T’as triché, ce n’est pas un selfie by yourself comme c’est la règle dans mes interviews!
Que tu es photogénique sur ce visuel, ce n’est pas juste, pour tes camarades qui eux ont accepté d’être « cheum leur race » sur leur selfie. Tu es puni, au coin ! Un de tes sobriquets sera le suivant : « Paul le beau gosse » comme ont dit vulgairement : « bien fait ou tant pis pour ta gueule ».
PG4 Paul Giraud arrière-grand-père
PG5 Paul Giraud grand-père
PG6 Paul Giraud père
PG7 Paul Giraud fils actuel héritier
Visuels extraits du site internet de Paul Giraud Cognac ou du Facebook Paul Giraud Cognac.
Monsieur le Professeur Giraud agrégé de droit privé
Mouton à 5 pattes habité d’une âme syndicaliste de gauche
« La vigne, la terre, c’est de père en fils. Il y a un attachement réel à la transmission du terroir et des valeurs ». PG 6
« La Bourgeoisie travaillant pour elle seule, exploitant pour elle seule, massacrant pour elle seule, il lui est nécessaire de faire croire qu’elle travaille, qu’elle exploite, qu’elle massacre pour le bien final de l’humanité. Elle doit faire croire qu’elle est juste. Et elle-même doit le croire. M. Michelin doit faire croire qu’il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui ».
Paul Nizan, Les Chiens de garde, 1932 .

Phrase d’introduction de l‘ouvrage : « La violence des riches » de Michel Pinçon, Monique Charlot.
Le pitch officiel
Les Cognacs Paul Giraud se situent à Bouteville en Charente, à proximité de Cognac. Un village vallonné, caractérisé par une imposante (en effet, elle abrita un monastère) église romane prieurale Saint-Paul datant de 1209. Tous les villages aux alentours présentent cette caractéristique : une église romane. Elles demeurent vestiges d’une vie seigneuriale au temps du Moyen-Âge, des croisades.
Oh non, pas la vache, mais l’épagneul ! Paul le beau Gosse se prénomme aussi « Paul-Saint », le contraire m’aurait surprise, les PG sont attachés à leur patelin, ancrés dans leur terroir, c’est le cas de le dire !
D’ailleurs à ce sujet, la fierté des Boutevillois est sans aucun doute : leur château Renaissance.Vignerons et distillateurs les Paul Giraud sont à la tête d’un patrimoine transmis de génération en génération. Les premières traces des Giraud remontent au XVIIe siècle, en 1635, la production de Cognac des Paul Giraud a quant à elle vu le jour au XIXe « circa » 1700. 7 générations se sont succédées au cœur de la Grande Champagne.
C’est en 1976 que PG6 créée, dépose la marque Paul Giraud Cognac. La matière première composée d’Ugni Blanc se répartit sur 42 hectares.
Purée, ça commence bien, Polo l’épagneul charentais, ça signifie que ta lignée s’est formée à la même époque que celles des chaussons charentais ???
News ! Depuis le 29 mars 2019, la charentaise fait l’objet d’une protection au titre d’Indication géographique, une première pour l’habillement et la chaussure en France sous le titre « Charentaise de Charente-Périgord ». Cette appellation est associée à la technique du cousu-retourné. Après IGP et AOC des vins, on a maintenant l’IG label officiel français géré par l’Institut National de la Propriété Industrielle.
Qui l’eût cru ? Hein pas toi Polo l’épagneul charentais ! Enfin tu me diras, Aubert de Villaine proprio de la DRC a bien fait reconnaître les climats de Bourgogne auprès de l’UNESCO…
Pourquoi pas les charentaises ciglées Bidochons, voir le marcel, béret, voir la faluche tant qu’on y est ?

Son dernier descendant âgé de 35 ans est à la tête d’un stock transmis au fil des générations, et produit l’un des cognacs les plus goûtus selon les passionnés.
Vendanges manuelles, procédés de distillation maison, assemblage d’eaux-de-vie de même millésime : exigeant et puriste par nature, ne lésinant pas sur les moyens. Son adage : « Respecter (son) terroir et travailler (sa) vigne avec amour » PG6 .
Version the Devil dies for French Spirits
J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour des parcours hors normes.. Des choix de vie pas simple qui exigent des couilles… Du coup comme me l’avait suggéré « Harry Potter sur son balais avec son Marc et sa Fine », j’appelle donc les Cognac Paul Giraud… Somme toutes, je googolise « ce mouton à 5 pattes», et là surprise, il est impressionnant … Peu connaisse cette élite aristocratique que je nomme dynastie à laquelle Giraud Paul à prêter allégeance : les Agrégés de droit que j’affuble, nomme volontairement avec un A majuscule. J’ai moi-même quelques notions de droit en particulier un panégyrique des rouages du système des castes à la françaises.
