Whisky Moutard: « Qualité et modestie » Champagne/Bourgogne

MOUTARD, Alexandre

     

Avis aux lecteurs: le live est la ligne éditoriale, pas de retouche syntaxique, ni grammatical.  

FM : François Moutard 
AM : Alexandre Moutard 
BM : Benoît Moutard

                                                      Une journée chez les Moutard

Lors de ma visite en juin 2020 AM recevait les douaniers autant dire toute la journée… C’est FM qui me reçoit. 2 jours plus tard, je passe un appel à AM, car je ne l’avais que très peu entendu (excepté au moment de la dégustation) 
 
Hier, Fabio un ami,  me dit au sujet de mon blog « autant clarifier les choses, c’est un blog élitiste». 
Philippe Gosmand fondateur de Rare and Collectors Whisky Club qui lui aussi est passé ce matin à la casserole m’indique ceci : « En fait ce n’est pas pour le grand public ? » 
Non, c’est un blog qui se veut accessible, à tous justement, je veux que le grand public fasse connaissance avec les personnalités qui se cachent derrière les étiquettes. J’ai oui envie de démocratiser ces individus que l’on pense souvent à tort arrogants. Ils répondent souvent aux mêmes questions sur leurs produits… 
Mais personne ne leur demande ce qu’ils sont au delà du produit, de leur société. 
Là, on passe une journée chez les Moutard, on squatte chez les Moutard. 
C’est une partie tout de même de la France les Moutard au même titre que les Giraud, ou Drouin Calvados… 
Famille Moutard fera l’objet de 2 autres articles dont l’un sur l’histoire de leur région initiale la Champagne et lignée. Le second portera sur mes 3 produits favoris chez eux : Bulle de Paradis et la Roof et Der actuellement en pré-vente dont les sorties officielles auront lieu en juillet 2022.
Installés dans l’Aube deppuis le XVII’s, les aieux Moutard ont planté leurs premiers ceps de vigne sur les coteaux de Buxeuil en 1642 soit 12 ans avant que le Champagne ne fasse son appartition à la Cour de Louis XIV, la vigne existe à Buxeuil depuis le XII’s.
Cette famille de vignerons-laboureurs a laissé un héritage qui sera perpétué durant trois siècles par ces héritiers. Riche de son passé, famille Moutard a conservé une personnalité atypique, indépéndante des tendances éphèmères, enrichie d’encépagements uniques.
Que dire de l’esprit Moutard ? 
Car oui, il y a bien un esprit Moutard. Je le définirai comme libre avec une référence à Victor Hugo dont FM se sent proche. Libre, parce que FM et AM n’ont peur de rien, il suffit de les entendre, lire tout y est. Généreux fallait voir mes bras chargés en allant dropper mes échantillons à la Poste ! La Poste beaunoise a halluciné! 
Pour avoir traîné « mes pattes de minette » dans de nombreux chais, il y a tout de même pas mal de « secrets » relatifs à la fabrication, production c’est ce que soulignait Simon Lecomte de la brasserie Ammonite. Et bien, surprise non seulement FM n’a peur de rien en m’avouant des trucs inavouables qui sont publiés ici (que j’aurais « vomi » moi-même only sous torture), il assume en plus en se tapant une barre de rires ! 
Quant à AM son fils, lui ne voit aucun inconvénient à partager publiquement le nom de ses fournisseurs de matières premières ! Il m’y a même encouragé ! Je n’en reviens toujours pas, on croit rêver ! Enfin des gens sympas, généreux de tout ! D’ailleurs ça ne m’étonne pas Emile & Marguerite caviste bordelais (qui sont passés au grill hein aussi article en attente), voient régulièrement les frères Moutard et font la tournée des bars… 
Qui ne se prennent jamais au sérieux ! 

Comment ai-je connu les Moutard ? 
Et bien, grâce à Philippe Gossman le fondateur  de Rare and Collectors Whisky Club, qui avait organisé une soirée dégustation Whisky Dumangin, je manque la soirée… J’appelle du coup Gilles Dumagin qui m’évoque les Moutard… 

Me voilà en route 
Allô ? Devil dies for French Spirits. Je suis un peu angoissée ce n’est que mon 2nd entretien avec un producteur d’alcool. La veille, j’étais au domaine Michel Guillemot en compagnie de Gautier Roussille le co-gérant. Je descends donc à Tonnerre, c’est FM qui me droppe. Il faut l’avouer, j’ai rarement autant ri enfin vu que je n’en suis qu’à ma 2nd interview… 
FM, c’est un sacré personnage, il a de l’humour et une vraie philosophie de vie, beaucoup de recul, une clairvoyance rare. Sans compter ses connaissances en géographie, histoire de la région et de cette culture paysanne. 
Patronyme des Moutard  
Nous sommes présents depuis 1850 et nourris par cette culture paysanne. 
Famille Moutard fera l’objet d’un autre article mais dédié à la Champagne ainsi qu’à leur lignée. Je suis passionnée d’histoire, de contes oraux, c’est une manière aussi pour moi d’assimiler le patrimoine de France. 
Comment avez-vous été accueillis en Bourgogne ? 
En 2004, il y avait un changement intergénérationnel, les jeunes étaient essoufflés financièrement, nous avons été bien accueillis et pour cause, nous avons insufflé un renouveau dans la région, les voisins n’étaient pas peu fiers. Cela permet une autre valorisation foncière … Nous nous sommes rapprochés du Tonnerois, le terroir de Bourgogne limitrophe de l’Aube  et à seulement quelques Km de Buxeuil. Tout comme le chablisien , ce terroir est implanté sur la même strate géologique que la Côte-des-Bar. 
Un 2nd souffle à la région. On a recréé un élan, des tas de gens sont venus investir en se disant : « Mais pourquoi lui ? C’est que ça doit être intéressant ». Le prix du foncier a tripler et la région a bien été relancée via notamment les crémants qui ne jouissent pas forcément d’une bonne réputation auprès des consommateurs. On embouteille à Chablis nos vins bourguignons parce qu’il faut respecter le cahier des charges des appellations. 
Molosme près de Chablis dans l’Yonne 
Le bâtiment dans son jus,  ça a du cachet, moi je l’aime bien dans son jus comme vous dites, mais bon il faut des normes de sécurité… Et j’espère qu’on pourra le garder tout du moins la façade qui est très jolie (l’intérieur oui il faut des travaux …), c’est un peu de notre histoire locale l’architecture, c’est bien pour cela qu’il ne faut pas la dénaturer. 


