Nicolas Julhès les épiceries Julhès

 
 
« Le magasin c’est réellement la clé de tout » Giancul Brozetti ancien PDG de Louis Vuitton.
« Les boutiques sont le visage d’une marque c’est l’image entière telle que nous voudrions qu’elle soit vue. L’architecture est une partie importante de la com de la marque. Lorsque vous arrivez dans une boutique , elle devrait être conforme à vos attentes sur la marque« .
Robert Thiéfus VP exécutif de la communication mondiale d’Armani.
VOCABLE
NJ=Nicolas Julhès
CSP = Catégorie sociale professionnelle
3R= Troisième République
D2P = Distillerie de Paris
NJ= Nicolas Julhès
CM= Conseil municipal
LMDW= La Maison du Whisky
Sartorial= Art sartorial= art et esthétique des costumes masculin
Les Inconnus: les commerces
 
 
Version officielle
Extrait du site Julhès Épicerie:
« Toute l’équipe de Julhès Paris vous souhaite la bienvenue Nous exerçons notre passion pour la gastronomie dans l’épicerie familiale : fournil à pains, pâtisserie, cuisine, fromagerie, charcuterie, épicerie, vins et spiritueux… Rien ne nous laisse indifférent. Nous sommes des aventuriers du goût, notre expertise et notre expérience nous ont permis d’acquérir une culture générale de la gastronomie. 
 
Pour nous, l’épicerie n’est pas liée à un « concept » mais à un engagement qui nous est cher et que nous voulons partager. Vous trouverez sur notre site toutes les informations sur nos activités et d’autres informations pratiques. Vous pourrez également vous connecter à notre blog et découvrir les produits que nous aimons, nos découvertes et nouveautés, ainsi que nos salons et nos dégustations. Savoureusement vôtre »! NJ.
Nicolas Julhès préfère prévenir : le storytelling, très peu pour son frère et lui ! Ce n’est donc pas demain que les deux frangins vont bâtir de toute pièce une success story à la française pour faire rêver leur clientèle. Pas plus qu’ils ne comptent fabriquer une marque proposant de la vaisselle, des sacs ou des coloriages à la gloire de leur patronyme. « Nous, honnêtement, nous ne sommes pas super bons de ce côté-là. En revanche, nous avons la capacité de suivre nos envies », résume modestement le frère cadet de Sébastien.
Force est de constater que cette stratégie s’est révélée payante. Partie d’une boutique d’épicerie fine dans le 10 ème arrondissement de Paris ouverte sans avoir réalisé le moindre business plan, le tandem est aujourd’hui à la tête de 8 adresses (bientôt 9) dans la capitale et, plus étonnant encore, d’une distillerie !
Épicerie, pâtisserie, fournil à pain, chocolat, fromage, charcuterie, sandwicherie, vente de vins, champagnes et spiritueux… Rien ne les arrête quand ils ont une idée en tête en matière de gastronomie ! Dernière petite folie : l’ouverture prochaine d’un nouveau commerce dédié aux parfums et aux spiritueux dans la rue historique du faubourg Saint-Denis, entièrement designée par un artiste japonais. Cet établissement proposera, comme on peut s’y attendre, des breuvages directement sortis de l’alambic des deux frères.
 
« Aujourd’hui, Julhès Paris pourrait être dix fois plus grande. On nous a fait des propositions de rachat, surtout depuis que nous avons monté la seule distillerie de la capitale. Si nous cédions aux sirènes de l’argent, nous ne serions certes plus actionnaires principaux mais nous serions riches ! » commente Nicolas. « Sauf que ce n’est pas ce que je veux. Je n’ai pas envie de travailler pour des gens qui veulent que je suive leurs règles, aussi louables soient-elles. Je veux suivre celles que je me fixe. Et surtout, je veux faire ce qui me passionne. Je ne suis pas un bon entrepreneur au sens où on l’enseigne aujourd’hui dans les écoles de commerce car je ne cherche pas à faire de l’argent, mais je suis super heureux ! Et ça, ça n’a pas de prix ! »
À l’entendre, au diable justement les grandes écoles qui formatent les cerveaux pour fabriquer une main-d’œuvre docile. Rien ne vaut l’expérience terrain et l’apprentissage sur le tas. Une fois les compétences solidement acquises, ne reste plus qu’à avoir une vision, croire suffisamment etn elle et être patient. « La distillerie était un pari fou », reconnaît-il. « La réglementation n’était clairement pas de notre côté ; pourtant nous avons fini par y arriver. »
Les frères Julhès démontrent ainsi qu’il est possible de se réaliser et de réussir loin des schémas établis.
Version The French Spiritstyle
Suite de  :
Cet article clôture donc ce polyptyque consacré à Nicolas Julhès et son clan.
L’historien qui étudie le petit commerce ne dispose que de sources éparses et notations fragmentaires, ce n’est Charles Seignobos qui nous contre dira… Père de la méthodologie historiographique.
Charles Seignobos
Le boutiquier n’a guère été analysé que comme élément de la classe moyenne ou symbole archaïque du refus supposé de la modernité. Compter les boutiquiers et mesurer les évolutions du siècle reste malaisé, faute de définition précise. Le petit commerce se confond-t-il avec l’artisanat?
Des magasins cathédrales aux Épiceries Julhès 
Acheter, consommer n’a jamais été aussi simple qu’une partie de plaisir. Ces dernières années, nous nous sommes familiarisés avec le concept : « de l’expérience de marque », mais au delà de cela, il y a plus d’un siècle, les détaillants avaient compris qu’ils devaient  « faire du shopping », une véritable aventure.
La fin du XVIII’s voit un développement rapide du volume de la variété et la qualité des marchandises,  ce phénomène étant devenu si important d’une telle nouveauté, qu’il en a suscité la description et l’inventaire. Cette croissance de l’offre peut-être attribuée principalement à deux facteurs.
D’une part à la reconversion de tous les professionnels de bouche venus des grandes maisons de l’aristocratie, ce qui multiplie le nombre de commerces, d’artisans talentueux exerçant au profit du grand public consommateur. Et d’autre part, à la circulation nouvelle de nombreux produits arrivant sur la capitale.
 