Les Pinçon-Charlot évoque dans tous leurs travaux un essoufflement au bout de la 3ème génération tant sur le plan capital financier, social et des affaires… de ce fait, je tiens à tendre leur accorder un espace de parole…Car en dépit de toutes ces soi disant privilèges, il se révèle ardu d’être, d’exister par son prénom derrière des géants, des pères, des grands-pères parfois ogres qui souvent laissent leurs empruntes, une aura, les psychanalystes peuvent en témoigner, il est douloureux d’exister au travers d’aïeux qui ont créer, su renouveler, voir innover l’entreprise…
Giraud, Paul est un cas atypique, j’ai pour lui une profonde admiration, en effet, Paul se nomme Paul Giraud comme tous ces prédécesseurs : 7ème garant. Du coup comme me l’avait suggéré « Harry Potter sur son balais avec son Marc et sa Fine », j’appelle donc les Cognac Paul Giraud…
Somme toutes, je flague « ce mouton à 5 pattes », et là surprise, il est impressionnant … Peu connaisse cette élite aristocratique que je nomme dynastie à laquelle Giraud Paul à prêter allégeance : les Agrégés de droit que j’affuble, nomme volontairement avec un A majuscule. J’ai moi-même quelques notions de droit en particulier un panégyrique des rouages du système des castes à la françaises … Vous l’avez remarqué entre les X, agrégés …ces quelques lignes qui s’y glissent le long de mes écrits…
Certains m’accuseront de faire la belle part aux héritiers…Qui selon l’axiome héritier rime avec facilités…
Je leur répondrai volontiers par cette expression : « fin de race ». Les Pinçon-Charlot évoque dans tous leurs travaux un essoufflement au bout de la 3ème génération tant sur le plan capital financier, social et des affaires…
De ce fait, je tiens à tendre leur accorder un espace de parole…Car en dépit de toutes ces soi disant privilèges, il se révèle ardu d’être, d’exister par son prénom derrière des géants, des pères, des grands-pères parfois ogres qui souvent laissent leurs empruntes, une aura, les psychanalystes peuvent en témoigner, il est douloureux d’exister au travers d’aïeux qui ont créer, su renouveler, voir innover l’entreprise…
Giraud, Paul est un cas atypique, j’ai pour lui une profonde admiration, en effet, Paul se nomme Paul Giraud comme tous ces prédécesseurs : 7ème garant.
«Penser et agir comme tout le monde n’est jamais une recommandation et pas toujours une excuse. » Marguerite Yourcenar.
La définition de la bourgeoisie est délicate de par son hétérogénéité, nous pouvons retenir d’abord retenir des critères économiques : le bourgeois est celui qui jouit d’une certaine indépendante tout en exerçant une profession non manuelle ou sans en exercer du tout (le rentier). Retenons de plus, les caractéristiques sociales qui se définissent ainsi « le bourgeois » contre l’aristocrate dont la suprématie est héritée (c’est ici toute l’opposition entre la classe dominante à laquelle appartient le bourgeois et la classe dirigeante de laquelle relève le notable) et contre le prolétariat dans la mesure où il s’oppose au droit de propriété.
C’est enfin des valeurs communes : familiales, volonté de promotion et un certain mode de vie. Le groupe de la petite et moyenne bourgeoisie dites les classes moyennes est hétérogène. Certains de ses éléments pourraient être qualifiés de : traditionnels, ce sont les petits entrepreneurs du commerce ou de l’industrie, Sont aussi nommés les rentiers pour lesquels le XIX est synonyme d’âge d’or avec une hausse exponentielle de la rente foncière et des loyers urbains.Ce sont enfin les membres des professions libérales (médecins, pharmaciens, avocats, intellectuels – une élite cultivée, dont l’influence et le prestige social sont, basés sur le talent, évoluant tant dans le milieu citadin ou rural.
Revenons au XXI’s , adolescente au XX’s, j’avais contrairement à mes camarades des passions non pas dédiées aux chanteurs ou acteurs…me concernant, mes héros se nommaient : Les Justes, Sabina Splielrein, Picasso, Miró, Delaunay, Soulages, Rodin, les Frères Pereire, Scheinder, Poulenc, Victor Schoelcher, Rosa Park, Martin Luther King, Nelson Mandela, et Robert Badinter! Giraud, Paul tout comme Badinter, Robert est agrégé de droit ses engagements progressistes, sa vision du milieu carcéral orientée « insertion » m’a convaincue d’aller à sa rencontre. Il s’agissait pour moi de confronter, conformer à mon engagement estudiantin de l’époque au sein du GENEPI.
Des clichés bien ancrés habitent mon inconscient, et j’ai souhaité au travers de ces lignes infirmer ou confirmer ces derniers. Les parcours hors normes éveillent mon attention ; ceux qui parviennent à conjuguer plusieurs professions, des choix de vie souvent complexes nourris par des tempéraments couillus.
Ceux dont l’intelligence se diversifie (au-delà des capacités scolaires) au travers de différentes formes, à savoir : l’intelligence artistique (celle des peintres, sculpteurs, écrivains) caractérisée par cette capacité à projeter, imaginer, anticiper. Une seconde l’intelligence olfactive, gustative (cuisiniers, pâtissiers, alcooliers, artisans du goût). Ensuite l’intelligence acoustique, orale (musiciens, chanteurs) puis sportive : endurance, rapidité, capacités motrices, pour finir l’intelligence logique, tactique : champions d’échecs/poker/go.
À ce propos un nouveau terme est apparu récemment répertorié par le Bureau International du Travail : les slasheurs : Slasheur (slasheuse au féminin) : “slasheurs” définit des travailleurs qui exercent plusieurs activités, en référence au signe “/” qui sépare les différentes activités quand ils les énumèrent (notamment sur LinkedIn). Le slasheur, un travailleur en mode “multi”.
Il y a peu, j’achevai la lecture d’Éloge du carburateur de Matthew Crawford dont la thèse est la suivante : l’avenir du travail serait tout comme les tendances de la mode lié à un retour d’antan. L’ouvrage se veut polyforme tour à tour ; récit anthropologique, essai philosophique, enquête sociologique, réflexion sur nos modes de vie, pensées et enfin un brûlot contre l’économie immatérielle : diplômes, brevets. La déliquescence des repères notamment religieux (entre autres) de nos sociétés consuméristes, avilirait, assujettirait les masses au sein d’une dynamique interdépendance/dépendance aux objets, aux services.