J’ai trouvé les Moutard courageux d’avoir pris des risques en s’installant en Bourgogne, ce n’était pas simple de relevé le défi. Nous bitchons sur … et sur… Bref du OFF. 
Nous faisons partie des familles de libres-penseurs de 1850, quand on regarde Victor Hugo, il était libre penseur, c’est à dire athée et libre de penser ce que bon lui semblait et de manière autonome. 
La messe est dite, FM n’est pas un refoulé, il n’a pas peur d’appeler un chat un chat… Là-dessus nous nous entendons. 
Si vous voulez connaître les sujets sur lesquels nous avons fait du OFF, passez voir les Moutard, croyez-moi ça en vaut le détour ! 
Terre de Vin
On les apprécie, bien ils sont drôles, ils aiment boire et manger, nous partageons des valeurs similaires  vivre, boire et manger bon. Ça se ressent sur leurs articles et photographies. 

Il dit vrai FM, lorsque je passe devant T2V je ne peux que saliver devant les couvertures de leurs numéros c’est le comble pour une végétalienne sans gluten

Votre parcours scolaire ? 
J’ai fait des études hyper poussées, j’ai BP vigne et vins en 1970 vinif !!! (Grosse barre de rires), j‘ai appris sur le tas dans une petite maison. 

Les vieux dossiers tous moisis sur les frères Moutard à consommer sans modération 
Mes 2 fils ? Ils ont 10 mois et demi d’écart. Ils ont étudié au lycée viticole de Beaune, ils n’étaient pas très doués pour les études, mais dites donc qu’est-ce-qu’ils m’en ont fait voir de toutes les couleurs ! D’ailleurs il faut que je vous raconte, là je ris mais je peux vous assurer que sur le coup je ne rigolais pas. 
Un jour le prof de maths m’appelle et me dit mais M. Moutard nous vous avons attendu !!!?? Ah ?? Bon !!??! J’arrive alors. En fait, je ne sais pas qui des deux a monté le coup. « Allo Papa, ne viens pas à Beaune, il neige, les routes sont barrées, tout est bloqué ! » Moi, comme un idiot, je me fiais à ce qu’il m’avait été dit…Mais finalement, je ne sais toujours pas qui m’a fait le coup, aucun des 2, ne veut lâcher le morceau comme on dit. 
La cinquième génération de Moutard 
AM est titulaire d’un BTS Beaune Viti, et puis il voulait enchainer avec la licence spiritueux à Cognac, mais il avait trop la bougeotte, alors il est parti 6 mois à HK chez un importateur et je peux vous dire qu’il était comme son père avec un mauvais anglais, il a appris je peux vous dire ! 
BM a loupé son bac pro à la Viti de Beaune, on l’a mis chez un restaurateur (il apprit  en 1 an et demi) à Londres pour parfaire son anglais, il s’est pris d’amitié pour le patron un chinois et il a bossé dur ! 
Mais ce n’était pas comme moi, ma génération on est des réfractaires à l’anglais. On ne peut pas tellement apprendre l’anglais oral en France tout est mis sur la grammaire, du coup mes 2 fils et bien sont allés sur place voilà. Ils n’étaient pas doués pour les cours à la Viti, certes mais j’ai appris qu’ils revendaient du champagne sous le manteau aux copains ! (Les douanes FM !) 
Encore une fois, sur le moment ce n’est pas drôle, parce que vous vous inquiétez en tant que parent…Vous savez les notes, l’école, vous angoissez parce que vous ne savez jamais finalement si vous avez engendré des enfants débrouillards ou pas, en particulier lorsqu’ils sont en période d’étude. 

L’anglais : l’outil redoutable pour tout viticulteur ! 
Moi, j’ai dû apprendre sur le tas et ce n’était pas simple,  sois je m’y mettais et développais l’affaire familiale ou bien la transmission n’était pas possible. Alors j’ai pris le taureau par les cornes. Cela m’a permis de voyager et encore à l’heure actuelle je voyage seul, maintenant lorsque je dois me rendre à Tokyo rencontrer mon importateur (on voit un chevreuil, passé, je lui rétorque qu’en IDF durant le confinement nous avons vu à Poissy des cerfs débarqués en ville !) et bien je parviens heureusement à me débrouiller seul avec l’anglais de l’aéroport à l’hôtel… 
L’anglais c’est tout de même une révolution comme internet. 

Les bouteilles mythiques 
À une époque j’achetais de l’Yquem la bouteille était à 150 euros, qu’est ce que c’était bon… La DRC, j’attends qu’on m’en offre à ce prix-là, Pétrus oui qu’est ce que c’est bon aussi … Ou là les prix ne sont plus ce qu’ils étaient. 
Là, cher lecteur tu as ici en photo d’un truc introuvable, qui n’est même pas commercialisé sur le site internet des Moutard! Le Pèt’Mout’! 
Il faut aussi faire le tour des distilleries Lehmann, Miclo (Oui FM je cours je vole pour booker un RDV). 