Car la France s’est dotée peu avant la Révolution du meilleur réseau routier d’Europe, ce qui a singulièrement raccourci les temps de transports, logistique: 5 jours de Strasbourg à Paris en 1789 contre 11 en 1765, 3 jours contre 8 pour Poitiers , 2 contre 5 jours pour Caen… 
 
Ces travaux de voiries permettent une nouvelle spécialisation des productions agricoles qui trouvent à s’écouler dans les villes et suscitent un accroissement de la production de spécialités régionales qualitatives.Préfigurant le grand inventaire de Grimod de la Ryenière : l’Almanach du comestible détaille déjà le marché impressionnant que l’on pouvait effectuer à Paris à la fin de l’AR: moutons délicats frais originaires des Ardennes, pâtés de canard ou deux poulardes…
Sous l’Empire, Paris est déjà le plus beau et le plus grand marché alimentaire d’Europe, attendant devenir ce Ventre de Zola nourri par le chemin de fer qui contribuera tant à la richesse des campagnes après 1850. Ce mouvement provoque un changement profond qui affecte tout l’espace culinaire annonçant la fin les futurs développement industriels.
Le mot gastronomie (en grec: législation de l’estomac) a été réhabilitée en 1801 par Joseph Berchoux, un magistrat gourmand qui tira ainsi un poème de mille vers à la gloire de la bonne chère. Ce plaisir assez répandu dans tous les milieux français se pratique aussi bien chez soi qu’au restaurant. Les premiers restaurants s’ouvrent à Paris à la fin du règne de Louis XVI, mariant inventivité de la haut cuisine de cour au chic des tavernes anglaises
La gastronomie promue par Grimod de La Reynière prend donc acte de cette extension en abritant sous son aile non seulement la cuisine des cuisiniers-restaurateurs, mais les produits de qualités venus de l’agriculture en plus de ceux confectionnés par les artisans ou vendues chez les traiteurs.C’est véritablement la naissance symbolique d’un secteur agro-alimentaire qui associe filières locales au sein d’un ensemble , valorisant les appellations, marques commerciales.
Alexandre, Balthazar, Laurent Grimod de la Reynière
La demande des nouveaux consommateurs intègrent bien, dès le débuts du XIX’s, les nouvelles notions relatives aux  » bien manger », y compris au restaurant. Dans les menus de cour, l’origine et la qualité des produits n’apparaissent pas, car il allait de soi qu’on utilisait les meilleures matières premières. L’ouverture de cette cuisine vers le public du restaurant qui commande ses plats à la carte, change la perspective des appellations indiquant l’origine du produit ou fournisseur, car le client se statue roi, motivé par les qualités techniques des cuisiniers de l’établissement mais être assuré de la valeur et du prestige des aliments utilisés.
La révolution et la montée de la bourgeoisie d’affaires au XIX’s en ont fait des temples du raffinement en matière de cuisine , de vins d’élégance du décor, de la tenue, de l’art de converser ce qui se nommera plus tardivement le » life french style ». L’apparition puis la montée en puissance des boutiquiers épiciers trouve son origine dans la libération, démocratisation de la  » haute cuisine », la ménagère pour se fournir en matières premières doit rendre visite à son  » petit épicier » of course… Au même titre que la reprise des bas de soie par sa  » petite couturière »…
Debussy Seong-Jin Cho Children’s Corner
Jusqu’aux années 30’s, les grands restaurants se sont concentrés au cœur des métropoles Paris en particulier. Du Palais-Royal où il est né, le phénomène a gagné dans le courant du XIX’s les Grands-Boulevard avant de conquérir tout le  » Triangle d’Or » de l’Ouest parisien. De bonnes maisons ouvrent mais la géographie de celles-ci coïncident surtout avec l’apparition de grands hôtels situés dans les lieux de villégiature de la Côte d’Azur, auxquels il faut ajouter les paquebots transatlantiques. Les riches touristes émerveillés participent au rayonnement gastronomique et international de la haute-cuisine française. Le phénomène perdure depuis le XVIII’s et ne cesse de s’amplifier au XXI’s.
 