L’auteur met en exergue le bien-être psychique ainsi que les bienfaits des tâches manuelles (psychomotricité) relatives aux besoins cognitifs. Ceux-là participent grandement à l’épanouissement personnel : la concentration, la répétition seraient salvatrices : dépressifs, trisomiques d’un léger degré, patients diagnostiqués Asperger… L’art thérapie, psychomotricité ouvrant la structuration de l’attention, développerait selon lui la concentration incitant par la même occasion au dépassement de soi.
Giraud, Paul incarne bien cet « Eloge du carburateur », la preuve : il taille la vigne, les travaux verts « ça le connaît bien », lire des notices de dingues aussi, rédiger des trucs aussi abscons qu’un commentaire d’arrêt, disserter sur un point infime d’une jurisprudence relative à l’arbitrage.
Exemple : «L’encadrement du droit d’action du créancier « acquéreur » d’une dette d’un Etat en développement : le nouvel équilibre proposé par l’article 60 de la loi Sapin 2 » ou bien « Le contrôle de la motivation des sentences en arbitrage international par le juge français ». Au regard de l’un de mes stéréotypes : j’avais comme bon nombre de personnes l’idée suivante : le Cognac aurait été un spiritueux réservé « aux Blancs » CSP++ Occident et Asie confondus, cela en dépit de mes lectures et culture populaire. Non je n’ai pas de téléviseur pour ma défense ni Netflix.
En fait non pas du tout. J’apprends en effectuant des recherches qu’il est même très présent dans la culture afro-américaine auprès de la communauté RAP HIP HOP. Je consacre d’ailleurs à ce sujet un passage dans un autre recoin du blog. Cela tombe à pic, après cette période de confinement, la rentrée cinématographique s’annonce bien : à l’affiche « La Daronne » avec Isabelle Huppert.

Clin d’oeil à Christophe Leibowitz dans Ground XO, avocat à la moralité plus que douteuse, spécialiste des causes perdues : dealers, magouilleurs, casseurs issus parfois du grand banditisme. Après 20 années d’exercice, de coups tordus, il ne voit rien d’autre s’annoncer qu’un enchaînement de mornes causes sans fondement ni contenu.Un jour, par le hasard d’une succession, il se retrouve héritier d’une marque de cognac.
Un jour, par le hasard d’une succession, il se retrouve héritier d’une marque de cognac. Ce spiritueux dont l’image française associe une bouteille qu’on dépoussière pour clore un repas dominical after Messe endimanchée, rimerait avec ce stéréotype…
(Mon gros pêché c’est le cliché) vieux, pas funky, limite catho tradi Saint-Nicolas du Chardonnet ou « La gallinette cendrée » des Inconnus quoi!
Ce dernier est considéré aux Etats-Unis comme THE symbole de la sophistication, réussite professionnelle via la culture hip-hop (Voir article sur l’historiographie du cognac).
Il n’en faut pas plus pour ragaillardir notre pénaliste boderline, foutraque. Riche de son carnet d’adresses au pays des dealers, il se lance guilleret dans le show-business en pariant sur l’un de ses clients trafiquant de cocaïne, rappeur à ses heures, qu’il charge de chanter les vertus de son cognac. Avocat, producteur de gangstar rap et bouilleur de cru tout une aventure !
Peu connaissent cette élite « aristocratique » ou plutôt caste que je nomme dynastie à laquelle Giraud, Paul a prêté allégeance, (récipiendaire serait le mot approprié): les Agrégés de droit que j’affuble, nomme volontairement d’un A majuscule. J’ai moi-même quelques notions de droit en particulier un panégyrique des rouages du système des castes à la françaises…vous l’avez remarqué entre les X, agrégés, ces quelques lignes qui s’y glissent le long de mes écrits…certains m’accuseront de faire la belle part aux héritiers.
Les Pinçon-Charlot évoquent dans leurs travaux un essoufflement dès la 3 ème génération. Il y a encore peu, je vendangeais dans un domaine viticole appartenant à une grande famille, j’appris au cours de mes échanges que l’un des petits-fils troisième génération tenta de se défénestrer. Ce n’est pas la première fois que j’eus écho de ce genre de faits.
Selon l’axiome héritiers rimerait avec facilités… Je « vide donc mon sac » en rétorquant par cette célèbre phrase introductive extraite d’Aden Arabie de Paul Nizan : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. »
Par conséquent, leur accorder un espace de parole me paraît juste… Une tribune.
« Pour guérir il faut parler, un langage qui s’adresse directement à l’inconscient. » Alexandro Jarowski
Lana Del Rey: Beautiful peoples, beautiful problems
En dépit de tous ces prétendus privilèges, il se révèle ardu d’être, d’exister par son prénom derrière des géants, des pères, des grands-pères parfois ogres qui souvent laissent leurs empreintes, une aura. Les psychanalystes peuvent en témoigner, il est douloureux d’exister au travers d’aïeux qui ont créé, su renouveler l’entreprise, voire innover…
Nous avons tous été confrontés à ce fameux choix : honorer son histoire, ses prédécesseurs ou bien refuser, tel un David Halliday. Giraud, Paul est un cas atypique, doté non seulement de facilités d’apprentissage mais possédant cette douance sensorielle propre aux alcooliers revêtus d’une habilité manuelle. Fait rarissime, il conjugue 3 formes d’intelligence. Serrant donc les dents comme on dit familièrement, il se sait attendu par tout le milieu cognaçais. En effet, Paul se nomme Paul Giraud comme tous ses prédécesseurs : 7ème garant-gardien du nom.