Achats et dégustation: conseil de FM 
C’est comme partout en Champagne, en Bourgogne, à Bordeaux, il faut toujours re-déguster le lendemain seul les échantillons, ne jamais acheter tout de suite dans le chai ou dans la cave, il y a une espèce d’euphorie. Les gens achètent sur le coup sans avoir laissé retomber l’ambiance « festive », je ne vous raconte pas certaines mauvaises surprises témoignages garantis d’acheteurs. 

Si ça puait : ne le mets pas dans ta bouche ! 
La dégustation, véritable conseil d’ami de FM (je confirme) lorsque l’on déguste,  cela doit durer 3 jours normalement.  Nous mettons des plaques de verre pour laisser reposer au moment des assemblages, parce que les alcools, les vins évoluent ! Et puis si déjà au nez ça ne le fait pas, et bien ne le mettez pas dans la bouche, le nez c’est un tri avant le palais ! (Parole de pro !!!). En dehors de bons fromages qui puent, je ne connais rien d’autre qui sentent mauvais que l’on doit mettre dans sa bouche ! (Barre de rires) 

Le choix de la main…
On n’est pas graveleux chez Devil dies for French Spirits, on est spiritueux ! 
Je peux déguster jusqu’à 30 voir 40 vins sans être saturé, par contre les alcools au bout de 7 à 8 je suis mort. J’invite vraiment les amateurs à tester d’abord à la main, au nez, avant de passer au palais, sous peine de louper quelque chose de formidable en bouche. 
Pour remettre le nez à 0 

Prendre des grains de café, les parfumeurs eux préconisent de « renifler » sa peau… Chacun à son truc. 
Ah, l’Armagnac !!!! 
Je suis amateur d’Armagnac, j’adore j’en achète dans les salons, j’en raffole ça doit être le seul alcool fort que je consomme vraiment et puis je fou de Duffau vraiment (bon j’ai compris FM …) et pourtant je suis très exigeant gustativement. (Bon FM, on te fera déguster Château Lacquis, Saoubi et Ladevèze). 

Les douanes : la maîtresse des alcooliers 
Ce matin Alexandre est occupé avec les Dames Douanes (le lendemain je ne le savais pas mais j’aurai une discussion avec Anne Méan au sujet des douanes qui me tiendra le même discours). Vous savez c’est comme partout il y a des idiots et des intelligents, les douanes à partir du moment où vous n’essayez pas de les prendre pour des bleus, il n’y a pas de problème. Il faut juste être clair et transparent. Ils sont là pour faire un job, que peuvent-ils bien faire hormis appliquer la législation ? Ce n’est en rien de leur fait…Autant collaborer. 
Même lorsqu’il s’agit d’un présent, nous payons les taxes, tout est dans la comptabilité, le livre de comptes. Nous avons plus de taxes que de matières distillées, les douaniers viennent  constater et oui, nous sommes « tracés », impossible de leur échapper, autant vous dire qu’il vaut mieux collaborer intelligemment. 

Connaissez-vous Anne Méan ? 
Non, pas elle personnellement, mais son père oui, qui est décédé en 2003, il était sympa, jamais avare en conseil, toujours disponible et c’est un peu grâce à lui que j’ai débuté la distillation. 2003, je suis allé à son enterrement un très bon distillateur,  il m’a fait rentrer dans de nombreux syndicats et prodigué moultes conseils sur la distillation, il était autodidacte. Il y a eu rupture après 45, l’administration a ennuyé les producteurs, préférant détenir 5 entrées portuaires qu’une multitude de producteurs à taxer. 


Le Français avait délaissé l’alcool, si vous retrouvez des Marcs de 45 et bien ils étaient très mal distillés, je peux vous assurer que ce n’était pas bon. On peut comprendre que le consommateur s’en soit détourné du tord boyaux ! Les têtes les queues étaient distillées mixées, c’était justifié une question d’économie. Tout est justifié, il n’y a jamais rien de gratuit…

J’ai redémarré en 2003 la distillation car chez nous c’est une tradition (culture paysanne). Mon grand-père faisait des alcools de café, et plein de choses en temps de guerre, il faut bien survivre. Après, reconnaissons qu’il y a effet de mode gustatif… 
Michel Couvreur
En 88, j’avais un ex-beau frère qui connaissait MC et c’est ainsi que je découvre Michel, ses produits, nous avions été bien reçus, je connais le beau-fils, le gendre. Mais c’est plus Alexandre qui les fréquente aujourd’hui en particulier Jean-Arnaud le chef de cave. 

Je confirme, il a été le premier à m’avoir ouvert les portes de ce milieu, j’ai encore des visuels sur ma tablette de leur chai, ils sont adorables vraiment. 

L’aveu qui tue n’importe quel palais ! 
Je suis amateur de vin à la base, et cela fait depuis 3 ans que nous travaillons le whisky. À l’époque (lorsque j’étais fringuant jeune et beau) (barre de rires) le W ça me saoulait au sens propre, je ne tenais pas les alcools forts ! Si si je ne blague pas. Le Johnny Walker, je le buvais en boîte de nuit avec du Coca qu’est-ce-que c’était mauvais, comment j’ai pu boire ça, je devais vraiment avoir besoin de draguer ! (Barre de rires). Mais bon les produits de Michel et Lehmann ont eu raison de JW au regard de mon palais! 