Le French life Style devient synonyme de jouissance sexuelle
Le consommateur homme jouit tant gustativement que  son épouse dans son revêtement: dans son roman Au bonheur des dames , Zola présente une version légèrement romancée du Bon Marché à Paris, qu’il décrit comme étant un temple du consumérisme. Octave Mouret, le directeur malicieux du grand magasin, place sans hésitation le shopping sur le même pied que la luxure.
Émile Zola
La vision des femmes cherchant à accéder à tout prix les nouvelles soies le laisse pantois:  » des femmes, pâles de désirs, se penchaient comme pour se voir. Toutes en face de cette cataracte lâchée , restaient debout avec la peur sourde d’être prise dans le débordement d’un pareil luxe et avec l’irrésistible envie de s’y jeter , s’y perdre ».
Dans une autre scène , il attrape un de ses vendeurs en train de disposer des échantillons de soie dans un dégradé harmonieux de couleurs , le bleu à côté du gris. Mouret se précipite sur l’homme en l’exhortant de les éblouir de rouge, vert et jaune. Zola décrit son héros comme étant le meilleur étalagiste du tout Paris un artiste en somme. Nous sommes en 1888.
Beaucoup de premiers grands magasins sont toujours présents à l’heure actuelle. Le Bon Marché qui a ouvert ses portes en 1853 est généralement considéré comme ayant le été le premier à Paris. Son propriétaire, Aristide Boucicaut ( qui a servi de source d’inspiration pour le personnage principal de Zola) était à l’origine un pionner de la vente de détails et un visionnaire du marketing.
Le Bon Marché
D’ailleurs à l’époque dans les  » transistors » se jouaient entre autres Alfred Bruneau grand ami compositeur de Zola:
Au début du XIX’s, les commerçants français étaient encore enfermés dans un système médiéval. Sur le plan historique, l’accès aux échanges et aux métiers du commerce avait été régulé par un système de confrérie, proches par l’organisation de leur défense, des syndicats aujourd’hui.
Berlioz : La damnation de Faust dirigée par Von Karajan
Les commerçants devaient se spécialiser dans un produit ou un service, ne pouvant pas légalement étendre leurs activités au-delà de leurs périmètres. Les commerces se transmettaient d’une génération à une autre. Les clients ne s’achalandaient pas en dehors de leurs quartiers. Les prix n’étaient pas non plus affichés et le marchandage était de mise:  « Cessez donc de faire votre Baron! « ,  pouvait-on entendre! Cela signifiait que la publicité ou réclame n’était pas d’une grande nécessité, car « faire son baron » équivaut au verbe marchander conséquemment les vitrines ou autres formes de merchandising n’avaient pas d’impact.
Le système a été abandonné en 1790 mais pendant plus de trente ans, les commerçants sont restés obstinément attachés à la structure traditionnelle. Ce n’est qu’après 1820 qu’un nouveau genre de boutiques, appelé « magasins des nouveautés » fait son apparition. En regroupant vestimentaires, accessoires, victuailles, denrées, ces petits magasins ont développé des techniques révolutionnaires comme le montre les vitrines attrayantes au regard des clients, avec un affichage clair des prix ou encore en répartissant la marchandise dans différentes allées. C’est dans l’un de ces magasins qu’il débute sa carrière en 1830.
Liszt : La campanella  par Lang Lang
Vers 1850 Boucicaut ayant investi dans ce magasin toujours appelé aujourd’hui : le Bon Marché; grâce aux innovations de celui-ci notamment en termes de remises et de la rotation rapide des stocks, en quelques années ses bénéfices passèrent de 450 000 francs à plus de 7%.
Aristide Boucicaut
Station de métro Boucicaut Paris
La boutique se distingue mal de l’échoppe jusqu’aux années 50’s rare les sont les boutiquiers dont l’activité était consacrée à la vente. Un très grand nombre de produits étaient conditionnés dans la boutique: les bidons de lait , les sacs de légumes secs et les grands vases de bonbons encombraient jadis les épiceries.
La démarcation entre commerce et artisanat est donc loin d’être permissive.Dans le monde du commerce faut- il classer dans la même catégorie le camelot et le propriétaire boutiquier des murs et fond de sa boutique exhibant ses vitrines éclairées sur la grande place tout en déléguant à des commis? Le patron et unique épicier de village est-il similaire au propriétaire de la boutique de luxe de la grande ville appartiennent-ils à la même catégorie?
Les frontières sont poreuses entre propriétaire, succursale et/ou -être salarié d’une société qui la constituer avec quelques membres de sa famille ou de tiers, d’autant plus difficiles à délimiter que le boutiquier même modeste peut jouir de détenir une succursale ou être franchisé.
Le boutiquier exerce une activité visible, il fabrique ou conditionne parfois ce qu’il vend, il propose des marchandise ou des services. Seul dans sa boutique, aidé de sa famille ou de quelques salariés, il travaille lui-même, est en contact avec ses clients et reste quel que soit son statut, maître des décisions relatifs à son commerce. La grande croissance de la boutique s’étend des premières années de la 3R aux années 30’s
Le doublement vraisemblable du nombre des boutiques ne correspond pas alors à une croissance démographique mais répond à de nouveaux besoins en pénétrant l’ensemble du territoire.
 