D’ailleurs j’ai la souvenance d’avoir échangé avec son assistante au téléphone : « Paul Giraud ? Mais lequel ? »… « Ah oui, alors ce qui vous différencie de votre père l’adresse mail, vous c’est … et lui c’est … » ? (Sourire), réponse : « Ah non, mon père lui n’a pas de boîte courriel ». Ça a le mérite d’être clair… La messe est dite.
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Lang Lang à petits pas nous interpréte : « Intermezzo No.1 » de Manuel Ponce.
Comment peut-on exister lorsque l’on porte le prénom et un patronyme connu?
Ce n’est pas aisé lorsqu’on se nomme Moueix ou Moutard, Drouin et de se faire un prénom ? Ce n’est déjà pas simple d’exister, qui plus est avec un patronyme à consonance dynastique, mais vous c’est encore un autre cas de figure…
Que représente le chiffre 7 dans les écrits religieux, dans la symbolique, et inconscient ? Hormis les 7 péchés capitaux, l’adage veut qu’au bout 7 années, la vie de couple se brise ou se situe à un tournant… Peut-on parler ici d’une rupture avec cette excursion dans le monde juridique ?
Oui et non, cela perpétue cette continuité, je reviens au domaine. Vous vous présentez à moi, humblement comme aide ouvrier viticole, en insistant bien sur le fait que vous n’êtes à l’ordre d’aujourd’hui qu’assistant viticole (son éducation professionnelle était encore à parfaire selon lui). Ce que j’entends derrière cette qualification : « est-ce qu’ils seront fiers de moi ? Non pas du tout, il y a sans doute cette dimension-là, j’emploie ces termes car je ne souhaite surtout pas brûler les étapes, j’arrive à 35 ans sur le terrain après m’être réalisé, avoir atteint l’objectif, relevé ce défi juridique que je m’étais fixé, je pense donc avoir mis de côté cela.
Sans concession, je le reconnais sans aucune gêne, je ne dispose d’aucune expérience viticole ou si peu, d’où les termes que je m’évertue à employer, je n’aime pas mentir ou surjouer dans le champ lexical. Je reprends depuis le B A BA depuis le départ n’étant pas expériencié je dois tout reprendre de A à Z c’est cela dont il s’agit avant tout ». « Quelque part dans ma construction personnelle, j’ai effectué un énorme bond, je ne me pose pas la question de savoir : « Sera-t-on fier de moi ? » ce qui est généralement le cas pour la majorité, ou quelques exceptions parvenant à se détacher du regard des autres, des leurs notamment.
Mais oui l’ami ! À d’autres, Il est marrant le Polo, vous apprendrez au fil des lignes, qu’il avait déjà commencé à tailler la vigne il y a 10 ans et il me sort qu’il est inexpérimenté ! Polo le modeste épagneul charentais…C’est certain, Polo l’épagneul charentais, tu n’aurais jamais gagné au Monopoly Tricheurs vu que pour un ancien de Pipo pipauter, surjouer n’est pas dans ta nature et tant mieux ! Mais tu as tout de même triché pour le selfie !
Comment vous inscrivez-vous dans cette reprise familiale ? Le même prénom le même nom depuis 7 générations. Et non pas le verbe d’action (différent du verbe d’état) intégrer, je souligne bien le verbe s’inscrire qui diffère du mot intégration sur le plan sémantique.
Nous nous inscrivons sur les registres de l’état civil, les parents inscrivent à l’école, nous nous inscrivons ou non sur les listes électorales, vous vous inscrivez aux épreuves de l’agrégation, car intégré vous l’êtes déjà par cette « verticale » généalogique.
Oui, je vous l’accorde ce point dans, le verbe inscrire, cela inclut une notion d’intemporalité, de durabilité.
Dès lors comment tuer son père, son grand-père lorsque les prénoms et patronymes sont identiques ?
Je suis fier de mon parcours estudiantin parcouru notamment au travers de cette agrégation, et je n’éprouve pas le besoin que les autres en soient fiers ou qu’ils me renvoient cette image d’admiration par conséquent, l’obligation de tuer le père ne s’applique pas à mon cas de figure. En effet lorsque l’on s’inscrit dans un cheminement identique à celui du père, oui le « meurtre » doit avoir lieu, en tuant celui qui est son exact modèle, le lapsus révélateur, son exacte image. Je ne crois à ce schéma parricide, j’arrive plus âgé après un long parcours estudiantin puis une carrière d’enseignant universitaire en parallèle, contrairement à mon père revenu âgé de 21 ans à la propriété de suite après son BTS d’œnologie viticulture décroché à Montpellier.
« L’identité d’un homme est forgée par la réaction qu’il a dû improviser dans la maladresse des siens. Il n’y a pas de mauvais parents, simplement des leçons à tirer » . Raphael Enthoven.
Du rite initiatique, cette idée d’être coopté des siens et simultanément une transgression subodorée d’une excursion dans une autre matière celle du droit. Une verticale tout aussi dynastique celle des agrégés de droit ou famille de juristes exemple les Melleray famille de juristes (droit public) bordelais Guy, Christine, Fabrice, Marie …
J’intitule cela la verticale (telle une dégustation vineuse) dans laquelle vous avez transgressé, fait vos preuves, vous vous êtes réalisé, vous vous êtes inventé, vous vous êtes éprouvé en dehors de cet atavisme.