Mouton-Cadet 
Du coup, j’ai connu de loin Philippe de Rothschild, il était le seul à Vinexpo à se promener avec son chien… Il ne passait pas inaperçu ! Mouton Cadet… Quelle réussite commerciale, marketing ! J’avais racheté une bouteille pour examiner le produit (on me l’a fauché), j’ai connu Mouton Cadet dans les 90’s, ils achetaient de belles bases, il achetaient de gros volumes dans les coopératives, il assemblait cela faisait des bouteilles sympas … 
Ils ne choisissaient pas que des bases bordelaises, c’était franchement bien fichu. Mouton Cadet, ont fait du bien à la région, chapeau bas. Il permet à des gens modestes d’accéder à du rêve en terme de prix et produit. Tout comme Bruno Paillard et son groupe Lanson c’est quand même top. Je suis reconnaissant au regard de ses grands producteurs pour le travail de fond (Tiens ça rappelle le discours de Paul Giraud). Donc oui. 

L’évolution du pouvoir d’achat 
Le panier moyen après dans les 80’s, je me souviens de la clientèle de mon père, lorsqu’il s’agissait par exemple: un couple dont la femme travaillait ; nous avions une clientèle pour le Champagne car 2 salaires dans le foyer. Aujourd’hui le champagne tend à redevenir élitiste, en plus d’une baisse du pouvoir d’achat… 

Arrivée dans le vignoble de l’Aude: vallée de la Seine

Soufflet n°2 européen producteur d’orge.
FM me montre de grandes infrastructures, celle du groupe Soufflet entreprise locale produisant de l’orge, ils ont monté une superbe malterie. Il fait tourner l’économie du coin Monsieur Soufflet 90 ans, il est encore aux commandes. 
 
La Bourgogne transfrontalière de la Champagne 
Ici on est en Champagne (Dieu du ciel ! Proche de la Champagne et Bourgogne 40 km de distance entre les 2 régions). Dans l’histoire, les frontières s’entremêlaient et alternaient entre Champagne et Bourgogne: le jeu des chaises musicales des régions/départements Nous produisons à la distillerie des marcs de champagne… 

Dans ma tête de Parisienne, pour moi le champagne c’est Reims, Ay, Epernay…TGV 

Les cépages chez les Moutard 

La Famille Moutard est particulièrement attachée aux cépages anciens et oubliés. 
Champagne (liste non exhaustive)+ détails ( site internet)
L’Arbane un ancien cépage…L’Arbane a été replantée en 1992, confère des spécificités organoleptiques uniques. Pinot Noir, Chardonnay, Petit Meslier, Pinot Meunier, Pinot Blanc 
Bourgogne (liste non exhaustive)+ détails voir site internet
Chardonnay, Pinot Noir, Epineul Rouge, Irancy, Aligotée et bien d’autres. 
Je m’excuse par avance mais, je ne suis pas une spécialiste de l’ampélographie 
Notons qu’ils cultivent de l’Epineul Rouge et de l’Irancy des noms que je n’avais jamais entendus!!!! Mais au moins toi lecteur tu apprendras des nouvelles choses comme moi, histoire de ne pas t’endormir inculte ce soir. 
Campagne de pub 80’s : l’Aube en Champagne 
Jacques Ségala dans les années 80’s, avait créé une superbe campagne publicitaire au profit de la région ! On voyait ça partout dans le métro !! Le type est balèze. J’avais découvert cette réclame lorsque je participais au salon saveurs à Paris. On a vu des Parisiens changer d’attitude débarquant enchantés en découvrant la région, purée ce publicitaire avait fait un bon boulot avec son slogan ! 
L’importance de l’œnologue 
Pour les vins on fait appel à un œnologue, c’est important, on a super œnologue, il forme mes enfants… Moi je ne comprends pas qu’on puisse s’en passer.  D’ailleurs, j’ai une connaissance qui m’a appelé pour me demander de le dépanner… Il n’avait pas souhaité par manque de moyen consulter un œnologue, et bien en faisait le calcul avec la quantité en cuve, il aurait pu se payer 5 années de consulting… Bref. On ne peut pas tout faire et heureusement que l’œnologue est là, nous avons de la chance il est top vraiment et puis il aime transmettre. 
Savoir boire autre chose : l’ouverture gustative 
J’ai beaucoup de chauvins autour de moi, mais moi je ne peux pas ! Être fermé comme cela gustativement… Boire que du Moutard ben non. D’ailleurs, le problème dans nos boulots : être bon vivant, on en meurt… Les problèmes de santé de foi, de cirrhose… Lorsque nous participons à des salons je peux vous dire que je me promène, j’adore échanger discuter avec des confrères c’est ainsi que j’ai découvert l’Armagnac Duffau, Xavier Monod, ça me fait aussi plaisir casser la croûte avec Yves Lehmann que nous apprécions beaucoup, ou Gilles Dumangin. 

Les copains, les confrères et le manque de temps 
Les salons c’est du commercial et les grandes retrouvailles avec les compères. Imaginez-vous, nous exerçons dans le même pays, parfois à quelques centaines de km et bien il faut attendre de se retrouver à Londres pour échanger et grailler ensemble souvent à la cantoche du salon ! C’est quand même fou, enfin nos boulots exigent beaucoup de nous à la production donc difficile de voir les collègues en France. 
La barque des Moutard 
Purée, après le français et son saucisson, vin, béret : nous avons la barque champenoise-bourguignonne. 
Nous passons devant les 2 fleuves : Laigne et Seine, avec beaucoup de nostalgie FM me dit qu’il possédait une barque dans le passé : « d’ailleurs je me demande si je ne vais pas en racheter une autre, pour faire de la barque avec les visiteurs parisiens, oui » . 