Puis les années 30’s aux années 50’s période charnière et difficile entre crise et restrictions, renforce le statut de boutiquier. La crise provoque des effets contradictoires: elle provoque des faillites mais entraîne aussi la multiplication de commerces qui permettent d’échapper au chômage. Ensuite, l’inflation est favorable aux vendeurs, suscite aussi la création de nouveaux commerces. Il semble que le milieu des années 50’s soit le moment des plus hautes-eaux. 
 
En aval, la décroissance est rapide dès la fin des années 50’s : les gros bataillons sont attaqués par les grandes surfaces surface super et hypermarchés. En 30 ans des années 60’s aux années 90’s , le nombre de boutique est divisé par deux. Les boutiquiers disparaissent « à coup de hache »: 1996 compte 372 000 entreprises individuelles ( sources INSEE).
La boutique comme acteur face à son renouvellement dans ses territorialités 
La multiplication des boutiquiers s’explique naturellement par accroissement des échanges et de la consommation mais aussi par la permanence d’une importance population rurale. La boutique n’est donc l’apanage de la ville, l’expansion en réponse à de nouveaux besoins par irrigation de l’ensemble territoriale.
À l’inverse des autres CSP, le boutiquier constitue le tissu même des bourgs ruraux, animent les rues de la ville. Ils répondent avec souplesse aux besoins des populations, ils s’installent à proximité du coron dans les mines.
Dès la la fin du XIX’s, les commerces se multiplient dans les communes de la couronne parisienne, ainsi au temps de son triomphe; le boutiquier répond davantage à une logique de territoire qu’il ne représente une CSP.
Saint-Saëns : Danse Macabre
Autrement dit, il est plus proche du monde ouvrier dans les corons, banlieues qu’il appartient à une prétendue classe moyenne. À la campagne comme dans les territoires de l’industrie , le boutiquier vient du milieu dont il est issu. Les revenus ne sont guère plus élevées que ceux des paysans et ouvriers qu’il côtoie. Il s’intègre au réseau d’échanges et de sociabilité dans le monde rural …
La situation est différentes dans les villes: la diversité des boutiques plus grandes, le commerçant s’adresse à une clientèle géographiquement plus étendue et naturellement diverse. Il peut alors devenir notable figurer au Conseil Municipal, participer au comité des fêtes. Sa boutique est l’étape obligées des candidats aux différentes élections. Des romans de Siménon aux photos de Robert Doisneau, la réalité des années 30’s à 60’s incarnées par des bistrots, asiles des paumés, devenus au fil du temps observatoire du quartier, le boutiquier le vit et le créer.
Photographie Robert Doisneau
Photographie Robert Doisneau
Photographie Robert Doisneau
Roman de Georges Siménon
La crise de la boutique à partir des années 60’s répond à la crises des territoires tels qu’ils étaient alors habités et vécus. L’ insertion rurale , la généralisation économique, la vulgarisation des loisirs de masse mais aussi une autre image de la modernité expliquent la grande déclin des boutiquiers, la fin des paysans sonne le glas et fin des territoriales traditionnelles.
Il peine à retrouver d’autres logiques ; l’échec quasi dans les galeries marchandes. Le boutiquier étranger au territoire devient la première victime des violences urbaines. Il était protégé, il est désormais rejeté comme un corps étranger.
Dans le même temps, la surface, l’agencement de la boutique évolue en se séparant de l’espace de la vie famille qui souvent vivait dans l’arrière boutique. La vie privée du boutiquier n’est plus mêlée à son activité professionnelle, son travail dorénavant moins lié à la cellule famille, se banalise.
Cependant, la rénovation systématique des vieux centres urbains depuis les années 80’s maintient les anciennes boutiques et en suscite de nouvelles. La boutique naît parfois des besoins d’une communauté: exemple les coiffeurs spécialisés afro ou encore exemple du 12 ème arrondissement la rue Montgallet dédiée à l’informatique.
rue Montgallet Paris XII
Le boutiquier, commerçant entre bourgeoisie et peuple: une nouvelle quête d’identité
Pendant la première moité du XX’s  le boutiquier des bourgs ruraux et des territoires populaires des villes représente la possibilité de promotion sociales, d’accession au petit patrimoine. Une société qui a longtemps refusé l’usine et/ou le syndicalisme, considère le salariat comme synonyme d’esclavage, la boutiqueconcilie notabilité et liberté,indépendance acquises par le travail, il demeure cependant exceptionnel que cet itinéraire social représente les débuts d’une importante ascension sociale.
Excepté Cognacq qui a certes vendu des chaussettes dans un parapluie sur le Pont-Neuf avant d’être le patron de la Samaritaine, mais l’exemple ne peut être généralisé.
Photographie d’ Edouard Boubat : le Pont-Neuf
La boutique reste lieu de passages et les boutiquiers pour la plupart d’entre-eux rejoignent les nouvelles classes moyennes salariées.
Dans les petites villes, les boutiquiers c’est à dire la bourgeoisie sont parfois admis au Conseil Municipal cependant il est bien rare qu’ils pénètrent dans les cercles que fréquentent les professions libérales , les propriétaire , les grossistes et les fonctionnaires d’autorité.
Pour la bourgeoisie française, il appartient à un monde qui n’est pas éloignés du monde des domestiques. Ainsi l’univers social et mental du boutiquier est celui de l’entre-deux: souvent sorti du peuple , il n’a pas pour autant gagné les cercles des élites.
Dans la seconde moitié du XX’s, les signes s’inversent. Ce n’est plus tant le petit patrimoine qui donne indépendante et réussite mais le salaire et la protection sociale.Les voies traditionnelles du patrimoine n’ont pas disparu.
Les ouvriers boulangers réussirent encore à s’installer à leur compte, mais la diversité des trajectoires est beaucoup plus grande, il n’est pas exceptionnel que des cadres avec leurs indemnités salariales tentent l’aventure de la boutique mais cela reflète alors les origines socio-culturelle du boutiquier.
Un cadre ouvrira plus volontiers une cave à manger, un magasin d’antiquités ou de brocante,  une librairie à la place d’une » magasin » dédié à l’informatique ou épicerie de quartier, le boutiquier a perdu cette place dans l’entre-guerre qu’il occupa longtemps. Plus ou moins enraciné, fidèle à ses origines, il n’incarne plus que cette image française de la menue notabilité, son effacement signe la disparition d’une force de sociabilité des bourgs et quartiers.
 