« S’inventer un prénom, est paraît-il une marotte dans nos existences mais moi je suis dans cette impossibilité car Paul Giraud ce n’est pas moi ».
Il y a donc matière chez le psychanalyste?
Qui êtes-vous donc Giraud, Paul ?
Vos mots sont exacts, je suis dans l’impossibilité de m’inventer un prénom ! Mon vœu était le suivant : me prouver que j’étais capable de construire ma vie indépendamment du fait d’appartenir à cette famille. Je n’avais pas l’envie ou le besoin psychologique pour « m’édifier » de renier ma famille, je suis heureux d’appartenir à cette famille qui est la mienne, j’avais sans doute ressenti le besoin de me prouver à moi-même que je ne me plaçais pas dans l’expectative d’une relation unilatérale familiale où cette verticale serait toute puissante dans ma vie.
Pourquoi moi ? Je ne sais pas. Paraît-il : lors d’attentats ceux et celles qui en échappent « se disent pourquoi moi ? » avec en filigrane un sentiment de culpabilité, c’est une question qui fonde, influence beaucoup la construction personnelle me semble-t-il .
Votre père ? Quel est son parcours de vie ? Gardien, garant de la transmission ?
Humanité, chaleur et humour sont les trois mots qui définissent mon père. GP6 effectue des études d’œnologie nonpas à Bordeaux mais à Montpellier. A l’époque sa formation BTS Viti-oenologie n’existait qu’au sein de cette ville ainsi qu’à Beaune.
Sa mère était pharmacien quant à GP5 il a suivi un courte scolarité à Angoulême. GP4 a vécu une extraordinaire, de la génération 14 -18, il rappelé en 14, comme conscrit, titulaire d’un baccalauréat philosophie, il exerce comme secrétaire pour le compte du chef des Corps (les bacheliers de l’époque n’étaient pas les bacheliers d’aujourd’hui) pendant ces quelques mois d’instruction puis envoyé au front en 14. Manque de chance est fait prisonnier en Allemagne l’été 14 à l’âge de 24 ans. Il y restera 4 années.
Durant ces années sombres, il perd ses 2 parents dont sa mère en 1916 (26 ans), personne n’est présent au domaine, des scellés y ont été apposés, il revient alors âgé de 28 ans. J’ai à ce propos, retrouvé l’été dernier son livret militaire.
GP3 me semble-t-il décède pendant la guerre ou était-il déjà mort lorsque GP4 part « guerroyer » je n’en ai pas la souvenance. Il faudrait que je creuse de ce côté-là, vous avez raison. Je n’ai pas d’idée à son sujet, à savoir si avant 14 ce dernier était étudiant encore ou bien avait-il déjà bâti les prémisses d’une vie professionnelle.
De retour à la propriété, au sortir de la guerre, personne ne l’attend. Fort heureusement son parrain producteur de cognac s‘était évertué à préserver le long de ces années le patrimoine des Paul Giraud. À ce sujet, nous avons conservé les scellés.
Comment transgresser cette transmission bourdieusienne ?
Nous nous retrouvons ici face à un conflit larvé intergénérationnel. PG4 était bachelier, vous allez rire, avait envisagé d’effectuer un cursus juridique, si la guerre n’avait pas eu lieu. Une frustration, fracture colossale qu’il nous a transmis. GP4 l’a vécue comme un fardeau, c’est intégré dans l’histoire familiale ce n’est pas un secret, il est de notoriété publique comme on le peut le souligner de manière familière.
Le mot est probablement lourd de sens mais la guerre a brisé ses projets de vie, il n’imagina pas perdre 4 années de sa jeunesse dans un camp de prisonniers en Allemagne. Et probablement qu’en 1920, les propriétaires pouvaient exercer une profession en parallèle, en s’appuyant sur un chef de culture au regard de la gestion quotidienne. Cela explose…
PG4 évolue dans un contexte historique reposant sur une économie de rentes, il assiste impuissant à l’effondrement de celle-ci au début des années 20. D’ailleurs, celui-ci ne comprenant pas les raisons pour lesquelles, il devait lui aussi y mettre les mains non pas dans le cambouis mais dans la vigne, sa vision du domaine familial se limitant à la gestion.
À la veille de la guerre en 39, âgé de 49 ans, il cerne enfin les enjeux économiques, le temps lui est compté, il décide donc de s’adjoindre les services d’une personne compétente techniquement. Il s’agira de son fils GP5, il lui enjoindra à ce titre d’effectuer un court cursus agricole au sein d’un établissement situé à Angoulême. Il transmet les rênes de la propriété non sans un certain soulagement à GP5 âgé de 18 ans.
Il ne choisit pas sa carrière comme vous l’avez bien saisi, dès que son fils est en mesure physique de reprendre le domaine, il lui enjoint de mettre un terme à sa scolarité (déjà courte) devant les portes du lycéé: « Allez maintenant, c’est à toi allez hop » GP5 n’a pas pu se réaliser scolairement en totalité ».
Réclame publicitaire souvent prise de tête
« J’étais un pied de vigne – Nous étions tous trois voisins d’espalier. Par un beau matin ensoleillé, ma fleur s’est métamorphosée en un beau grain de raisin. Un seul, oui ! Vermeille était sa couleur, ronde sa forme, juteuse sa substance ! Ah l’imagination de la matière ! Il a sorti son sécateur et clac ! (Dans le vif du sujet). On a beau être de bois, j’en ai eu le souffle coupé. Et c’est ainsi que je suis devenu vin »
Raymond Devos, « Matière à rire » (1991)
Les espoirs de PG4, s’imaginait-il plénipotentiaire un jour façon Bond, James Bond ?