Voilà pourquoi toi « connard de Parisien » tu te dois de descendre voir les Moutard ! Mais oui ne serait-ce que pour la barque ! Trouvons une raison pour que FM rachète une barque ! 
– Moi : À Paris elle est dégueulasse. 
– FM : Mais Chirac il ne l’a pas « nettoyé ? ». Il devait se baigner dedans d’ailleurs c’était dans son programme électoral lorsqu’il était maire, le pauvre homme est mort…Il nous l’ont fait nettoyé à nous les gens du coin, je l’ai connu beaucoup plus sale lorsque j’avais 15 ans. 
Le problème du TGV 
– FM Tonnerre ou Troyes, c’est là qu’il faut descendre, c’est toujours à 40 km on est desservi par les corbeaux. 
– Moi : Ah, mais j’aurai bien voulu avoir encore mon TGV à Beaune, Pommard, Meursault 
– FM : Non, il ne faut pas en abuser ! Nous aussi on a très peu de visiteurs ! Vous avez centralisé tout à  Dijon ? 
– Moi : Oui malheureusement oui. 
– FM Le TGV Reims c’est quand même bien… Comme vous avez remarqué nous sommes situés dans un  endroit paumé, les « clients font notre connaissance » au travers des établissements rémois. « On vous a vu à Reims dans tel resto/ on vous a vu chez untel ». Nous n’avons pas beaucoup de visiteurs (tant mieux moi j’en profite)
– Moi : Les touristes font gare de Lyon-Beaune en taxi… Souvent pour les plus fortunés. 
– FM : C’est du client ça… 

Le triangle d’or bourguignon : ils sont sympas 
Moi, qui suis Beaunoise, je suis surprise ! Dans le triangle, nous ne sommes pas réputés pour être très sympathiques, le Bourguignon il est quand même un peu sauvageon. Il faut du temps et montrer patte blanche. 
Xavier Monod viticulteur situé à Meursault a été gentil comme tout, avec Benoit, c’est un mec que j’ai connu à Londres, il fait super bien son vin, ses vignes, je bois Moutard, mais nous buvons aussi autre chose… La preuve ! 
On est tous en raisonné en Bourgogne enfin plus que dans le Bordelais. Un jour je pense que nous allons tous passés en bio. 
Nous concernant, on se pose la question, vu les problèmes climatiques, environnement … Après n’étant pas voyant, toutefois notons que nous devons prendre en prendre soin, il en va de la production de chacun. 
Le circuit de distribution CHR
Jamais en grande distribution… Parce qu’ils n’ont pas de respect pour le travail artisanal. Ils préfèrent acheter du bio d’Égypte ou à l’étranger, pinailler pour quelques centimes… Bref. Je préfère faire du porte à porte cavistes, on est dans l’humain, ça ne nous intéresse pas de passer par de gros distributeurs qui ont une mentalité affairiste… Nous sommes viticulteurs avant tout des gens de la terre. Et puis on veut éviter les c… Les gens intelligents c’est un peu notre crédo.
 
Oui FM, tu as raison nous sommes envahis de … Faudrait un désherbant anti-c… Je ne désespère pas de trouver. Après le collier anti-puce : le collier anti-c…)

Des dj’eunes à la distillerie Moutard 
Notre projet ce serait de planter un verger, être autosuffisant : prune, mirabelle, poires, cerises nous achetons beaucoup de fruits car nous n’en produisons pas encore. Nous avons un sol qui supporte bien, et qui nous le rend bien. La poire de curée (très bon cuit au vin) au pied de la distillerie avec des vergers,  plus simple pour produire. La proximité entre alambics et fruits  on plante dans 1 an ou 2 ans. 
– AM : Nous sommes locavores, exemple, on distille une quantité de Marc puis, nous répandons cela dans nos vignes (elles sont pas saoulées les vignes après ?). Nous sommes aussi propriétaire de champs, imaginez peut-être produire notre malt un jour. 
– FM : En 1850 les riches vignerons disposaient tous d’alambics, ils distillaient tout et revendaient aux négociants alcools qui étaient aussi négociants en vins, il reste à ce propos des traces historiques (d’où le 2nd article). À la base nous sommes vignerons comme je le soulignais, maintenant nous produisons des eaux de vies, des crèmes, car nous sommes équipés depuis que nous distillons (Marc et Fine) 2003. 
Bref, nous avons tout fait à l’envers mais l’essentiel est là, de toutes les façons notre boulot s’aligne dans la durée alors… 
Je pousse mon coup de « gueule » mais en cette période morose contre les banquiers: nous sommes éligibles aux prêts d’état et ils hésitent, c’est chiant, on n’en peut plus, on est dans quand même ici depuis près d’un siècle et ça ne veut pas nous faire de prêt, on en a marre. C’est une horreur, refuser de nous apporter de l’aide durant la crise même les restaurateurs sont en train de mourir…C’est terrible ! On en peut plus ! 
Oui tu as raison FM, on en peut plus ! Ne pas aider les acteurs du bon goût à la française qui sont à l’export pour majorité ! Et qui créent des emplois en France, ce n’est pas juste !!!! Crie FM c’est ta tribune tu as raison ! Pousse ta gueulante !  
Le Marc et la Fine, Ratafia en cuisine 
Le Marc de Champagne est très demandé par les chocolateries nous en avons 7, 8, les glaciers 5, 6 les bouchers notamment pour la charcuterie exemple 2% pour les andouilles de Troyes, les bouchons de chocolat (genre « Mon Chéri » beurk). Il n’y a pas très longtemps une productrice de confiture réputée m’a contacté, elle souhaite reprendre sa production de confitures à base d’alcool. 
Elle avait cessé sa production car l’alcool n’était pas de bonne qualité, nos produits lui ont fait changer d’avis, je n’en suis pas peu fier. Il faut arrêter de diaboliser l’alcool non d’un chien ! L’alcool dans la confection de confiture via l’eau de vie exemple de la mirabelle cela rehausse, reconcentre le goût. 
Les cuisiniers au XVIII’s utilisaient les alcools, c’est digeste l’alcool est un support qui disparaît en cuisine à la cuisson, car il s’évapore, il ne reste que le goût qui lui apporte relève les mets… 
Les recettes comportant du rhum, et bien on peut remplacer ce dernier par du marc genre Baba au rhum.

