Les plaintes des philosophes et des poètes sur l’«inexprimable»,sur l’ineffable et l’indicible s’expliquent, en somme, par un dogmatisme déçu :en droit, le langage devrait être fidèle comme la perception devrait être véridique et l’on s’indigne d’être trahi, et l’on donne volontiers dans un illusionnisme grammatical qui n’est que le dépit amoureux des dogmatiques.
V. Jankélévitch, « l’Ironie ».
…Et j’ai rompu le jeûne avec un veuve-clicquot. L’idée était de commencer par un bon champagne, la Veuve ne constituait pas un mauvais choix.
Pourquoi du champagne ? Parce que son ivresse ne ressemble à nulle autre. Chaque alcool possède une force de frappe particulière ; le champagne est l’un des seuls à ne pas susciter de métaphore grossière. Il élève l’âme vers ce que dut être la condition de gentilhomme à l’époque où ce beau mot avait du sens. Il rend gracieux, à la fois léger et profond, désintéressé, il exalte l’amour et confère de l’élégance à la perte de celui-ci. Pour ces motifs, j’avais pensé qu’on pouvait tirer de cet élixir un parti encore meilleur.
Dès la première gorgée, j’ai su que j’avais rai- son : jamais le champagne n’avait été à ce point exquis. Les trente-six heures de jeûne avaient affûté mes papilles gustatives qui décelaient les moindres saveurs de l’alliage et tressaillaient d’une volupté neuve, d’abord virtuose, bientôt brillante, enfin transie.
J’ai continué courageusement à boire et, à mesure que je vidais la bouteille, j’ai senti que l’expérience changeait de nature : ce que j’atteignais méritait moins le nom d’ivresse que ce que l’on appelle, dans la pompe scientifique d’aujourd’hui, un « état augmenté de conscience ». Un chaman aurait qualifié cela de transe, un toxicomane aurait parlé de trip. J’ai commencé à avoir des visions.
Il était 18 h 30, l’obscurité s’installait autour de moi. J’ai regardé vers le lieu le plus noir et j’ai vu et entendu des bijoux. Leurs éclats multiples bruissaient de pierres précieuses, d’or et d’argent. Une reptation serpentine les animait, ils n’appelaient pas les cous, les poignets et les doigts qu’ils auraient dû orner, ils se suffisaient à eux-mêmes et proclamaient l’absolu de leur luxe. À mesure qu’ils s’approchaient de moi, je sentais leur froid de métal. J’y puisais une jouissance de neige, j’aurais voulu pouvoir enfouir mon visage en ce trésor glacé. Le moment le plus sidérant fut celui où ma main éprouva pour de bon le poids d’une gemme au creux de la paume.
J’ai poussé un cri qui a anéanti l’hallucination. J’ai bu une nouvelle flûte et j’ai compris que le breuvage provoquait des visions qui lui étaient apparentées : l’or de sa robe avait coulé en bracelets, les bulles en diamants. Au froid de l’argent répondait le glacé de la gorgée.
L’étape suivante a été la pensée, pour autant que l’on puisse qualifier de telle le flux qui s’est emparé de mon esprit. Aux antipodes des ruminations qui peuvent l’engluer, il s’est mis à virevolter, à pétiller, à fulminer des choses légères : c’était comme s’il cherchait à me charmer. Cela lui ressemble si peu que j’ai ri. J’ai tellement l’habitude qu’il m’adresse des récriminations, à l’exemple d’un locataire indigné de la mauvaise qualité du logement.
D’être soudain une si agréable société pour moi-même m’a ouvert des horizons. J’aurais aimé être de si bonne compagnie pour quelqu’un. Qui ?
J’ai passé en revue mes connaissances, parmi lesquelles il ne manquait pas de gens sympathiques. Je n’en ai repéré aucune qui convienne. Il aurait fallu un être qui accepte de se plier à cette ascèse et de boire avec une ferveur équivalente. Je n’avais pas la prétention de croire que mes divagations auraient pu divertir un pratiquant de la sobriété.