 
Galerie Xavier Ecckout Paris VI
Galerie Franck Baulme Paris VII

 

Galerie Alain Bovis Carré Rive Gauche Paris VII
Toutes les boutiques Julhès,  points de vente ne sont rien d’autres que des parcs à thèmes au profit d’un certain esthétique du goût et autres marques: Julhès Épiceries, D2P ainsi que les produits premium commercialisés.
Le packaging, l’étalage, les produits, le sourire (ou l’absence de ce dernier des vendeuses), le style de la décoration…dessinent tous les contours de la marque. Mais l’expression la plus significative de leur réussite se retrouve dans la boutique exprime parfaitement son image rustique/ bobo. Les emplacements sectoriels sont calculés, représentatifs et situés à proximité de leurs clientèles. Être reconnu et « taper un brin de causette » avec Madame Julhès ou l’un de ses fils est peut-être la manifestation la plus significative de la fidélité à la marque, maison.
Talk en musique!
Nous pouvons supposer cependant que beaucoup de clients se détournent des lieux de shopping qui ne propose qu’une seule marque au profit d’enseignes telles que les Épiceries Julhès.
Si les produits expriment une identité alors les clients ont besoin d’une variété de marques pour se décider tels des mixtes d’influences ou samples (pas d’échantillons de spi mais des samples musicaux) que jouent les DJ jusqu’à ce qu’ils transforment leur sélection en création qui leur est propre.
Ces clients-là veulent des articles de haute-qualité, ce qu’un grand magasin ne peut leur apporter, cela explique l’engouement pour les Épiceries Julhès qui pré-sélectionnent au sein des différentes marques des produits choisi pour eux, comme Colette (fermée définitivement, exposant commercialisant d’antan des produits à exemplaire limité).
Le concept ancien de bazar ou simplement de marché, travaille l’imagination, les marques emblématiques créent et occasionnellement réécrivent leur propre exemple type: Chanel pour qui Gabrielle éprouvait une aversion à la fin de sa vie, grimer son nom, sa marque. Celle-ci détestait pourtant les bijoux, en dépit de cela: Chanel produit des sautoirs emblématiques à son « effigie ».
Gabrielle Chanel
Sautoir Chanel
Peu de personnes peuvent créer un mythe en partant de zéro. Cela explique pour quelle raison que de nombreux entrepreneurs ont choisi d’acheter des histoires existantes exemple: (toiletter leurs marques d’une identité prégnante Gérard Darel et le collier  » diadème » de Jackie K, ce qui n’est pas le cas avec les Julhès.
Jackie Kennedy