En effectuant des recherches sur la banque de données de la BNF, je découvre la thèse de droit d’Antoine-Paul, Giraud avocat soutenue le Mardi 26, mars 1850 à 15h…
Une dynastie libérale profondément progressiste
Mon grand-père venant de décéder, j’entends ma grand-mère paternelle Josette faisant front. Issue d’une famille de petits commerçants du Gard, dont le père est contre-maître, elle grandit dans la ville de Meudon, bachelière, qui au moment de la guerre perd quelques années. Lors de la Libération, le gouvernement lui octroie la possibilité de condenser ses deux dernières années en une seule, lorsque qu’à l’époque les femmes n’étaient guère encouragées dans leurs desseins professionnels.
Tu m’étonnes Polo l’épagneul charentais, l’endogamie a plusieurs vies devant elle…
Une dynastie profondément libérale féministe : l’impensable !
Dans une parution de 1943 de The American Scholar, Marston le créateur du personnage Wonder Woman explique sa démarche : « Même les filles ne voudront pas être des filles tant que nos archétypes féminins manqueront de force, de vigueur et de puissance. Comme elles ne veulent pas être des filles, elles ne veulent pas être tendres, soumises, pacifiques comme le sont les femmes bonnes. Les grandes qualités des femmes ont été méprisées à cause de leur faiblesse. Le remède logique est de créer un personnage féminin avec toute la force de Superman plus l’allure d’une femme bonne et belle. »
Ce qui l’enchanta au plus haut point, ne vibrant que pour cela avec pour seul but : devenir pharmacien ». Ses parents n’avaient pourtant pas pour objectif de subventionner un parcours scolaire long, dispendieux ; ma grand-mère Josette force chez moi l’admiration, elle devient pharmacien puis interne des hôpitaux de Paris à la Salpêtrière.
Depuis que je mène cette extrospection auprès des alcooliers, je découvre petit à petit les liens familiaux unissant pharmacopée et distillation… « Sœurs de lait ». Comme je le mentionne dans les premières pages, je cartographie « le bon goût à la française » et cela passe irrémédiablement par l’histoire de France et celle la distillation…vous trouverez en cliquant sur ces liens des article détaillés sur les origines arabes de l’alambic et autres informations sur les dynasties françaises d’apothicaires .
Estrée (Paul d’), « Apothicaires de princes et de rois : deux dynasties. Première dynastie (1604-1703) », Bulletin de la Société d’histoire de la pharmacie, vol. 5, n°17, 1917, p. 286-292.
Revue d’histoire de la pharmacie janvier 2001
« La dynastie des Boulduc, apothicaires à Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles »
La famille Boulduc est une dynastie composée de quatre générations d’apothicaires: Pierre, Simon, Gilles-Francois et Jean-Francois. Deux furent membres de l’Académie royale des sciences mais tous exercèrent d’importantes fonctions comme apothicaires parisiens ou bien dans le corps des apothicaires royaux.
Elle se lie d’amitié avec un de ses camarades venant d’achever son internat en gynécologie, tout juste uni à une jeune femme du village en question. Ils se rendent à Bouteville le temps d’un été, c’est ainsi qu’elle rencontre GP5.
Blanche la discrète, la douceur incarnée, pleine de grâce, elle a quelque chose de précieux, d’évanescent, des traits fins. Josette est la gironde.
Yourcenar dans le physique? De Beauvoir dans l’émancipation, pugnacité?
Oui, c’est tout à fait cela. Mes deux Grands-Mères étaient à l’opposé l’une de l’autre. Enfin, les Giraud étant majoritairement protestants, questionnez les généalogistes « du cru », il y a beaucoup moins de cousinages car moins de naissances cela explique mon statut d’enfant unique.
À qui le dis-tu Paul le beau gosse, on ne verrait pas ça dans le bordelais ni chez le bourguignon ! C’est seulement à cette génération que les viticulteurs s’unissent par amour ce qui était loin d’être le cas il y a 15 ans en Bourgogne, Champagne). Blanche Giraud ? Au casting ? Chloé Lambert.
(Chanceux depuis 7 générations les Giraud ont des fils…À quand Paule Giraud ?!)]
Pendant que les femmes Giraud s’empressaient d’étudier, Niki de Saint Phalle faisait sa révolution Neuilléenne ! « J’exprime exactement les problèmes de la femme aujourd’hui […] Un mec pourrait jamais faire ça ». Dans son atelier, l’artiste Niki de Saint Phalle évoque son processus créatif et sa façon bien à elle d’exprimer une « poésie féminine ».
Source Ina:
Dans la famille, nous sommes « croisés » protestants/catholiques, j’ai donc choisi le catholicisme, un socle spirituel dont je me sens proche humainement. À ce titre, un manuel scolaire intitulé : « La paix de Saint Germain » de Francis Walder relate les négociations entre le partie Catholique et Protestant sous Henri II et les Médicis qui sont à la manœuvre, les négociations sont âpres : «Vous aurez Montauban, je vous concède Cahors… Vous hériterez de Saintes… J’aurais Rochefort, en échange de Cognac… » Le nombre de places fortes autour d’Angoulême est impressionnant dans ce livre, ainsi que le tableau intitulé : Le Siège de la Rochelle « la Paix de Saint Germain » Henri-Paul Motte 1881.