Modèle Peugeot rare !



Ça c’est un vieux modèle de 1912, on l’a acheté en même temps que le bâtiment, c’est un vieux modèle qu’on va rapatrier à Buxeuil.
Arrivée au siège social des Moutard 
s’ensuit un court échange sur l’héritage, la transmission mais l’essentiel étant dit
– FM : On se croise avec Gilles Dumangin, sur des conversations sur le Marc et Ratafia, il a une très belle collection de whisky à Londres, avant de revenir chez son père il était cadre commercial dans une grande société  me semble-t-il. 
 – Moi : Jean-Marc Roulot était/ est comédien et au décès il revient pour reprendre la vigne. C’est au décès que l’on hérite. On n’a pas le choix. 
 – FM : Bien sûr que oui, nous avons le choix, sans doute que oui. 
 – Moi : La Baronne avait repris sa vigne, et on a vu ensuite le résultat 
 – FM : On peut faire autrement, les gens qui disent ça je ne le crois pas, on a toujours le choix, celui qui  ne l’a pas (sic!). La Baronne a très bien endossé la succession, car encore une fois Mouton Cadet est une  réussite marketing, commerciale ! 

Champagne, moi qui … 
Du coup, je reste dubitative, je n’apprécie pas du tout les choses sucrées, mais leur Extra brut sec est vraiment sympa, pour les becs non sucrés, qui aiment l’amertume fine travaillée et complexe sans trop de calorie : foncez. Après, il faut aimer, et disposer d’un palais « un peu d’amateurs éclairés » pour savoir apprécier. 
L’amertume comme l’umami sont « des tastes » complexes, je suis amatrice de cigares et de thés donc pour moi cela relève du normalité quotidienne. 
Toutefois, je peux concevoir que d’autres « becs sucrés » apprécient plus les champagnes à haute teneur en sucre, ou alcools de type Rhums de Ced, ou liqueurs, crème Denoix, ce n’est pas ma came. Je descends aussi d’une famille dont les papilles sont enjouées par les spiritueux et anciens alcools depuis 4 ou 5 générations d’hommes, mon palais est donc rôdé. 
On aime ou non la Gilane ou Gentiane, moi j’accroche mais c’est spécial. Je dirai gros coup de cœur pour cette bouteille extra brut sec. Sans compter le packaging qui est top, je peux donner mon avis de novice champagne puisque mon blog n’est pas spécialisé dans la critique de champagnes et de vins. 
Packaging 
Vous bossez avec Autajon? Parce qu’ils sont beaux vos packaging.
(grand spécialiste du packaging vins et spiritueux haut de gamme luxe) ? 
Non nous choisissons des prestataires locaux (Ils sont bien les Moutard, ils bossent local c’est ce que j’appelle un acteur économique !) 
Comment l’idée de produire du whisky vient à l’esprit ? 
AM : c’est un cheminement, une histoire humaine, amicale, un tout, on a un ami distillateur de Belgique : Belgium Owl Whisky, il avait ramené des alambics en Belgique, c’est un peu grâce à lui, il nous a expliqué la fabrication des whisky. 
Lui brasse, par contre son maltage est fabriqué à qql km de son lieu de vie. Il nous a dit : « C’est un joli produit le whisky » en 2016, cela nous a donné l’envie de nous lancer. Puis, nous nous sommes renseignés dans le but de produire notre propre brassage. 
J’avais (et je l’ai toujours) un de mes copains brasseurs, on s’était toujours dit qu’un jour, nous bosserions ensemble via une eau-de-vie de malt et/ou une base de whisky. C‘est lui d’ailleurs « la Roof » 2015, 2016 (que j’ai retenu dans les échantillons) il a été la deuxième brasserie avec qui nous travaillons. 
Une continuité très prégnante 
AM : Est-ce compliqué de se faire un prénom ? Avec un patronyme connu et reconnu ? 
Je pense à Jean Moueix, qui a souhaité exister en dehors du vin (fondateur whisky Bellevoye). 
Non, c’est tout le contraire, on s’inscrit dans une continuité, il n’y a pas de rupture. Nous distillions déjà le Marc et la Fine. De plus, nous travaillons en famille les 80’s signent l’arrivée de mon père avec mes 2 tantes qui reprennent le flambeau. Mon père aujourd’hui laisse la nouvelle génération s’installe:  mon frère mes cousins dont Thomas qui s’occupe de la partie UK. C’est une réelle continuité. 
Mon père a innové, mon arrière grand-père a été l’un des premiers a « champagniser » en 1927 puis mon grand-père en 1954 dans les Côtes des Bar. C’est à mon retour de HK que j’ai débuté la distillation en 2012 cela fait 8 années que je distille, Marc, Fine et Whisky depuis 2017. Premier brassin, single cask après confinement, on voulait ouvrir une cave pour re présenter nos produits habituels en plus de notre W  mais le Covid19…Je n’ai vendu qu’une centaine de bouteilles (on est en juin), prochain whisky décembre 2020.   
Votre vision pour votre whisky 
AM : CHR comme Champagne, hormis le brésil dans les supermarchés ou magasin d’état. Je veux mettre en fût, déjà en bouteille, je n’ai pas encore d’idée à savoir si ma clientèle sera en majorité à l’export ou en France. 
Mon but premier : la satisfaction de mes clients, ne jamais oublier les premières personnes qui nous ont fait confiance donc pour eux, je veux toujours avoir des bouteilles, des produits qualitatifs à délivrer. Mes Whisky sont à dimension internationale comme nos champagnes et vins, à ce sujet « Fab Arme » (pseudo sur FB) qui vit à Singapour a évoqué l’idée salon du whisky du monde là-bas, m’encourageant, en disant que l’Asie serait très intéressée par notre whisky français champenois. 

