ici est surtout le regard souvent condescendant et culpabilisant que porte son entourage sur sa consommation d’alcool. Rachel est cataloguée pour de bon. Dans le regard des autres, la vérité ne pourra désormais plus sortir de sa bouche, puisque l’alcool semble l’en empêcher. Rachel n’est pas entendue car elle n’est pas écoutée. Elle n’est pas écoutée parce qu’elle “boit“. La parole d’une “alcoolique“ ne vaut pas grand-chose à en croire ses proches mais aussi les forces de police. Rachel ne peut visiblement compter que sur ses ressources personnelles, et heureusement pour elle, elles ne sont pas limitées contrairement à l’image qu’elle renvoie…

 

Dont‘ worry, he won’t get far on foot de Gus Van Sant  2018 

Ici, le  » héros » s’alcoolise  avec les moyens du bord, assis sur son fauteuil roulant, un bras en vrac mais qui aidera l’autre à saisir la bouteille et l’amener à la bouche. On boit à même le goulot dans l’intimité d’un chez soi rien qu’à soi. C’est au-dehors qu’on avancera à toute allure, plus vite que la moyenne des tétraplégiques, dira l’une des responsables de l’organisme de soutien financier… 

Il tente de se battre contre les fantômes du passé, mais il a renoncé à lutter contre l’alcool, car il accepte de se sentir impuissant devant lui, comme le propose du moins la première étape des douze que constitue le parcours de sevrage des Alcooliques Anonymes dont l’implantation est si forte Outre-atlantique… 

Même si ce film est une adaptation de l’autobiographique d’un dessinateur satirique américain mort en 2010, John Callahan.

John Callahan

Il ne s’agit pas vraiment d’un biopic, mais bien plutôt du temps de reconstruction d’un jeune homme qui, à vingt ans au début des années 70, suite à un grave accident de la route, se retrouve tétraplégique. Il poursuit alors une consommation chronique d’alcool commencée à la pré-adolescence… 

Un jour d’abandon, de frustration, et de grande déprime, la mère biologique qu’il n’a jamais connue lui apparaît symboliquement, et le réconforte. John a une révélation. Il décide d’arrêter de boire. Un long parcours de sevrage commence alors, parcours qui suit donc les douze étapes des Alcooliques Anonymes. Il assiste tous les samedis à des réunions informelles organisées par un jeune ex-alcoolodépendant dans sa demeure cosy. 

La différence entre ces rencontres et les séances classiques des AA ou NA, avec une valorisation des prises de paroles successives, c’est qu’ici on peut interrompre, questionner, bousculer la parole des autres participants. On n’est pas là pour s’envoyer des fleurs, mais bien plutôt pour approfondir les tenants et les aboutissants de sa dépendance alcoolique, sans s’apitoyer sur son sort… 

John vit son sevrage en acceptant petit à petit son handicap, et en dessinant à la force de ses deux poignets qui tiennent le crayon. Le dessin est satirique et irrévérencieux, à l’image de son auteur dont le travail sera très vite reconnu… L’on comprend ici que malgré l’accompagnement, qu’il soit formel ou informel, le travail de fond est bel et bien celui de l’usager confronté à ses forces et ses faiblesses, à ses anges et ses démons qui jalonnent son parcours de vie avec ou sans alcool…

 

A star is born – Un film de Bradley Cooper – 2018

Ici, dans l’intimité d’une salle de bain, un matin, un verre d’alcool posé sur le rebord de la baignoire, ils se déprécient l’un l’autre, ils s’humilient, on s’invective à coup de « T’es en vrac, ressaisis-toi », « t’es pathétique, t’es pas belle »… Le verre d’alcool présent dans la pièce ne sera pas celui de la réconciliation, mais bien celui de la discorde. Il est bu du bout des lèvres par Ally qui vient de le confisquer à son mari Jackson qui boit, lui, dès le réveil. Elle le provoque pour qu’il réagisse. Est-ce qu’il attend d’elle qu’ils soient tous les deux compagnons de biture, “déglingués“, comme elle dit, et qu’elle se laisse aller, elle aussi, sans pouvoir profiter alors de l’opportunité professionnelle qui lui est offerte en ce moment, et que son mari dénigre tant ?… 

L’histoire est celle d’une rencontre, celle d’une star de la country musique sur le déclin et d’une jeune chanteuse aspirant à la célébrité, ou du moins au succès. Jackson mettra tout en oeuvre pour que sa protégée, avec qui il vit une histoire d’amour, soit sur le devant de la scène et devienne une star. Au fur et à mesure que la carrière de la jeune chanteuse décolle, celle du chanteur décline, et sa consommation quotidienne et intensive d’alcool l’enfonce encore plus, jusqu’à ce qu’il ait du mal à assumer ses obligations professionnelles… Ally lui échappe désormais, et a choisi une voie musicale qui empêche Jackson de la soutenir tant elle ne correspond pas à ses exigences musicales. Le musicien est en quête d’authenticité et d’intégrité. 