Entre-temps, j’avais vidé la bouteille et j’étais fin saoule. Je me suis levée et j’ai essayé de marcher : mes jambes s’émerveillaient qu’en temps normal une danse si compliquée n’exige aucun effort. J’ai titubé jusqu’au lit et je m’y suis effondrée.
Cette dépossession était un délice. J’ai compris que l’esprit du champagne approuvait ma conduite : je l’avais accueilli en moi comme un hôte de marque, je l’avais reçu avec une déférence extrême, en échange de quoi il me prodiguait ses bienfaits à foison ; il n’était pas jusqu’à ce naufrage final qui ne soit une grâce. Si Ulysse avait eu la noble imprudence de ne pas s’attacher au mât, il m’aurait suivie là où m’entraînait l’ultime pouvoir du breuvage, il aurait coulé avec moi au fond de la mer, bercé par le chant blond des sirènes.
Je ne sais combien de temps j’ai séjourné dans ces abysses, en un stade intermédiaire entre le sommeil et la mort. Je m’attendais à un réveil comateux. Je me trompais. Au sortir de cette plongée, j’ai découvert une volupté autre encore : comme confite dans le sucre, j’éprouvais puissamment les moindres détails du confort qui m’environnait. Le contact des vêtements avec la peau me faisait tressaillir, la sensation du lit qui recevait ma faiblesse propageait une promesse d’amour et de compréhension jusqu’à la moelle de mes os. Mon esprit marinait dans un bain de départ d’idées, au sens étymologique : une idée est d’abord quelque chose que l’on voit.
Je voyais donc que j’étais Ulysse après le naufrage, échoué sur une plage indéterminée, et avant d’y élaborer un plan je savourais l’étonne- ment d’avoir survécu, de posséder des organes intacts et un cerveau pas plus atteint qu’avant, et de gésir sur la partie solide de la planète. Mon appartement parisien devenait le rivage inconnu et je résistais au besoin d’aller aux toilettes, pour garder plus longtemps la curiosité de la mystérieuse peuplade que je ne manquerais pas d’y croiser.
À la réflexion, c’était l’unique imperfection de mon état : j’aurais voulu pouvoir le partager avec quelqu’un. Nausicaa ou le Cyclope m’au- raient convenu. L’amour ou l’amitié seraient des caisses de résonance idéales à tant d’émerveillement.
« Il me faut un compagnon ou une compagne de beuverie », ai-je pensé. J’ai passé en revue les gens que je connaissais à Paris, où je venais à peine de m’installer. La liste courte de mes relations comportait soit des personnes très sympathiques, mais qui ne buvaient pas de champagne, soit de vrais buveurs de champagne qui ne m’inspiraient guère de sympathie.
J’ai réussi à me rendre aux toilettes. De retour, j’ai regardé par la fenêtre la maigre vue de Paris qui s’offrait à moi : des piétons foulaient les ténèbres de la rue. « Ce sont des Parisiens, ai-je songé à la manière d’une entomologiste. Il me paraît impossible que parmi tant de gens je ne puisse trouver l’élu ou l’élue. Dans la Ville lumière, il doit y avoir quelqu’un avec qui boire la lumière. » Extrait de Pétronille d’Amélie Nothomb.
Une (inter)subjectivité dans le discours alcoolique
Depuis sa naissance l’homme est assailli de nouvelles images, sensations, d’odeurs, de sons, il représente dans son sommeil ce trop plein d’informations. Lequel peut se transcender en cauchemar, en se laissant aller à une représentation idéalisée ou chimérique de ce que l’on souhaite réaliser.
Rêve et cauchemar sont donc indissociables du sommeil. Il est de notoriété publique, au sein de cette problématique que le sommeil conjuré au coma éthylique fait partie intégrante du processus de » rédemption » nocturne. Au petit matin, le malade semble s’être refait une santé, si ce n’est pas d’avoir totalement oublié sa « veillée alcoolique journalière »
Dans les lignes qui suivent, j’emploie alcoolique ou sujet alcoolique indifféremment pour les désigner, par commodité d’écriture et en ayant pris soin de préciser que cette réduction nominale passagère n’inclut pas une réduction du sujet à son symptôme, ni un quelconque diagnostic pathologique.