Comment situez le whisky Moutard dans le paysage du whisky français ? 
AM : En gamme  tarfaire 1er prix: 52,35 euros,  nous sommes la 44ème distillerie en France, donc c’est peu facile pour nous, le terrain a été déblayé, nous avions déjà les installations infrastructures, en plus de la fédération du whisky français… Je pense que cela n’a pas dû être simple pour les distilleries de Bretagne qui étaient pionnières il y a 20 ans. 
On arrive à quai et « à chai » !!!!!!! 
Les fûts! Descente! J’adore trainer dans les chais, je sais pas c’est mon truc…
Certaines adorent « le lèche vitrine » moi c’est le chai. 

Cirez-vous à la main ? 
(Les bouchons de cire) Oui, pour le moment lorsqu’on aura un volume important oui nous achèterons probablement une machine à cirer. Y’a des machines à cirer, vous ne savez même pas que c’est fait à la machine ! Je vous jure ! 
Dans la cave 
– Moi : Ah, je vois un fût de (telle maison BIP). 
 
– FM : Nous utilisons des fûts d’occasion. 
FM et AM m’expliquent leurs process de travail de manière approfondie, pour des raisons évidentes, je n’en parlerai pas. 
La collaboration avec les brasseurs régionaux 
AM: Nous travaillons avons une approche originale : s’associer à différents brasseurs tous situés à max 100 km de chez nous,  5 au total. Ces derniers fabriquent un jus de malt tourbé ou non selon nos besoins. Ils ne brassent pas tous de la même façon, l’un à l’anglaise, l’autre pas…Leur travail est formidable, chaque brasserie est différente cela apporte une réelle plus-value à nos whisky.
Nous tenons impérativement à mentionner, communiquer. C’est la transparence. Nous voulons mettre en avant la région, c’est notre côté locavore, synonyme de: réussissons ensemble « made in France » nos fournisseurs de matières premières sont importants pour nous. Vous pouvez le voir sur notre site internet, nous indiquons la provenance de nos moûts.
Cela rejoint notre éthique locavore, production locale pour le Whisky. Exemple on distille les marcs et on en répand dans nos vignes, ça reste local! ( Les vignes ne sont pas saoules?)
 
Nous sommes propriétaire de champs, nous imaginons peut-être produire notre malt un jour à savoir brassage malterie mais c’est dans un futur lointain. ( Ça me rappelle la distillerie de Hautefeuille). 
FM: Nous n’avons pas investi dans du matériel de fabrication (malt) car c’est un investissement financier important, peut-être dans le futur, le ferons-nous mais à ce stade, nous démarrons une nouvelle activité. N’oublions pas que les banques…Ne sont pas très sympathiques en ce moment. 

La Fédération française de whisky 
FM : J’ai rencontré Philippe Jugé à Paris, nous sommes membre. Ils sont sympathiques, mais le reste de l’équipe c’est Alexandre qui les connaît mieux que moi. 
 
AM : Ils nous représentent bien le syndicat, il nous en fallait un. Dès que nous avons une question, des problèmes juridiques, le téléphone est là ! 

2 heures dans le chai 
Les Moutard ont halluciné, j’ai dégusté des choses non réduites à 70° moi j’adore. 
 – FM: Ah non mais je peux pas mon palais va y rester… Comment faites-vous ? Ce n’est pas possible !       
– AM : (Yeux écarquillés !) Non mais oh là ! 
La méchanceté sournoise : dégustation entre alcooliers. 
FM et AM me parlent des dégustations à l’aveugle, organisées par des confrères vignerons dont ils tairont les noms. Je n’en reviens pas… Certains dégusteraient à l’aveugle leurs propres produits sans le savoir et critiqueraient… Je ne vous décris pas nos têtes lorsque nous évoquons cela dans le chai, eux-mêmes sont attristés par ce type de pratique:  appelons un chat un chat, c’est mesquin, méchant, cruel. 

Dégustation extraits 
– FM : Mais ce n’est pas interdit d’ajouter quelques gouttes d’eau dans des degrés puissants . 
– Moi : Le vrai talent pour moi du distillateur est d’avoir du 42°, 45° mais avec en bouche quelque chose de puissant, tonique avec une belle longueur en bouche.
– AM : C’est certain faut pas réduire comme un cochon …le Ratafia Champenois, les mecs généralement ne connaissent pas, enfin si certains locaux… 
– Moi : Ah oui ? En grande surface ?  
– AM : Oui les grandes surfaces locales, régionales comme le Pineau des Charentes. 
Évidemment nous bitchons en plus sur tout et n’importe quoi… Mais cela restera en OFF. 
Fûts 

AM : Nous avons beaucoup de choses parce que nous avons comme vous l’avez pu remarquer pas mal  de matières premières par nos vins et terroirs (cépages différents ) ensuite , par nos Fines et Marc, Prune, eaux de vies, crèmes … Pour nos embouteillages, c’est très simple je ne bouge pas de ma cave, la créativité est présente, c’est le champs des possibles : une chance folle. 