Collier Gérard Darel
Que les magasin ressemblent à des fabriques, des galeries d’art ou encore à des palaces, les boutiquiers, les marques sont obligés d’en faire plus pour éveiller l’attention des clients. L’époque est au mélange, à l’expérience et à la personnalisation sans omettre les achats on-line. Les acheteurs n’apprécient pas de demeurer longtemps dans une case si superbe soit-elle.
L’adoration d’une marque sans grande originalité est révolue. Chacun à sa façon est devenu expert en marketing, nous sommes également notre propre styliste. Si les clients invités à jouer un rôle dans l’histoire d’une marque, que se passerait-il, lorsqu’ils la corrompent?
Rien tout bonnement, hormis asseoir leur hégémonie, l’histoire nous apprend que les clients ont la détestable habitude de rejeter des stratégies marketing soigneusement élaborées. Les marques/ enseignes sont donc à la merci des bons vouloir et autres volontés de ces derniers.
Chic bon et pas trop cher: le prix médian pour le consommateur middl-class
 
Les marques haut de gamme ont peut-être commencé par cibler les consommateurs de masse mais la tendance que l’on désigne comme  » luxe de masse » trouve leurs origines surtout dans des chaînes qui sont redoré leur image au fil du temps, ici dans ce cas de figure : les 8 points de ventes Julhès.
Avec un environnement agréable pour faire ses emplettes, une mise en rayon créative, une façon d’acheter affûtée mixé à une conception de découvertes pointues gustatives, peuvent capter des clients pour justifier leurs prix. Leur arme? Le Mastige ( contraction des mots masse et prestige) qui n’a rien de si secret .
Triomphante dans la première moitié du XX’s,la boutique accompagne la croissance de la consommation, elle témoigne aussi de la fluidité des structures sociales.Propriétaire de sa boutique ou tout du moins de son fond de commerce, le commerçant touche au patrimoine , mais ce dernier n’est pas une rente, le commerçant travaille. Il incarne au centre de la société, la petite notabilité accessible par l’effort et le goût du travail.
Le mot boutique jouit d’un connotation positive sous Gambetta dans les années 1870 , il enrôle le statut de boutiquier dans parmi les couches nouvelles, sur lesquels la 3R s’appuie. Puis les signes s’inversent dans la seconde moitié du XX’s : la boutique structurait les quartiers inséparables de la rue, n’avait pas sa place au sein des grands ensembles.
Le commerçant offrait un service de proximité, la diffusion de l’automobile le rend moins indispensable exemple Drive Mac Do. Il apparaît alors comme un intermédiaire inutile, un parasite. La boutique aux horizons étroits devient le symbole malthusianisme français.
La grande croissance de l’après-guerre s’incarne dans l’ascension sociale qui s’effectue par l’école produisant de nouvelles classes moyennes. Ces dernières rendent obsolète un modèle fondé sur l’indépendance et la possession d’un patrimoine. Le mot perd progressivement ses connotations négatives mais le boutiquier ne tient plus la place qui était la sienne jadis visible, adoubée par la société française.
 