Je précise enfin que la figure de l’alcoolique présentée ici est un artefact, et résulte d’un conglomérat synthétique d’une foule de sujets – bien réels ceux-ci dont certains discours ont constitué le corpus.
Si la psychanalyse a permis de mettre des mots sur des images, s’interroger sur leurs rapports étroits le mot créant le le sens qui fonde l’image. La langage en effet, permet la création du monde, développe l’imaginaire et donne vie aux choses. En ce sens, il représente un véritable outil. Cependant , à partir de celui-ci, nous en mesure de conquérir une liberté aliénée.
Dans 1984 afin de mener à terme la démolition de la pensée et d’ôter toute part de rêve à la population Big Brother entame une réforme de l’ancienne langue simplifiée tendancieuse: la Novlangue.
The Giverle Passeur prend conscience du néant de son monde superficiel comme de sa fausseté en comprenant que le rêve en a été chassé, notamment par l’affaiblissement voir l’anéantissement du lange. Par cette découverte et l’appropriation de ce savoir ancien, Jonas le passeur ouvre les portes d’un » ailleurs ».
| Aristote |
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| Emile Benveniste |
| Jean de la Fontaine |
| Plutarque |
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| Esope |
Les mots sont donc consécutifs de la fine frontière du rêve et du cauchemar. Le langage est le propre de la civilisation et de chacun mais peut-il être l’outil qui introduit l’idée même de barbarie dans la cité, dans The Giver les personnages sont en guerre avec l’extérieur. mais celle- ci se mène avant tout intra seulement afin d’éviter toute rébellion.
En ce sens, le langage n’est-il pas même de déposséder les habitant de leur civilité le langage? Peut-il transformer un être civilisé en un véritable barbare plongeant ainsi ainsi dans la barbarie? C’est le cas dans certains faits divrers accidents de vie , drames liés à l’alcool et/ou l’alcoolisme.
Selon Georges Bataille « Les bourreaux n’ont pas de parole ou alors, s’ils parlent c’est avec la parole de l’état.
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| Georges Bataille |
Un vocabulaire éventé, nous condamne à une pensée pauvre. Il peut-être maitrisé par l’homme d’action car sachant persuader ou convaincre selon les cas; argumentant « le logos », la parole qui séduit; éveille le sentiment (pathos).
Si l’on considère que le langage est la faculté intellectuelle de l’être humain s’exprimer, que celle-ci en est le moyen d’expression.Maitriser la langue signifie appréhender le sens des idées, histoire. Cet outil nous permet d’être heureux, rêver, voir procrastiner silencieusement. Cependant il se révèle cauchemardesque par l’utilisation de mots destructeurs, perfides.
Aristote définit la parole dans la rhétorique, comme une réalité fondamentale humaine car commencer à parler permet la naissance d’une co-naturalité avec l’humanité.
Il souligne de plus, la nécessité de savoir argumenter par la parole ainsi que l’ambiguïté du langage qui peut-être utilisé comme vérité de présent générale pour mentir. Le langage préalable à la parole va donc nourrir structurer notre pensée.
Selon le linguiste Emile Benveniste, le langage reproduit la réalité dans ce qui nous intéresse que celle-ci soit un rêve ou cauchemar.
Esope lui servit donc de la langue à tous les plats en disant: » Avec la langue, nous pouvons rendre heureux, nous pouvons adoucir la douleur, soulager le désespoir et aider son semblable »
Alors le maitre demanda de lui servir la plus mauvaise des choses et Esope lui sert à nouveau de la langue dans tous les plats en affirmant qu’avec la langue, nous pouvons maudire et briser le cœur, détruire des réputations, amener la discorde, la guerre au sein des familles, des communautés et des nations.
Les mots sont ainsi rythmés par l’art de la rhétorique et l’homme parvint à avoir barre sur autrui pour agri et transforme le monde.De là naît un monde riche selon la capacité de chacun à s’emparer de la parole maîtriser le langage.
Si dans le monde grec Cassandre apparait comme la gageure de la parole qui ne parvient plus à agir sur le destin, Ulysse est l’homme d’action car il place l’art de la tournure qui séduit par langue en convainquant.