Comment travaillez-vous avec l’alambic?
FM : Ces infrastructures datent de l’époque de mon paternel, mais il y avait des traces de distillation avec mon arrière-grand-père circa 1892.
AM : Je supprime têtes et queues, je garde mon cœur de chauffe, je coupe à 40°, nous réduisons évidemment cela passe par de 75° à 45, 42. Je coupe à 40°. Nous ne faisons pas de chimique, si c’est la question (parce que certains geeks demandent le taux de PPM pour le whisky tourbé).    

  

Le Whisky des Moutard

Je ne m’émets pas de critique ni n’attribue de note. Je préfère parler d’impressions gustatives. Il y a pléthore de sites spécialisés dans les notations, cela ne m’intéresse pas. Parmi les samples  dégustés whisky Moutard : 3 samples retenus. Et j’en conviens, je ne suis pas la papesse du bon goût…Mes goûts sont les miens, ils sont ce qu’ils sont autant dire pas commerciaux du tout. 
Ensuite, j’évoquerai sur mon blog plus une typologie vocale pour décrire les produits des uns et autres. Les impressions gustatives apparaitront sur une autre partie du blog, je rédigerai un article « spéciale dégustation whisky »…Parce qu’au-delà de faire la psy, l’anthropologue, «l’intello du goût», je sais tout même déguster. 

Mon approche est mienne 

Je n’en ai pas fini avec les Moutard entre l’article historial régional lié à leur famille et les impressions gustatives… Ma sélection se limite à 3 samples autant dire qu’ils ne sont pas encore commercialisés car en cours de vieillissement.
AM a raison de commander sa matière auprès de 5 brasseurs différents, en effet le « jus, eau de whisky » est si différent sans compter les divers fûts dont dispose la Famille Moutard.. La diversité, les surprises et des bonnes sont donc en préparation et en pré-vente.
J’ai retenu Bulle de Paradis et la Roof et Der voilà. 
Der pour le tourbé au passage.
On peut déguster par exemple des gins différents à des occasions différentes ex : Gin de Mathieu Sabbagh est son reflet comme lui, plein d’énergie, pêchu brute de décoffrage à boire entre copains autour d’une bonne grillade viande blanche c’est un ténor « basse » façon Pavorotti du Gin. 
Un ténor, ce n’est pas un baryton sur le plan musical ni le même registre même si appartenant au lyrique. Le Gin Brockman est plus discret, fin Brockman façon Lionel Stoffel (autre ténor sopraniste, dans un autre registre) à déguster avec son amoureuse au moment où vous lui demandez sa main, le Gin de Julhès ce serait un contre-tenor comme Philippe Jarousky en dinant fusion world food… 
On ne compare pas Nathalie Dessay à Kiri Te Kanawa ni à Angela Gheorghiu ou à Patricia Petitbon ce serait une aberration et pas du même style. Les horizontales spiritueux provenant de différents producteurs c’est kiffe kiffe. Comme le Cognac Paul Giraud et Cognac Grosperrin incomparable ni le même travail l’un est producteur, l’autre un maturateur travaillant sur les problématiques d’embouteillage indépendant ou Fanny Fougeras dont la patte est reconnaissable parmi tant de producteurs. 
Il y a des alcools pour tous les moments, tranches de vie. Tout comme votre playlist musique Deezer,  Pandora Box…Il y a un morceau de musique pour chaque instant de la journée et bien les spiritueux c’est pareil. 
L’heure du déjeuner arrive 
On est bien reçu chez les Moutard, au départ FM voulait m’emmener au resto… Ce n’est pas le genre de la ligne éditoriale ! Comme d’habitude, je me tape l’incruste (vous l’avez remarqué c’est l’adage de la maison : se taper l’incruste, le blog aurait pu s’appeler : jmetapelincruste.com). 
Étant une végétalienne sans gluten qui ne boit pas… et bien les Moutard ont été servis ! Ils ont cuisiné rien que pour moi : des haricots verts à l’eau (à ma demande à l’eau pas au whisky), lecteur tu t’en doutes bien : on boit Moutard à table ! 
Certains deviennent « critiques » pour boire et manger gratos, on peut dire que chez The Devil dies for French Spirits, ça n’a l’air d’être trop le cas. 
Et bien, j’ai dégusté du vin Moutard ! Avec un crachoir (car je ne bois jamais comme tu peux le savoir lecteur maintenant), je crois que FM a dû fortement penser: « Je n’en reviens pas critique spi alcools, qui ne boit pas, ne mange pas, et qui apprécie le 70° à 10h du matin à jeun… Mais elle est grave la fille… ». 
On s’y sustente bien très bien, les sœurs Moutard savent cuisiner ! 

La qualité des produits, la gentillesse des Moutard, (sans compter qu’ils font marcher le local, ils paient leurs taxes, impôts en France, ils créent des emplois, de la croissance) la barque de FM rien que pour tout ça « connard de Parisien » descends, visite et bois Moutard sans recracher ne fais pas comme moi : bois !!!!!!!! En plus ils ont un gentil chien Daho c’est vrai, il ne m’a pas aboyé dessus. 

Tonnerre : le petit tour par FM ! 
 
J’ai eu le droit à un petit tour de la ville après le déjeuner, c’est drôle l’architecture est plus proche de la région bordelaise que bourguignonne. La ville a probablement été très bourgeoise (FM confirme), en effet toute la partie industrie métallurgie a disparue, conséquemment : une ville tombée en désuétude.

Actualité Famille Moutard : salon Quintessence les 19/20 octobre à Paris 2020.

AP

# FAMILLE MOUTARD

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