NJ le chasseur de tendance sensoriel: gustatif, sensoriel, vestimentaire.
NJ  adoubé de son énergie sans bornes et son esprit inventif ont toujours séduit les médias et le public de la même manière. La presse l’a simplement nommé…Mais les Julhès sont aussi des auvergnates dans les affaires, ils ont créer des marques : parfums, spiritueux, épiceries, et bougies.
Tous les créateurs qui réussissent qu’il s’agisse d’une idole comme Jay-Z ou Beyoncé ou que les Julhès,  tous savent très bien qu’ils dirigent des entreprises.
NJ le dirigeant principal et le plus connu du clan  connait les succès en adoptant des astucieuses marketing. Plus encore, il a utilisé son charme naturel et sa capacité à séduire des fans, des clients assidus.
En effet, il s’intéresse aux individus de la société par sa recherche constante auprès de son public, et des leaders d’opinions (lui même l’étant), il imagine de futurs scénarios, anticipe la réaction qu’auront les consommateurs:  produits, services dont ils pourraient avoir besoin dans ses élucubrations.
De même en devenant des atouts publics le  » look  » la jeunesse, la forme et la ligne impliquent un travail quotidien sur le corps pour le préserver , le réparer et l’embellir.
London Grammar :Wasting my young years
Paradoxalement, les seules personnes en contact avec les dernières tendances sont celles qui les créer notamment dans la rue, sur le terrain. Nous comprenons mieux le succès du clan Julhès au contact H24 de la population, clientèle. Les consommateurs eux-mêmes sont plus iconoclastes, curieux, inventifs que n’importe quel Designer affichant un mot de passe ADVISORY PARENTAL et un tas de rapports sur les tendances à la Nelly Rodier.
Cahiers de tendances
Sean Connery, Steve Mc Queen, Cary Grant Humphrey Bogard, et même un soupçon de et du jeune Brando. Sinatra jeune lorsqu’il enregistrait pour Capitol. Al Pacino dans Scarface. Les héros Tarantinesques voilà le type d’hommes auxquels nous aimerions ressembler… Voir pour certains à NJ… Mais oui…
Sean Connery
Sean Connery
Gary Grant
Steeve Mc Queen
Marlon Brando
Humphrey Bogart
Franck Sinatra
Al Pacino
Nicolas Julhès
À défaut d’avoir leur look et leur charisme, les hommes s’ inspirent de leur style, vêtements. Ce qui explique pourquoi la mode masculine reste plutôt classique. La plupart d’entre eux se moquent bien de jouer les portes catwalk, car  ces derniers préférons ressembler de près comme loin à leurs idoles.
Les choses évoluent lentement sur le plan microéconomique. Les hommes se soucient d’avantage de leur apparence aujourd’hui. Ils s’intéressent à la coupe, couleurs de leurs vêtements. Ils pratiquent un ou plusieurs sports, consomment du déodorant, du gel pour les cheveux, se crèment! Nous pouvons même les voir s’offrir une virée shopping seuls. Cela peut sembler risible mais ce phénomène est récent.
NJ le dirigeant emblématique des épiceries Julhès un Rastignac très Gentlemen’s Quaterly
Les hommes sont certainement des clients moins sophistiqués que la gente féminine. Lorsque vous examinez l’industrie vestimentaire pour homme en Angleterre (célèbre quartier Savile Row), elle n’existe que depuis vingt-ans.
La mode fait partie de l’univers de NJ tout comme les voitures, la nourriture, les voyages… Il est l’un des rares Male Alpha à qui l’on peut demander davantage d’exemples: conseils pour un après-rasage ou autre déodorant. Les clients des Épiceries J et / ou de la D2P sont probablement plus intéressés par la mode que ceux de n’importe quelles autres catégories CSP.
Les lecteurs de GQ achètent un certain univers tout comme les femmes abonnées au Vogue magazine.Le life style enrobe voitures, nourriture, voyage. Les hommes n’achètent pas la mode mais les vêtements et des spiritueux!
En effet, il est ardu de se renouveler tous les six mois dans la mode masculine. Les lecteurs de QG sont probablement plus intéressés par la mode que n’importe quel autre magazine pour hommes mais d’une manière générale, ces derniers ne sont pas aussi addicts que nous les femmes par la mode tendancielles.
                                                   
Paradoxalement, cela ouvre des opportunités pour les marques vestimentaires qui sont en capacité de décrocher des clients très dépendants si ce n’est fidèles. Les hommes portent une attention à leur statut,  apprécient d’être sûrs d’eux au travers des remarques de leurs proches. Cela explique le succès continu d’Armani et Paul Smith ou d’Hedi Slimane auparavant chez Dior Homme/ considérés comme Panthéon des créateurs adoptés par le métrosexuel.
NJ s’arme d’un costume Dior ou Armani lors de ses interventions publiques que ce soit sur la chaîne de LMDW ou durant le Whisky Live… preuves:
                               
Avec ses costumes noirs brillants, ajustés épousant le corps telle une armure, le rigoureux Slimane s’identifiait tel le Yang de l’autre superstar Yin de Dior / Galliano. Le svelt créateur féru de musique Punk peut revendiquer avec raison : son apport artistique, sa vison minimaliste du costard, les hommes sont devenu plus élégants si ce n’est branchés aux allures, silhouettes plus toniques.
Il y a comme le stipulait Matthieu Pigasse banquier d’affaires ex CEO de Lazard Europe : « Mon ami Hedi Slimane a révolutionné mon rapport au corps, ce dernier m’est moins pénible lorsque je regarde le miroir depuis que je m’ habille en Dior, lorsque je revêtis ma casquette de banquier. Je considère ses tenues comme des instrument de travail, il y a presque une discipline militaire dans les costumes d’Hedi. Ils sont conçus de telle façon qu’il vous est impossible de vous effondrer lorsque vous les portez. Vous devez vous tenir droit sinon, ils tombent mal ».
Matthieu Pigasse
La rumeur veut que Karl L un autre admirateur du créateur s’est retrouvé embarqué dans son fameux régime non seulement pour les bienfaits sur la santé, mais aussi pour pouvoir porter les costumes cintrés de Slimane. 