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| Cassandre |
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| Ulysse |
L’ancilangue est désossé, en lui ôtant ses adjectifs, comblen, rognant ses nuances et ce qui compose sa liberté. C’est l’apogée d’une langue fonctionnelle puisque sa seule fonction est de faire sens.
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| George Orwell |

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| Jonathan Littel |
Il est plus difficile de trouver des explications du même ordre à certaines débagoulées verbales qui ne semblent pas appartenir à la caractérisation de l’alcoolique, mais à une volonté manifeste du malade qui envahit l’espace de parole, à peine masqué par le prétexte d’une figure.
Ces longs espaces de parole sont la matière même de l’écriture dramatique de cette pathologie. Modifiant des liens entre le personnage et sa parole en opposant, à la dramaturgie de l’action, une dramaturgie des actes de parole, les malades substituent à la logique narrative du personnage, construit, confirmé au fil du dialogue, une poétique d’identités performatives.
Leur principe de caractérisation se confond avec le mouvement propre à leur énonciation. Ce mouvement, n’étant plus véctorise par une action à mener, n’est plus forcément intentionnel ni orienté.
Dans la dramaturgie théâtrale, le personnage est caractérisé par sa cohérence fonctionnelle à l’intersection par laquelle transite: l’information, l’avancée de l’action. Rien de tel chez un certain nombre de malades ; il ne s’agit même pas d’incohérence, mais d’appartenance à un autre type de système ou d’ordre.
La « parole de l’alcoolique » est habituellement entendue influence, parasite le comportement « spontané » Elle consiste en un ensemble d’interactions spontanées de sujets différents telles un ensemble de nosographies. Les malades, sont habités par des discours hétérogènes, donc détenteurs de fonctions dépassant le cadre de leurs habitus. Ils rapportent les faits sur un mode objectif, (lorsqu’ils titubent) pensent à haute voix, dialoguent, sans que ces différents moments de leurs discours soient séparés.
Mais, la plupart du temps, ils ont à s’engager brièvement derrière leur parole. Parfois, obligés de délaisser leur identité fugace avec comme mode de survie: construire le récit (invectif, agressif, paranoïaques ou dépressif).
Ils ont un point de vue sur l’autre, le laissent entendre au public (membres de la famille, proches) sans qu’on puisse classer ces interventions du côté de l’aparté ou du monologue adressé. Sans filtre non filtré ( comme nous le dirions pour le whisky) , ils énoncent tout de ce qu’ils voient, de ce qui les atteint. En outre, ils intègrent un discours didascalique, à la frontière de l’information objective et de l’impression subjective.
Ces sempiternelles verbales évoquen le Nouveau Roman, particulièrement le cinéma, autorisant des changements d’angle et de point de vue. Cette mobilité verbale ôte à la scène alcoolisée, sa lourdeur en lui conférant un caractère plus spirituel ; exactement à l’opposé du réalisme habituel.
Installés en apparence dans un quotidien plat, les personnages sont doués d’ubiquité et affichent une curieuse transparence pour leur public, dont un des plaisirs dramaturgiques est d’ordinaire de les deviner, d’imaginer leurs points d’ombre et d’y remédier. Si tout est dit, en apparence, l’intérêt se porte ailleurs, par exemple sur les raisons de cette transparence.
| Bulowski, Charles Apostrophe émission |
En affichant des conventions de l’ordre du rêve dans un cadre réaliste, en questionnant les capacités de perception des personnages et les nôtres, Roland Schimmelpfennig
https://www.theatre-contemporain.net/biographies/Roland-Schimmelpfennig/
instaure une extrême souplesse des points de vue, une capacité des personnages à changer très vite de focale. Une telle virtuosité ne s’exerce pas à vide ; dans le cas dans les discours d’alcooliques lors des crises publiques ou familiales.
Elles se fondent surtout sur l’évolution de la place de l’auteur ( dans ce cas de figure: le malade alcoolique) et sur la nature des liens qui l’unissent à son autre personnage Mister Hyde, en interrogeant la façon dont les dramaturgies se content.