La Charente a été un lieu d’âpres combats pendant les guerres de religion. Le protestantisme est fortement ancré dans la région, en effet dans le bois qui sépare mon village, de celui d’à côté, se trouve une stèle protestante située dans un réduit désertique, enfin nommé « le désert ». Dans l’histoire protestante, un désert est un lieu dans lequel les protestants après la révocation de l’Edit de Nantes et avant 1789 ainsi que le rétablissement de la liberté de culte, célébraient secrètement le culte en pleine forêt afin d’éviter les persécutions. Avec les Cévennes et l’Alsace, ce sont des régions fortement marquées par le protestantisme.
La Charente est une forte terre aux racines protestantes à tel point que les mariages mixtes ont été compliqués jusqu’au début XXe siècle ».
Endogamie non pas chez vous, décidément dans votre famille vous ne rentrez pas dans les clous.
« Oui, GP4 épouse une catholique qui vivra sa vie religieuse entre les 2: un dimanche à l’Église, un dimanche au Temple, quant à Josette issue d’une famille catholique mais pratiquant peu. Enfin, mon père épouse une catholique.
Me concernant, à l’âge de 9 ans je fais le choix de me tourner vers le catholicisme (mes parents n’ayant pas fait ce choix à ma naissance). A ce sujet nous nous sommes efforcés longtemps avant de lui annoncer la nouvelle, je peux vous assurer qu’un PG catholique…J’ai la remembrance que mon choix avait profondément chagriné GP5, puisqu’ils ne vivaient pas leur protestantisme, pour un enfant un choix limité s’offrait donc à moi : l’athéisme ou le catholicisme, je n’avais donc pas d’option. Par ailleurs mon catholicisme est une identité forte.
Qui prétend que les agrégés de droit étaient des coincés finis voir trop policés ? Preuve que nenni ! Paul le beau gosse n’était-il pas rebelle à sa manière ? Non pas comme les Carabins de PCM finissant torses nus en soirées arrosées c’est certain, mais rebelle oui.
L’histoire nous rappelle au bon souvenir de Jean-Gabriel Monnet dont la destinée est sans rappelée celle de PG4… Né en 1856 à Petit-Boussac Jean-Gabriel Monnet, fils d’un cultivateur de Cherves, épouse Maria Demelle, fille d’un ancien tonnelier devenu maître de chai chez Hennessy. Désireux de voyager, il apprend rapidement l’allemand. Jean-Gabriel Monnet débute sa carrière au sein de la compagnie Camille Godard (Maison de négoce bordelaise) au poste de commis d’écriture. Puis en 1881 JBM, arrive chez Pélisson Cognac, c’est le début des voyages en Europe du Nord/ Est (germaniques et scandinaves) comme commercial.
Par la suite, il devient gérant de sa propre maison (Société des propriétaires vinicoles de Cognac), les années suivantes lui confèrent un succès certain, une assise sociale et financière. Au contact des viticulteurs indigents, il développe sa fibre humaniste nourrit par sa foi catholique. Autant de valeurs qui façonneront son fils.
« Jean Monnet a pris le meilleur de sa famille et s’est enrichi du reste du monde, Sa conscience de la valeur de la paix vient certainement de très loin ; elle est héritée de ses parents, dont la descendance a eu un destin absolument exceptionnel ». Michel Adam
Les cocos c’est de votre faute ! Si Samy de la série Parlement est obligé de se grimer en requin pour s’attirer les bonnes grâces de la commisssaire! Mais sans vous effectivement l’Europe n’existerait pas en particulier avec Jean… et puis je me fendrai pas la poire devant la série… Sans la team française Jean et Jacques.
Réclame publicitaire longue et prise de tête.
Nous achevons cette première partie par ces considérations:
« S’inventer un prénom, est paraît-il une marotte dans nos existences mais moi je suis dans cette impossibilité car Paul Giraud ce n’est pas moi ». PG7
Ah, il y a matière chez le psychanalyste qui êtes-vous donc Giraud, Paul ?

Cette mise en abime, interpelle Jean-Jacques Rousseau et Madame Basile (Les Confessions), Jean Starobinsky spécialiste de l’auteur en question, professe au Collège de France (1988-1989), une série de huit leçons inaugurales, revisitant la fresque historique de la mélancolie et poétique.

Au demeurant, je ne possède pas de miroir, pour autant, le miroir est le reflet de son « soi » disant « moi », un tête-à-tête torturant où le cœur se disloque, pour se constituer autrement : un autre. Le sujet lui-même qui « devient » pour lui-même au travers d’un étrange vide.

Spiegel im Spiegel, Miroir / Dans le miroir d’Arvo Pärt.
« La Reproduction interdite » est un tableau de René Magritte réalisé en 1937.
Il y a quelque chose de dérangeant dans cette toile : l’homme et le livre sont traités différemment, c’est le clash, l’impossible réflexion de l’individu. En effet, l’interdit réside dans ce portrait ne présentant qu’un dos. Cela demeure à mon sens une infraction aux règles du genre (l’identité du sujet, ici M. Edward James) le sujet se trouve nié notamment par l’absence de visage, ce qui va à l’encontre des fonctions du portrait. Il s’agit dans ce cas de figure (le bon mot au bon moment) d’une dissolution même de la personne dans son intégrité (physique, âme, statut social).
En évoquant l’invisibilité, le déni de l’autre, la non-existence pour être plus concise…
Prokofiev compose en 1933 une partition au profit du film Lieutenant Kijé (basé sur la nouvelle de Iouri Tynianov 1927), une de ses œuvres les plus marquantes, abouties, aux tonalités mélancoliques, nostalgiques particulièrement lorsque cette dernière est interprétée par Frederic Chiu.