Hedi a insufflé un liseron de sensualité au métallique et au graphique , il n ‘y a rien d’arrondi ou de souple dans ses créations. C’est un contraste avec la séduction absolue que Galliano offre aux femmes. Une femme Dior ne pourrait jamais vivre avec un homme Dior…

Même si il est aisé de représenter les hommes assimilables à un groupe de ploucs jurant étroitement que le changement de chaussettes s’auto-suffit pour se parer, il y a toujours eu des tendances sartoriales  ainsi que des gens pour y souscrire.

La silhouette du costume actuelle remonte au XIX’s lorsque les gens de la bonne société en Angleterre étaient des propriétaires terriens qui passaient une grande partie de leur temps en extérieur.

Le style anglo-saxon, pratique, sobre était inspiré des tenues d’équitation. La simplicité était à l’ordre du jour, l’ostentation était mal considérée voire tout simplement suspecte. Les vêtements pour hommes de la fin du XIX’s et du début du XX’s respiraient le flegme britannique. Pour austère qu’il fût ce style s’est imposé comme le standard de l’homme occidental, permettant à l’Angleterre de dominer le secteur du textile.

Les entreprises telles que Tom Joules, Brook Brothers et El Ganso ont parfaitement saisi le style, l’allure ainsi que l’héritage stylistique dont elles se revendiquent. La tenue vestimentaire transmet des messages et/ ou codifie l’héritage, environnement.

De plus, l’apogée du rasoir électrique inventé en 1928, davantage d’hommes se défont de la moustache, barbe. Le modèle de l’homme au XX’s était né: glabre et à l’aise en toutes circonstances.

Hedi Slimane et Karl L
Les Inconnus : le défilé
Les canons de beauté sont mouvants mais à partir des années 1870, l’exigence de minceur surgit avant de s’imposer à tous. Dès 1900, la jeunesse devient un idéal pour tous, la lutte contre le vieillissement rejoint le combat de l’embonpoint point; La tolérance envers le corps malade et vieilli diminue car son image contredit l’idéal de bonheur hédoniste.
En définitive, le XX’s a bien vu la libération du corps sensitif, mais les modèles esthétiques, sociaux, sociétaux sont plus pesant que jamais. Il s’agit aussi d’afficher les signes distinctifs de la jeunesse, ce qui explique le recours à des attributs symboliques ou à des modes de consommations spécifiques.
C’est la fonction du vêtement et/ ou des accessoires par exemple des cyclomoteurs mais aussi des codes linguistiques: ex NJ …en usage de groupes. C’est également , celle du  » territoire » espace de sociabilité d’autant plus investit, revendiqué qu’il est par ailleurs fortement stigmatisés  Les Bobo participent donc à une même culture, fondée sur une vison hédonisme, ludique des rapports sociaux dont en témoignent les achats.
                              
                                       
Lili Allen : Smile
Au XIX’s début du XX’s l’épicier boutiquier ressemblait à :
Version XXI’s :
Nous écoutions Debussy, Berlioz… Maintenant nous entendons en particulier sur la playlist de NJ :
Steve Aoki remixe Thriller de M. Jackson (pas le critique de whisky hein)
Épicier, distillateur, parfumeur, chef d’entreprise…L’ascenseur républicain n’est pas tombé en désuétude. N’étant pas une habituée des Épiceries Julhès, ni fan des produits de la D2P, et encore moins de l’esthétique gustatif de NJ, rendons à César ce qui est César… la gentrification d’une partie du 10ème arrondissement, la création d’emploi, la contribution du clan Julhès à la croissance française ainsi que le rayonnement parisien sur la scène internationale, les valeurs travail, collectif, et France ne sont pas à négliger ni à démentir. Comme en témoigne l’installation en filigrane dans le paysage parisien de la maison Plisson, celle-ci en effet, s’inscrit la même verve que celle du Clan Julhès.
Vive le clan Julhès, vive la France qui se lève tôt! La France qu’on aime!
La messe est dite.
Sources:
https://www.puf.com/content/G%C3%A9opolitique_du_go%C3%BBt La géopolitique du goût de Christian Boudan
Un article « découverte » pour les lecteurs qui souhaitent approfondir le sujet https://www.forumopera.com/actu/alfred-bruneau-la-fin-dun-demi-siecle-doubli
Zola et son amour pour Wagner : l’influence Wagnerienne sur l’oeuvre de ce premier.
Pour ceux qui s’intéresse à la France au XIX’s en particulier les thématiques de mobilité, progrès, à l’art et la culture: les articles d’Isabelle Rabault- Mazieres https://www.cairn.info/publications-de-Isabelle-Rabault-Mazi%C3%A8res–31602.htm
#Épiceries Julhès
AP
Meredith Brooks: I’m Bitch