L’alcoolique sort de l’ombre et, qu’il soit encore installé dans les marges ou qu’il apparaisse à la lumière, il entame une relation directe avec le personnage derrière lequel il faisait mine d’être caché.
Tantôt, pour avancer un jugement ou pour exercer son autorité directement sur son entourage, sans le masque de la double énonciation.Cela lui donne la conduite du récit, sans passer par des instances narratrices désignées comme telles.
Le malade n’est plus tenu d’imiter, sauf par intermittence puisque c’est un acquis. Il n’est pas davantage cadré par les limites de l’action. Jouissant de pouvoirs étendus tel un dictateur, il se construit un nouveau personnage en s’énonçant par sa construction et prend de l’avance sur ce son » discours ».
Dans tous les cas, il sort du cadre d’un caractère en se métamorphosant, élargissait ses fonctions de victime et/ ou de bourreau. Il est moins agent de l’action que narrateur, témoin et juge de celle-ci.
Polymorphe, l’alcoolique, parfois s’incarne; se raconte, sans qu’aucune de ces deux fonctions ne soit désormais exclusive, ou qu’elle nécessite une explicitation ou une différenciation.
En renonçant aux attributs, qualifications du « personnage traditionnel » mère, père, chef d’entreprise, ouvrier, employé, fonctionnaire, l’alcoolique investit effectivement les valeurs qui ont porté le projet de son chaos, comme les conflits d’intérêts, la performance, la rétribution d’une reconnaissance sociale ou physique de type performative « je suis un pilier de bar ».
Nonobstant, nous témoignons de nouveaux dispositifs narratifs, d’autres systèmes d’organisation, répartition de la parole, qui, eux, sollicitent d’autres manières d’être ensemble, créer leurs propres habitus non pas formelles, ni conformes de se représenter collectivement dans le cadre pathologique.
L’alcoolisation en soi n’est pas pathologique, elle se feint dans la description d’un comportement, celui de la prise d’alcool. Au même titre qu’au théâtre, la multiplication des didascalies marquent l’intervention de l’auteur à chaque changement de prise de parole, aussi courte qu’elle soit, produit divers effets tant à sa lecture qu’en scène.
En premier lieu, c’est littéralement l’auteur qui se trouve au centre du groupe de personnages, comme s’il imprimait le rythme du jeu selon son bon vouloir.
Par conséquent, l’importance individuelle diminue au profit d’un effet de groupe. L’intervention de chacun se trouvant médiatisée par le donneur de parole. Il semble difficile de supprimer ces didascalies, la parole de l’alcoolique se trouvant comme intégrée à celle des personnages au travers il se cache : ce type d’écriture, doxia, discours réduit la part de référentialité de chacune des silhouettes.
Elles ne s’animent que brièvement au moment où le didascale leur donne un très bref moment de parole, orchestré dans un ensemble. Ces croquis relèvent aussi du fonctionnement choral, tant la fonction narrative est prégnante, modifiant le régime du personnage.
Inversement, il propose de nouveaux dispositifs narratifs, d’autres systèmes d’organisation, répartition de la parole, qui, eux, sollicitent d’autres manières d’être ensemble. Cela permettant d’inventer leurs propres aptitudes conformes de se représenter collectivement.
Tout le monde fabule, nous inventons des souvenirs, nous construisons un masque social.La société dans laquelle nous vivons est une scène de théâtre à l’échelle micro macro.
Qui est qui? Voilà la véritable question à se poser. Nous ne nous connaissons pas nous-même, perdus entre masques et affabulations. Cela relève du rêve de connaitre, rencontrer les gens dans leurs détails, indigences, désarrois, leurs opprobres, beaux jours…
C’est en tout cas l’une des raisons pour lesquelles j’ai crée ce blog à savoir rencontrer les individus dans l’espoir de dialoguer sans masque.
Onirisme, démiurgie est le savoir.
Lorsque nous ne savons pas, nous ne savons rien, il demeure l’errance, l’incertitude, les insomnies, la peur. Ce qu’il reste : le cauchemar.
Finissons en musique dans cette verve amère mélancolique : « La double vie de Véronique », musique intitulée : « Les marionnettes » composé par Zbigniew Preisner.
AP