Ce lieutenant ? Une personnification de la folie bureaucratique. Levez-vous Michel Crozier ! Votre œuvre est évoquée dans un blog de critique spiritueux ! Un être imaginaire autant qu’un malade imaginaire ! Qui n’existe pas ou si peu car son patronyme n’est référencé dans aucun registre administratif de manière officielle, comme décédé, ce qui n’est pas le cas puisqu’il n’existe pas… Ubuesque, absurde… Kafkaïen.
Non, Paul le beau gosse, tu ne me croiras pas. Le tsar Paul Ier (encore un Paul, décidément !) crut lire le nom d’un officier mentionné sur un « papelard » et l’oublia.
Peu de temps après, le monarque surpris par ce patronyme « Kijé » questionne le parcours de ce dernier, son aide de camp lui répondit : « Sire, c’est un Ki quelconque », un nom se terminant en rime « ki » comme tant de noms russes…
Effarement complet, vous en doutez tous, personne n’ose démentir, affronter Paul Ier en quiproquos. Sa cour, l’armée prise au piège crée une fiction nourrie d’aventures. Naissance de Kijé, célébration de Kijé en fanfare, tambours au son d’un défilé militaire façon 14 juillet jusqu’à sa mort qui est un retour à la case départ : une montagne de formulaires administratifs dont il était issu (non pas de la cuisse de Jupiter, mais de l’administration).
Tout comme l’existence de M. Edward James, celle du lieutenant Kijé n’est qu’apparat, la forme en l’espèce… Contenant, signifiant, signifié, invisible voire inexistant.
Se dessine dans ma psyché, les traits du fictif Colonel Chabert compagnon d’infortune et d’armes de Napoléon, laissé pour mort en février 1907 sur le champ de bataille d’Eylau. Ce dernier est violenté à la tête par ambages : sabre, immobilisé sous son cheval, il fut déclaré mort, enterré vivant sous les décombres, entouré de macchabées. Lentement mais sûrement, sa traversée du désert, son purgatoire se soldera après dix années.
Une fois sur pied, après moult atermoiements, pérégrinations, il décide de retourner à Paris afin d’y récupérer son nom, sa propriété ainsi que son épouse et laver publiquement son honneur. Chabert ne se nommant pas Ulysse, et c’est avec stupeur, effroi qu’il apprendra : l’existence d’une dénommée comtesse Ferraud ayant fait son lit sur le compte de Chabert…
Scandé usurpateur…Dépossédé de toute identité, attaches, devenu invisible souvenir, fantôme des vestiges d’un glorieux passé, il n’est même plus l’ombre de lui-même, il n’est plus rien : néant… Il mourra seul dans l’anonymat d’un hospice le plus complet avec pour seul matricule le n°164.
N’entendez-vous pas ce fond de musique ? Celle de « Ma Patrie la Moldavie » (2ème partie) de Smetana dirigée par Karajan interprétée par l’orchestre philarmonique de Vienne en 1985.
L’absence d’un prénom personnalisé, est une béance couronnée du mythe de Sisyphe intergénérationnel… Je vous laisse déjà deviner…
L’écrivain et philosophe Albert Camus s’était en effet appuyé sur ce mythe pour développer sa philosophie de l’absurde, en 1942 :
« Si la descente se fait certains jours dans la douleur, elle peut se faire aussi dans la joie. Quand les images de la terre tiennent trop fort au souvenir, quand l’appel du bonheur se fait trop pressant, il arrive que la tristesse se lève au cœur de l’homme : c’est la victoire du rocher. L’immense détresse est trop lourde à porter. Mais les vérités écrasantes périssent d’être reconnues. (…) Toute la joie silencieuse de Sisyphe est là. Son destin lui appartient. Son rocher est sa chose. (…) Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »
Camus, tout comme ton fichu protagoniste Meursault, résigné, abandonnant sa liberté, son intégrité, son innocence au profit d’un système que l’on nomme justice voire injustice dans ton roman ? Pffff… Ton livre m’a profondément « fait c… » à subir sa vie ce n’est pas de l’absurdité mais juste de la soumission, est-ce liée à l’absurdité ? Tout comme les : Bovary, Rênal et de La Mole que j’aurais fini par secouer tels des sacs à puces.
En 2015, Marilyn Maeso, Normalienne agrégée de philosophie et spécialiste de l’œuvre camusienne, analyse ainsi ce pari paradoxal de Camus qui consiste à renoncer à l’espoir sans toutefois désespérer:
« Le moment de l’absurde pour Camus, c’est précisément celui où Sisyphe a poussé son rocher, il est en haut de la montagne, et il voit le rocher retomber. Pour lui, c’est le moment de la prise de conscience, renouvelée entre les hommes, de l’absurdité et de l’éphémérité de leur condition. Et justement, imaginer Sisyphe heureux c’est imaginer l’homme capable, à chaque fois qu’il reprend conscience de cette mortalité, de cette finitude, de l’accepter, de s’en contenter, de dire “Ceci est”. »
Tout comme le retour du Colonel Chabert…
Un extrait d’une répétition de « Il Ritorno d’Ulisse in Patria », « Retour d’Ulysse » en langue française est un opéra créé en 1640 à Milan par le librettiste Giovanni Badoaro, composé par Monteverdi inspiré de l’Odyssée d’Homère.
TCE en 2017
Fin de la partie I
AP
# PAUL GIRAUD COGNAC


