La chanteuse est, elle, en quête de gloire et de reconnaissance, et est prête à bien plus de compromis que lui pour réussir dans ce métier… La jeune femme a tenu la route tout ce temps et accompagnait, sans se plaindre, les affres de la consommation d’alcool d’un compagnon qu’elle a toujours soutenu. Pas question de se laisser embarquer plus longtemps dans une co-dépendance qu’elle fuit… 

Ce troisième remake d’un célèbre film des années trente laisse encore une fois nos deux protagonistes se dépatouiller seuls avec ces problématiques complexes d’alcoolo-dépendance, et de co-dépendance, qui traversent tant d’oeuvres cinématographiques. L’accompagnement familial et sentimental montre ici ses limites s’il est confiné dans la sphère intime, et réservé aux seuls intéressés sans aide extérieure… Ils sortiront de cette salle de bains, qui invite pourtant à la détente, bien plus en tension malheureusement qu’ils y sont entrés…

 

 

Le Fumoir  (2020), Marius Jauffret/ Asile de fous, (2005)  Regis Jauffret

Le comportement normal, quand on vous enferme alors que vous n’avez rien fait, c’est de crier, d’hurler. Mais si vous le faites à l’hôpital psychiatrique, on vous enferme. Faire le bon garçon, c’est un comportement complètement anormal dans cette situation, et, pourtant, c’est celui que l’on adopte. Il faut jouer la comédie. Interné, je ne laissais rien paraître de mes attaques de panique, de peur de reprendre 6 mois.  Extrait : le Fumoir de Marius Jauffret. 

 

Le roman de Marius Jauffret   » le Fumoir » (2020), ce livre clinique et révolté est un peu l’album de photos, en noir et blanc, qu’il a rapportées de Sainte-Anne. Direction les urgences de Sainte-Anne, où on le sangle à un lit de fer et le place en soins psychiatriques afin, explique le médecin, de le protéger de ce qui le menace : la démence, la perte de la mémoire, la cécité et le risque de développer le syndrome de Korsakoff. Car le protagoniste souffre d’alcoolisme..

En vain Thomas (Marius) tente-t-il de s’opposer à l’internement de son frère (le père est parti pour trois semaines avec sa femme en Russie). Mais rien n’y fait. Pendant dix-huit jours, au milieu d’une cour des miracles dont il fait une description dantesque, avec pour seule échappatoire le « fumoir », où il grille plus de cigarettes que son grand-père Alfred, assommé au Largactil, cette camisole chimique, Marius va vivre un enfer. Pour ne pas sombrer, il dit qu’« il faut se placer au-dessus de l’asile, en hauteur comme un drone qui prendrait des photos sans jamais se poser »

Un père, « confiné dans sa vieille bibliothèque », et une mère au cœur très fragile ne suffisent pas à peupler le « désert affectif » de sa vie, qu’il noie jour et nuit dans l’alcool, saupoudré de Valium. Heureusement, il y a son frère, Thomas. C’est lui qui est venu le ramasser, dans un café de la place des Vosges, où, saisi de violents spasmes éthyliques, il s’est écroulé, avec 2,5 grammes dans le sang.

Quant au père Régis Jauffret en 2005 avec Asile de fous procède d’un renversement absolu de la posture d’écriture à laquelle l’auteur nous avait habitués, à laquelle il s’était lui-même habitué et qu’il n’aurait jamais pensé inverser d’une telle manière si le visionnage, à la télévision, en septembre 2018, d’un documentaire consacré à la police de Vichy ne lui avait fait entrevoir le visage terrorisé de son père, capturé par une caméra un jour de l’été 1943. 

Régis Jauffret écrivit que « toutes les familles sont des asiles de fous ». Celle-ci est aussi un excellent atelier d’écriture. «Vous avez dû trouver cette famille étrange, mais plus encore que les histoires d’amour, toutes les familles sont des asiles de fous.» Dans Asiles de fous, Régis Jauffret décline à travers une banale histoire de rupture son thème majeur : l’exploration de la folie ordinaire. 

«Vous avez dû trouver cette famille étrange, mais plus encore que les histoires d’amour, toutes les familles sont des asiles de fous.» Dans Asiles de fous, Regis Jauffret décline à travers une banale histoire de rupture son thème majeur : l’exploration de la folie ordinaire. 

Oui, être un écrivain célèbre, admiré et célébré et ne jamais oublier le petit garçon qui grimpait le grand prunier de la ferme pour y croquer ses fruits cela est banale. Si Régis Joffrey n’a jamais distillé de l’eau-de-vie, l’hérédité est bien là, quoi qu’on fasse. Il l’exprime si joliment : «J’écris. Je remplis mes bouteilles en douce. Ce n’est jamais réglementaire. De la vie transparente, on peut rêver de faire un alcool fort. C’est ça mon vrai métier : bouilleur de cru du temps qui m’est donné»

La dernière partie « Quel tissu se déchire ? », la plus récente, montre bien l’usure du souvenir et de la mémoire. Les questions légitimes ou insidieuses contrarient la belle ordonnance des « approximative notices ». Mon souvenir de toi n’est rien plus, qu’un autre matériau pour écrire ?Ou le doute qui affleure : dans le souvenir de toi qui n’est pas toi, souvenir. Si mal vivant dans la mémoire. 

D’autres deuils, très proches aussi, viennent emboutir et renouveler la peine initiale.Le monde est un grand mouroir Une machine à manger le vivant. Le monde comme une charpie livrée au vent. Le lien du souvenir se délite, les douleurs tout autour s’accumulent. Reste la centrale, l’ultime au cœur de l’écriture. J’attends de mourir aussi. Je suis déjà mort dans le nom de mon père.

Névroses domestiques, dérèglements psychiques quotidiens, rien n’en sort indemne, ni le couple, ni l’amour, encore moins la famille. Une réflexion cynique et burlesque, portée par une écriture tendue, minutieuse et puissamment expressionniste.

 AP